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mardi 1 août 2017

La politique américaine a bu bien trop des mensonges qu’elle se chantonne



« La politique américaine ne prospère pas ( ). Elle erre ici et là, tourne à gauche et à droite telle un ivrogne sur l’autoroute. Elle a bu bien trop des mensonges qu’elle se chantonne pour éviter d’avoir à faire face à ses véritables besoins. ( ) Comme je l’ai déjà dit, la réalité elle-même devra forcer le processus en apportant des circonstances si désastreuses qu’il ne nous sera plus possible de nous raconter les mêmes vieilles histoires. Et le jour fatidique n’est plus très loin » écrit James Howard Kunstler dans un article du 1er août 2017 à lire ci-dessous.
 
Bonne lecture

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Les contes ne sont pas la réalité

Par James Howard Kunstler, le 1er août 2017


La politique est bien entendu un organisme social, ce qui signifie qu’elle représente plus que la somme de ses différentes composantes. Elle est un corps politique, si vous préférez, de la même manière que chacun d’entre nous représente plus que son simple corps. La politique est vivante tout autant que nous le sommes. Nous avons des besoins que nous avons l’intention de satisfaire. Cette intention nous anime et nous force dans une direction ou dans une autre afin de rester en vie, ou mieux encore, de prospérer.

La politique américaine ne prospère pas. Elle ne cesse plus d’échouer à satisfaire ses besoins, et joue aux cartes avec elle-même dans le seul but de prétendre que tout va bien, alors que ses organes institutionnels et ses opérations économiques se décomposent. Elle erre ici et là, tourne à gauche et à droite telle un ivrogne sur l’autoroute. Elle a bu bien trop des mensonges qu’elle se chantonne pour éviter d’avoir à faire face à ses véritables besoins. Mais les contes ne sont pas la réalité. 

Voici une question qu’il nous est impératif de nous poser : voulons-nous vivre dans une société saine ? Voulons-nous prospérer ? Et si c’est le cas, alors pourquoi laisser des contes se tenir en travers du chemin que nous devrions suivre ?

Commençons par ces soi-disant soins de santé. De quel conte s’agit-il ici ? De l’idée que les « prestataires de soins » (médecins et hôpitaux) peuvent s’allier à des sociétés bancaires appelées « compagnies d’assurance » pour allouer de manière « aussi juste que possible » des « services » à la population, sans aucune aide de la part du gouvernement. Mais ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent. Les trois « acteurs » s’engagent de leur plein gré dans une matrice de racket – et extraient d’énormes sommes de monnaie au public qu’ils prétendent servir. Et ils le font deux fois : la première au travers de leurs frais, et la deuxième au travers des taxes versées pour mitiger les effets de leur racket.

Et le public a aussi son propre conte, qui veut qu’il n’y ait aucune connexion entre ses problèmes médicaux et la manière dont il vit. Le fait est que les gens mangent trop de nourriture empoisonnée parce que c’est ce qu’ils préfèrent, et ils le font parce que les habitudes de la vie qu’ils ont laissé se développer dans ce pays ne leur apportent autrement que des satisfactions dérisoires. Ils vivent dans des environnements sinistres, qu’ils passent bien trop de temps et dépensent bien trop d’argent à parcourir de long en large au volant de leur voiture, et ont été les complices de tous les efforts de démantèlement de l’armature des échanges sociaux qui donne ce que nous pourrions appeler une dimension humaine à la vie de tous les jours. 
   
Le racket médical représente quelques 20% de l’économie, et gonfle à mesure que le public devient de plus en plus gros, malade et déprimé. Et pourtant, rien n’indique que nous souhaitions nous extirper des histoires qu’on nous raconte. 

En voici d’ailleurs une autre : nous traversons une « reprise » économique – après qu’un dos d’âne nous ait supposément fait quitter la route en 2008. Ce n’est pas vrai. L’économie des Etats-Unis est entrée dans un état permanent de contraction, parce qu’elle ne peut plus se permettre de payer pour l’énergie fossile nécessaire à l’expansion de ses activités techno-industrielles (et parce qu’il n’en existe aujourd’hui aucun substitut adéquat). Nous avons tenté de couvrir cette réalité en empruntant de l’argent à l’avenir, en émettant des obligations pour « créer de la monnaie », mais ce racket vient de toucher à sa fin, parce qu’il est désormais évident que nous ne pourrons jamais rembourser notre ancienne dette, et n’aurons aucune chance de rembourser la plus récente. De la nouvelle dette a récemment été émise pour rembourser la plus ancienne, et il ne faut pas être un génie pour comprendre où cela nous mènera. 

La réalité veut que nous ayons impérativement à gérer la contraction de notre économie, mais parce que ce n’est pas chose facile, et qu’il nous faut pour y parvenir changer quelque chose qui nous est familier, des arrangements qui nous sont confortables, nous continuons de prétendre que nous pourrons toujours continuer d’élargir le système actuel. Et ces prétendus ne font qu’accentuer la fragilité du système, et nous poussent droit vers un échec soudain qui pourrait littéralement détruire la société civilisée.

Un autre conte aujourd’hui populaire – qui préoccupe particulièrement les élites – veut que nous ayons le pouvoir de changer la nature humaine, plus particulièrement la sexualité et les comportements qui dérivent de l’existence de mammifères de sexes opposés. Ce conte est profondément entremêlé avec la mode et la recherche de statut, le plus élevé de tous étant actuellement conféré à ceux qui ne se disent appartenir ni à un sexe ni à l’autre. C’est un comportement qui a été identifié par Hugo Salinas Price comme une nouvelle forme de gnosticisme, et est désormais l’idéologie dominante sur les campus. Certains l’appellent « marxisme culturel », mais il s’agit véritablement d’une forme de religion, qui nous distrait de la tâche plus adule qu’est la gestion de la contraction économique et de la reconstruction des armatures sociales de l’économie politique. 

Ces conditions me poussent à me poser une question plus générale : combien de temps continuerons-nous encore de prétendre que ces contes ne sont pas différents de la réalité ? Comme je l’ai déjà dit, la réalité elle-même devra forcer le processus en apportant des circonstances si désastreuses qu’il ne nous sera plus possible de nous raconter les mêmes vieilles histoires. Et le jour fatidique n’est plus très loin.

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