samedi 12 août 2017

Amener toute l'Afrique chez nous ne sauvera en rien les Africains, mais fera juste de notre continent un État failli de plus



«[Les ONG] pensent que des millions de migrants pourraient arriver en Europe. Sur ce sujet, la pensée de gauche fait complètement abstraction du fait qu'amener toute l'Afrique chez nous ne sauvera en rien les Africains, mais fera juste de notre continent un État failli de plus » écrit Chris York dans un article du 11 août 2017 à lire ci-dessous.


Bonne lecture



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J'ai rencontré "Defend Europe" pour essayer de comprendre ce qu'ils veulent vraiment faire

Par Chris York Senior Editor, The Huffington Post UK, le 11 août 2017

http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/07/jai-rencontre-lequipage-de-defend-europe-pour-essayer-de-com_a_23068692/

"Les migrants sont des lâches", m'a dit un membre de l'équipage du bateau antimigrants.

IMMIGRATION - Simon Wald a une mission, qui se résume en un slogan: "Defend Europe".

Cet Allemand polyglotte de 30 ans donnerait presque envie de rire, avec sa grande silhouette blonde dressée sous le soleil brûlant de la Sicile tandis qu'il photographie un bateau à quai en s'efforçant d'éviter les regards suspicieux de l'équipage.

"La première étape de cette mission, c'est d'observer et de documenter l'ensemble des actions de ces ONG", m'explique-t-il.

"Ces ONG", ce sont des associations telles que SOS Méditerranée et Save the Children, qui mènent des opérations de recherche et de sauvetage le long des côtes libyennes pour éviter la mort aux migrants qui tentent la traversée.

C'est l'une de leurs embarcations, un navire nommé Aquarius et sur le point de prendre la mer, que Simon Wald est en train de cadrer. À son bord, trois personnes regardent dans notre direction: l'une d'elles tient un talkie-walkie en évidence.

"Je crois qu'ils appellent la police portuaire. On devrait y aller."
Mon interlocuteur est un jeune homme agréable et plein de ferveur, qui parle beaucoup d'histoire et de politique... avec des idées bien définies.
Il fait partie du mouvement Génération identitaire, pour qui l'arrivée massive et continue de migrants représente une menace pour l'identité des populations d'origine — une vision des choses souvent qualifiée de "racisme à peine voilé", et qui s'est même attiré les foudres de politiques européens de premier plan.

Ces militants d'extrême droite ont affrété le C-Star pour lutter contre l'immigration clandestine vers l'Europe. Dimanche 6 août, des pêcheurs se sont rassemblés dans le port de Zarzis dans le sud-est de la Tunisie pour "dire non" à un éventuel accostage du bateau. "Nous, laisser entrer des racistes ici? Jamais", a dit à l'AFP un responsable du port de cette ville proche de la frontière libyenne. Vendredi, l'ONG Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) s'est dite opposée à ce que le C-Star "accoste dans les ports tunisiens" et a appelé "le gouvernement à ne pas coopérer avec son équipage raciste et dangereux".

Un mélange de bière, d'eau, de jus de pomme et de prosecco

Il est bientôt midi et la chaleur est accablante. Assis à l'ombre sur le béton de la jetée, je continue à discuter avec Simon Wald pendant près d'une heure.

Le jeune homme s'exprime dans un anglais rapide, marqué d'un fort accent allemand — plus rapide qu'un locuteur natif. Il m'expose une analogie qu'il affectionne particulièrement.

Pour décrire ses craintes sur l'Union européenne, dont la politique de contact entre les cultures risque pour lui de mener à une "culture unique", il la compare à un mélange de bière, d'eau, de jus de pomme, de jus de cerise et de prosecco. Consommée seule, chacune de ces boissons est agréable, mais "on n'irait jamais les verser toutes dans un grand verre, le goût serait affreux".

Il tente ensuite une autre image, s'appuyant cette fois sur des couleurs.
Puis il continue son discours: "[Les ONG] pensent que des millions de migrants pourraient arriver en Europe. Sur ce sujet, la pensée de gauche fait complètement abstraction du fait qu'amener toute l'Afrique chez nous ne sauvera en rien les Africains, mais fera juste de notre continent un État failli de plus."

La mission des "identitaires": défendre l'Europe

Simon Wald et ses amis, un petit groupe d'environ 14 activistes, ont décidé de se charger d'arrêter la crise migratoire. Dans cet objectif, ils ont affrété leur propre bateau dans l'espoir de découvrir des preuves de collusion entre ONG et passeurs.

