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lundi 19 février 2018

Les conséquences d’un “effondrement transatlantique”


« Il s’agit d’espérer un “effondrement transatlantique” avec la conjugaison et l’alimentation réciproque des différentes crises antagonistes, aussi bien à Washington qu’à Berlin, qu’à Bruxelles, qu’à Paris d’une certaine façon. Ce que laissent espérer le système Gabriel… c’est que l’Allemagne elle-même soit touchée par la folie du Système, un peu comme la folie a frappé Washington D.C » écrit Philippe Grasset dans un billet du 18 février 2018 «Schulz, la torpille qui fait “flop” ».
 
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Note – L’espoir en un “effondrement transatlantique” que formule P Grasset dans ce billet ne risque pas d’être déçu. Cet effondrement transatlantique, autrement dit la rupture entre les USA et l’Europe, fait partie intégrante de la géopolitique voulue par les révisionnistes et défendue par Kraken Trump au nom de MAGA.

P Grasset, que je cite ci-dessous, décrit en fait avec précision en quoi consiste la nature « Kraken » de Trump :

« S’il y a une chose que Trump a réussi à imposer, d’ailleurs sans nécessairement le vouloir et cela quelle que soit sa position réelle dans le pouvoir de l’américanisme, c’est sa méthode de businessman sans le moindre frein dans la violence de son action. Tout ce que la doctrine America First à la sauce postmoderne, – c’est-à-dire “America First et partout”, sans le moindre souci de légalité, – recèle de violence, d’égoïsme nationaliste, de mépris des règles et des lois internationales, d’arbitraire sans le moindre frein, est exercé à l’encontre des adversaires bien entendu, mais encore plus à l’encontre des “alliés” que l’on voit plus comme des concurrents dont il faut extraire tout le jus possible, plus que comme des vassaux qu’ils s’étaient accoutumés à être… »

Trump considère que les USA n’ont plus les moyens de maintenir leur hégémonie mondiale et risquent de disparaître avec le monde post WWII dont ils étaient les maîtres. Trump incarne donc une géopolitique qui consiste à semer le chaos tous azimuts, permanent et planétaire afin de permettre à l’Amérique de maintenir son rôle central dans le monde multipolaire en train de s’imposer.

Maintenir ce rôle central non plus en tant que gendarme du monde mais en tant que terroriste mondial Number One. 
Il est évident qu’en Europe, c’est l’Allemagne qui a le plus à perdre et c’est elle qui va prendre l’Europe en main, sous sa coupe, pour en faire une sorte d’Etat terroriste capable d’affronter l’Etat terroriste US.

Cette éventualité d’une domination sans partage de Berlin sur l’Europe en réaction à la politique de Kraken Trump ne peut plaire à Londres dont le premier débouché commercial est l’Europe. C’est pourquoi, il n’est pas forcément stupide d’envisager que la capitale britannique oblige Paris à faire la guerre à Berlin.

Plus que des conditions de réarmement en matériel militaire conventionnel – avions, chars, porte-avions, bombes nucléaires, etc. -, le rapport de force doit se mesurer en terme de capacité terroriste puisque c’est là que se situe les forces aujourd’hui (3).

Il est clair que Merkel a été beaucoup plus prévoyante que Hollande et que grâce à sa politique d’accueil sans limite des immigrés, elle dispose aujourd’hui d’un potentiel de divisions terroristes largement supérieur à celui de la France macroniste…

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>> Lire aussi : 

(1) Conférence sur la sécurité de Munich (MSC) : comment les Européens peuvent se réarmer en vue de futures guerres… entre eux ? (17/02/2018)

(2) Londres peut-il obliger Paris à faire la guerre contre Berlin et quand ? (17/02/2018)

(3) Daesh (Les Frères musulmans) : il est très difficile pour les Occidentaux d’abandonner un instrument si utile à leur stratégie (13/02/2018)

>> Mon fil info « MACRON » sur twitter

Bonnes lectures

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Schulz, la torpille qui fait “flop”

Par Philippe Grasset, le 18 février 2018

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-lenigme-sigmar-gabriel

A la lumière de ce qui a été rappelé et dit de Sigmar Gabriel, il est complètement logique de donner une signification politique fondamentale à l’affrontement Gabriel-Schulz, et non pas s’en tenir à une simple “querelle de personnes”. Il faut noter que dans le texte du 12 février qui est cité plus haut, WSWS.org parle bien d’un débat politique fondamental derrière cet affrontement mais s’abstient de donner suffisamment de précisions à cet égard, notamment sur les conséquences de l’option novatrice (post-atlantiste), – ce qui est assez étrange. En effet, ce n’est certainement pas la question du renforcement militaire qui opposait dans leurs conceptions Schulz et Gabriel.

