mardi 17 octobre 2017

Placement en détention préventive de Jordi Sánchez et Jordi Cuixart «Une provocation» pour le gouvernement catalan



Jordi Sánchez et Jordi Cuixart
« Le quotidien El Mundo avançait ce dimanche que Madrid prévoyait de remplacer l'exécutif catalan, soit par un gouvernement de concentration qui pourrait inclure des nationalistes catalans modérés, soit par une équipe de technocrates. Beaucoup craignent qu'une telle mesure n'entraîne des troubles en Catalogne, d'autant que le conflit déborde sur le front judiciaire. Lundi soir, une juge de l'Audience nationale espagnole a ordonné le placement en détention préventive des chefs des deux plus importantes associations indépendantistes catalanes, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, inculpés de sédition. «Une provocation» pour le gouvernement catalan. Les deux hommes comparaissaient lundi pour la deuxième fois devant ce tribunal pour avoir convoqué et encouragé des centaines de manifestants, le 20 septembre, qui ont empêché durant des heures la sortie d'agents de la police nationale qui perquisitionnaient des bureaux du gouvernement catalan à Barcelone. Plus tôt, lundi, le parquet avait requis le placement en détention provisoire du chef de la police de Catalogne, Josep-Lluis Trapero, également poursuivi pour sédition. Le policier a toutefois été laissé libre sous contrôle judiciaire, mais il lui est interdit de quitter le pays et il doit se présenter tous les quinze jours devant un tribunal » écrit Mathieu de Taillac dans un billet du 16 octobre 2017 à lire ci-dessous.

>> Lire aussi :
Les chefs des deux plus importantes associations indépendantistes sont inculpés de sédition et placés en détention préventive
Trapero finalement laissé libre sous contrôle judiciaire
Jouer le pourrissement de la situation en Catalogne
 
Bonnes lectures

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La Catalogne diffère sa réponse à Madrid

Par Mathieu de Taillac, le 16 octobre 2017
http://www.lefigaro.fr/international/2017/10/16/01003-20171016ARTFIG00274-la-catalogne-differe-sareponse-a-madrid.php

D'ici jeudi, la région doit décider de déclarer ou refuser l'indépendance. Lundi, deux dirigeants indépendantistes ont été placés en détention pour sédition. «Une provocation» pour le gouvernement catalan.

Le gouvernement espagnol exigeait un «oui» ou un «non». Le président catalan, l'indépendantiste Carles Puigdemont, a-t-il déclaré l'indépendance en prononçant son discours alambiqué le 10 octobre devant le Parlement régional? Puigdemont a envoyé son courrier quelques minutes avant l'heure limite indiquée dans la mise en demeure de Madrid, et a soigneusement évité de répondre à la question. Le président catalan n'a pas dit si, quand il disait «assumer le mandat du peuple catalan de faire de la Catalogne un État indépendant sous forme de République», selon son interprétation du controversé référendum d'autodétermination du 1er octobre, il entendait déclarer l'indépendance.

Un positionnement clair aurait placé Puigdemont en porte à faux avec la moitié de son camp, divisé entre jusqu'au-boutistes et modérés. Au lieu de cela, il a lancé un énième appel au dialogue et à la fin de ce qu'il appelle «la répression contre le peuple et le gouvernement de la Catalogne». Détail révélateur, le gouvernement catalan a traduit ce courrier en anglais, en français et en italien, fidèle à son ambition, jusqu'ici frustrée, de chercher à l'étranger les soutiens qui lui manquent en Espagne.

Habitué depuis cinq ans aux techniques discursives de l'indépendantisme, le gouvernement espagnol avait anticipé la possibilité d'une réponse élusive. La mise en demeure prévoyait qu'un message ambigu serait assimilé à «une confirmation» de la déclaration d'indépendance. Et, en cas de réponse affirmative ou sibylline, une deuxième date butoir était prévue. Le président catalan est sommé dans ce cas de révoquer la déclaration d'indépendance et d'en informer Madrid, avant jeudi, le 19 octobre, à 10 heures.

«Oui» ou «non»

Les autorités espagnoles ont donc rappelé la suite de la procédure prévue dans la première missive. La vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, a organisé une conférence de presse dès lundi matin. «Je crois que ce n'était pas compliqué, il devait répondre “oui” ou “non” a-t-elle déclaré. L'échéance est maintenant fixée à jeudi matin à 10 heures».

Au même moment, Mariano Rajoy envoyait une nouvelle lettre à Puigdemont. Rajoy réitère qu'un dialogue peut avoir lieu, mais uniquement au sein du Parlement espagnol. Une commission parlementaire a été proposée par le Parti socialiste en vue de «moderniser» le modèle territorial espagnol et réformer la Constitution. Elle bénéficie du soutien du Parti populaire (PP, droite) de Rajoy, mais ce dernier a exclu à de maintes reprises les deux principales revendications des sécessionnistes: la possibilité d'un référendum d'autodétermination en bonne et due forme, et toute atteinte à l'unité du pays.
Rajoy conclut son courrier par un avertissement: «Vous avez la possibilité d'ouvrir une nouvelle période de normalité et de loyauté institutionnelle», écrit-il. «Dans le cas contraire, vous serez le seul responsable de l'application de la Constitution».

» Lire aussi -Catalogne: Carles Puigdemont, l'indépendantiste obstiné
L'article 155 de la Constitution, mentionné une nouvelle fois dans la lettre, prévoit qu'en cas de rébellion d'une région espagnole, «si la mise en demeure n'aboutit pas, le gouvernement pourra, avec l'approbation de la majorité absolue du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ses obligations» et «donner des instructions à toutes les autorités» de la région. Jamais mis en œuvre, l'article 155 fait l'objet d'un débat entre spécialistes sur sa portée et ses modalités d'application. Dans son courrier, Rajoy dément qu'il s'agisse de «suspendre l'autonomie» et affirme qu'il doit permettre de «rétablir la légalité».

Deux dirigeants indépendantistes placés en détention

Le quotidien El Mundo avançait ce dimanche que Madrid prévoyait de remplacer l'exécutif catalan, soit par un gouvernement de concentration qui pourrait inclure des nationalistes catalans modérés, soit par une équipe de technocrates. Beaucoup craignent qu'une telle mesure n'entraîne des troubles en Catalogne, d'autant que le conflit déborde sur le front judiciaire. Lundi soir, une juge de l'Audience nationale espagnole a ordonné le placement en détention préventive des chefs des deux plus importantes associations indépendantistes catalanes, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, inculpés de sédition. «Une provocation» pour le gouvernement catalan. Les deux hommes comparaissaient lundi pour la deuxième fois devant ce tribunal pour avoir convoqué et encouragé des centaines de manifestants, le 20 septembre, qui ont empêché durant des heures la sortie d'agents de la police nationale qui perquisitionnaient des bureaux du gouvernement catalan à Barcelone. Plus tôt, lundi, le parquet avait requis le placement en détention provisoire du chef de la police de Catalogne, Josep-Lluis Trapero, également poursuivi pour sédition. Le policier a toutefois été laissé libre sous contrôle judiciaire, mais il lui est interdit de quitter le pays et il doit se présenter tous les quinze jours devant un tribunal.

Ce bien que nous présentent les forces du mal…

« … l’art des moyens de communication sait convertir en bien les actions les plus criminelles et en mal les actions les plus héroïques...