Mais des pressions politiques et une série de contretemps (ironiquement, on les a notamment accusés d'être des passeurs) ont forcé le petit groupe à rejoindre Chypre en avion pour éviter les opposants à leur mission.
Leur bateau a été retenu dans le port de Famagouste après la découverte d'au moins 20 Sri-Lankais à son bord. Son équipage et son propriétaire, Sven Tomas Egerstrom, ont par ailleurs été cités à comparaître, accusés d'avoir fabriqué et fait circuler de faux papiers.

Ils ont plus tard été relâchés.

L'organisation anti-extrémisme Hope not Hate s'est tout particulièrement impliquée dans la surveillance de ce mouvement, qu'elle a qualifié de "collectif d'extrême droite, défendant un projet antimusulman radical" et décidé à "faire obstacle aux activités humanitaires et à mettre en péril la vie des réfugiés."

Un complot mondialiste

Il en faudrait plus pour intimider notre petit groupe. Son chef Martin Sellner, notamment, affirme que leur mission est jusqu'à présent une réussite.

Ce graphiste autrichien de 28 ans s'est entretenu avec le HuffPost britannique à bord du C-Star, lors de sa brève escale en Crète mardi dernier. "Pour nous, c'est déjà un grand succès que de se trouver sur mer, en route vers la zone SAR — il y a eu tant de personnes et de lobbies très puissants pour tenter de nous en empêcher à tout prix", affirme-t-il.
"On veut y aller pour filmer [les activités de recherche et de sauvetage], les faire voir sous un autre angle, vu que toutes les images et les vidéos qu'on nous montre sont sélectionnées pour servir les arguments des ONG."

Trois jeunes hommes le rejoignent à bord: Clément Galant et Lorenzo Fiato, un Français et un Italien de 23 ans, ainsi qu'un Allemand, Robert Timm, de trois ans leur aîné.

Cette idée d'un "puissant lobby" décidé à s'opposer à leur quête revient dans nombre de leurs déclarations.

Martin Sellner l'a développée dans une vidéo postée sur la page Twitter de Defend Europe. Il y décrit leur mission comme "le pire cauchemar de tous les [gauchistes] du monde, de Soros, des ONG et du lobby immigrationniste."

"Soros", George de son prénom, c'est un multimilliardaire numéro 19 du classement des hommes les plus riches du monde. Depuis plusieurs décennies, il a fait don d'énormes sommes d'argent à diverses causes à tendance progressiste.

Beaucoup le considèrent comme un grand défenseur des droits de l'homme et des idéaux démocratiques, mais aux yeux de l'extrême droite, il est plutôt le chef d'un complot mondialiste secret, fomenté par les Juifs pour faire envahir l'Europe par les musulmans et prendre le contrôle de l'économie mondiale... bien qu'ils n'en aient aucune preuve concrète.

Simon Wald aussi évoque l'homme d'affaires pendant que nous discutons de la bonne stratégie pour redresser les économies des États africains. "On ne peut pas contrôler George Soros ou Goldman Sachs, ces [gens] ne sont pas comme nous, mais il y a quelque chose qu'on peut faire: arrêter les migrations."

Les soutiens de la mission

Le C-Star doit tout au financement participatif. Il a attiré des contributions venues du monde entier, notamment celles de deux jeunes YouTubeuses d'extrême droite: une Canadienne, Lauren Southern, et une Américaine du nom de Brittany Pettibone.

Les deux jeunes femmes sont bien connues dans le milieu de la droite alternative. En mai de cette année, Lauren Southern a elle-même participé à une autre mission du groupe Génération identitaire: le bateau sur lequel elle se trouvait a tenté par tous les moyens de bloquer la route de l'Aquarius alors que celui-ci s'approchait de la Sicile.

La militante a diffusé la séquence en direct sur Internet. On peut l'y entendre affirmer: "Si les hommes politiques refusent d'arrêter les bateaux, alors c'est nous qui allons le faire."

L'attention des médias et les nombreux contretemps ont parfois transformé la mission en une sorte de show, dont les participants semblent se préoccuper davantage d'amasser des vues sur YouTube que de sauver le continent.

Pour les Identitaires et l'opération Defend Europe, il n'y a pas à s'en plaindre, car cela donne une apparente importance à un mouvement pourtant assez réduit. Difficile de dire combien de membres compte la GI, mais ses manifestations n'attirent que quelques dizaines de personnes, quelques centaines tout au plus.

Pourtant, l'hypermédiatisation de Defend Europe et le conflit récurrent entre Lauren Southern et ses détracteurs risquent bien de détourner l'attention de l'objectif dont se réclame le groupe.