Notre hypothèse est que Schulz, connu pour ses opinions intégratrices européennes et proaméricanistes par réflexe, constituait une “torpille” lancée par une coalition d’intérêts réunissant Merkel, l’UE et les USA, pour empêcher Gabriel de rester aux affaires étrangères. (Ce serait alors un signe que les discours de décembre de Gabriel ont été pris très au sérieux.) Schulz et Merkel travaillant de concert pour la formation du nouveau gouvernement, une sorte de ce qu’on nommerait “complot” a pu être aisément tramé pour tenter ce qui ne peut être décrit que comme un “coup de force”, pour priver Gabriel de son poste et y placer Schulz, “homme sûr” par excellence parce que mercenaire de toutes les causes-Système et américanistes, brutal, sans scrupule et arriviste. (Schulz avec comme objectif de devenir chancelier à la place de Merkel, et peut-être un accord secret dans ce sens pouvait être envisagé entre les deux, pour un passage de flambeau en cours de législature.)

Schulz a préjugé de son influence sur le SPD, qu’il jugeait acquise après les 100% de soutien qu’il avait obtenus pour succéder à la tête de ce parti à Gabriel, passant aux affaires étrangères. Ce n’est pas étonnant de la part de Schulz, personnage arrogant qui présume trop souvent de ses forces et de son influence. Au contraire, Schulz désavoué pour le SPD d’une façon dramatique, la position de Gabriel et donc les conceptions de Gabriel sont bruyamment réaffirmées.

Il nous paraît très probable que Gabriel entendrait profiter de l’affaiblissement dramatique de Merkel, accéléré par le “coup de force” Schulz-Merkel, pour développer sa propre politique post-atlantiste s’il conserve son poste des affaires étrangères comme cela paraît effectivement très-probable. Il a pris des risques en affirmant sa position si tranchée en décembre, alors que le gouvernement était “en affaires courantes” et qu’un accord était négocié entre Merkel et Schulz ; il a confirmé que cette prise de risque n’était pas gratuite en se battant à mort pour écarter Schulz ; qu’elle payait finalement puisqu’il a obtenu la tête de Schulz.

Tout cela nous signifie que Gabriel considère son projet de nouvelle politique étrangère comme essentiel, et nous conduit sérieusement à l’hypothèse qu’il tenterait vraiment de le développer, et de l’imposer à Merkel qui n’est certainement pas une partisane acharnée d’une telle politique rupturielle.

L’espoir d’attiser la fureur de “D.C.-la-folle”

Bien entendu, on peut aisément avancer des arguments contradictoires pour juger que ces projets de Sigmar Gabriel ne sont qu’un peu de fumée que le vent transatlantique emportera en quelques mois.

• Ce n’est pas la première fois que des projets rupturiels de cette sorte sont avancés. En général, il s’agit de pure rhétorique, ou bien, lorsque le projet est sérieux, d’une tentative qui ne peut devenir opérationnelle à cause de l’opposition passive mais extrêmement puissante d’une bureaucratie habituée aux automatismes transatlantiques, et particulièrement attentive à l’influence de l’OTAN de ce fait, et qui est évidemment la porteuse d’eau de la bonne parole qu’on imagine.

• Même si Gabriel parvenait à affronter avec un certain succès ces obstacles jusqu’à envisager de les franchir, il se retrouverait confronté à des liens de dépendance de la sécurité nationale vis-à-vis des USA, qui empêcheront sa tentative d’émancipation rupturielle d’aboutir.

Contre ces arguments sérieux, il y a la seule considération que nous sommes dans une étape exceptionnelle d’une époque exceptionnelle. Après tout, en 2002-2005 le gouvernement Schroeder s’opposa frontalement aux USA, aux côtés de la France, à propos de l’invasion de l’Irak, de sa préparation, de ses conséquences, etc., – autre “étape exceptionnelle“ “d’une époque exceptionnelle”. Pour autant, ce n’est pas précisément ce qui nous intéresse (s’il poursuit son parcours de ministre des affaires étrangères, Gabriel réussira-t-il à faire avancer sa politique rupturielle ?). Ce qui nous intéresse, c’est que cet épisode de l’affrontement Gabriel-Schulz, en même temps que les conditions de crise profonde qui affectent l’Allemagne, exacerbe la situation générale déjà en constante tension crisique, alors que les Européens ne cessent de constater la violence des pressions et des contraintes US vis-à-vis de leurs alliés.

(S’il y a une chose que Trump a réussi à imposer, d’ailleurs sans nécessairement le vouloir et cela quelle que soit sa position réelle dans le pouvoir de l’américanisme, c’est sa méthode de businessman sans le moindre frein dans la violence de son action. Tout ce que la doctrine America First à la sauce postmoderne, – c’est-à-dire “America First et partout”, sans le moindre souci de légalité, – recèle de violence, d’égoïsme nationaliste, de mépris des règles et des lois internationales, d’arbitraire sans le moindre frein, est exercé à l’encontre des adversaires bien entendu, mais encore plus à l’encontre des “alliés” que l’on voit plus comme des concurrents dont il faut extraire tout le jus possible, plus que comme des vassaux qu’ils s’étaient accoutumés à être avec le délice certain de notre « barbarie intérieure » que décrit Jean-François Mattéi.)

La “rupture” se nomme “effondrement”

Les idées de Gabriel, simplement exposées (et ayant reçu un certain accueil favorable), et sans le moindre doute perçues comme étant dans la voie d’être opérationnalisées s’il poursuit aux affaires étrangères, devraient agir avec une violence extraordinaire dans le sens d’un durcissement des USA vis-à-vis de l’Europe. Nous n’attendons ni n’attendrions certainement pas qu’elles se concrétisent dans les sens ambitieux bien que parfois contradictoires que tant de discours fleuris et d’analyses préoccupées nous décrivent : soit un regain européen, avec le développement d’une sorte de “défense européenne autonome” (!!), soit une renaissance d’une “puissance” allemande ressuscitée dans le champ politico-militaire, en une sorte de “IVème Reich” de carnaval (le “Reich-bouffe”, comme nous le baptiserions volontiers). Ces conceptions sont des simulacres que les experts et les dirigeants politiques câlinent pour se donner l’impression qu’ils comprennent encore quelque chose encore.


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Il s’agit d’espérer un “effondrement transatlantique” avec la conjugaison et l’alimentation réciproque des différentes crises antagonistes, aussi bien à Washington qu’à Berlin, qu’à Bruxelles, qu’à Paris d’une certaine façon. Ce que laissent espérer le système Gabriel comme les affrontements pour la formation d’un gouvernement, notamment entre deux larrons (CDU/CSU et SDP) qui ne s’entendent plus comme si la foire était finie, c’est que l’Allemagne elle-même soit touchée par la folie du Système, un peu comme la folie a frappé Washington D.C
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Ce que nous attendrions avec intérêt du déploiement des idées post-atlantiques en Allemagne, c’est un accroissement furieux de la tension transatlantique, de la pression US atteignant la tension paranoïaque équivalente à celle de sa folie antirussiste. Il ne s’agit pas d’une “rupture” transatlantique, chacun acceptant la séparation au nom des différences de conceptions, parce que ce serait montrer encore un peu de cette rationalité dont nous sommes totalement privés avec une raison totalement subvertie par les simulacres que le Système nous conduit à monter. Il s’agit d’espérer un “effondrement transatlantique” avec la conjugaison et l’alimentation réciproque des différentes crises antagonistes, aussi bien à Washington qu’à Berlin, qu’à Bruxelles, qu’à Paris d’une certaine façon. Ce que laissent espérer le système Gabriel comme les affrontements pour la formation d’un gouvernement, notamment entre deux larrons (CDU/CSU et SDP) qui ne s’entendent plus comme si la foire était finie, c’est que l’Allemagne elle-même soit touchée par la folie du Système, un peu comme la folie a frappé Washington D.C., entretemps devenue “D.C.-la-folle”.

... Tant cette “folie”-là, par sa capacité d’autodestruction, est le seul moyen d’atteindre à une position de rupture d’une situation totalement paralysée et anesthésié par l’emprise du Système. (Il suffisait de suivre les débats de l’ex-Wehrkunde, avant-hier et hier à Munich pour comprendre ce que sont la paralysie et l’anesthésie du bloc-BAO. L’article Wikipédia qui lui est consacré, extraordinairement mince, semble s’arrêter à 2007, avec le discours de Poutine, comme si rien d’important ne s’y était déroulé depuis, – ce qui est le cas...)
La “rupture”, aujourd’hui, se nomme “effondrement”.

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