La situation globale

Plus important encore, les évolutions politiques à Rome et ailleurs montrent bien que cette initiative extrémiste n'est qu'un minuscule détail au sein d'une immense tragédie.

Personne ne nie l'existence d'une véritable crise migratoire, dont les conséquences frappent en premier lieu l'Italie. À la veille d'élections prévues l'année prochaine, ce défi provoque un débat enflammé, qui fait nettement monter les partis populistes.

Le gouvernement italien s'inquiète de plus en plus de la question des migrants et des passeurs, et réclame le soutien des autres États européens pour y faire face.

Mercredi dernier, il a autorisé le déploiement d'une mission navale limitée pour aider les gardes-côtes libyens à freiner les flux migratoires.
L'Italie et les ONG se sont également opposées sur un projet de code de conduite pour réguler les missions de sauvetage. Ce conflit a débouché cette semaine sur la saisie d'un navire de Jugend Rettet, l'une des cinq associations sur huit ayant refusé d'adhérer aux nouvelles règles.

Ambrogio Cartosio — le procureur de Trapani, une ville de l'Ouest sicilien — a accusé Jugend Rettet de faciliter la tâche des passeurs. Il a cependant refusé d'ajouter qu'il existait une "coordination entre les ONG et les trafiquants libyens", comme l'affirme Defend Europe: d'après lui, ce ne sont là que des "fantasmes".

En réalité, le groupe identitaire se retrouve à la traîne avant même d'avoir rejoint la zone SAR.

Et dans son dernier tweet, il semble tenter de s'attribuer la responsabilité des évolutions politiques en cours, alors que les événements sur le terrain n'ont strictement rien à voir avec ses actions.

On aurait peine à nier que les ONG se sont trouvées malgré elles prises dans le vaste écosystème de la crise migratoire, qui s'étend de pays comme le Soudan et le Niger, traverse la Méditerranée et vient toucher la quasi-intégralité de l'Europe.

Il est tout aussi incontestable que les passeurs et les trafiquants d'êtres humains font partir des migrants en sachant bien qu'ils pourront être secourus par les bateaux des ONG, souvent stationnés à la limite des eaux internationales, à une vingtaine de kilomètres seulement des côtes libyennes.

Ces associations se défendent en soulignant leur volonté de sauver des vies — une mission purement humanitaire mais qui, malgré tous leurs efforts, n'a pas suffi à empêcher environ 2400 migrants de se noyer dans la Méditerranée depuis le début de l'année.

"Les migrants sont des lâches"

À en croire Simon Wald, la réponse à la crise migratoire est très simple. "Il y a une solution évidente: ces migrants doivent cesser de fuir leurs pays et se consacrer plutôt à les rebâtir. Le problème, c'est que ce sont des lâches. Ils s'enfuient, laissant leurs familles, leurs amis, leurs parents et leurs grands-parents. Ils ont laissé tout ce monde derrière eux, juste parce qu'ils espèrent une vie meilleure en Europe."

Facile à dire pour un Allemand en tenue de sport de marque et ne manquant apparemment de rien, un jeune homme dont la génération n'a jamais connu un conflit tel que ceux qui envoient aujourd'hui des populations à nos portes. Mais ce raisonnement présente un grand nombre d'autres lacunes.

Tout d'abord, même si Defend Europe parvenait bien à empêcher les actions des ONG, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (ou HCR) fait remarquer que celles-ci ne réalisent qu'environ un tiers des opérations de sauvetage. Les autres sont gérées par la marine et les gardes-côtes, ainsi que des navires marchands que le droit international oblige à venir en aide à tout bateau en détresse.

Par ailleurs, l'idée que les migrants sont des "lâches" semble tout simplement absurde au vu des dangers de leur voyage, qui ne se limitent pas aux risques de la traversée, mais incluent la crainte permanente de se faire kidnapper, torturer ou violer dans une Libye livrée au non-droit.
Pendant son passage à bord de l'Aquarius, l'équipe du HuffPost britannique a assisté au transfert d'au moins huit corps repêchés par un autre bateau de sauvetage, plus un homme abattu par la police libyenne en essayant de monter dans un canot... Tout ça en une seule journée.
Giorgia Linardi, ancienne collaboratrice de Médecins sans frontières (MSF), m'a confié à Catane: "Seule une toute petite fraction des gens qui quittent leurs foyers arrive jusqu'à la mer.

"Certains restent coincés en Libye, tandis que d'autres meurent sur la route — ils sont vraiment nombreux pendant la traversée du désert, par exemple. C'est l'une des étapes les plus dangereuses."
Selon les opposants de Defend Europe, le groupe ne cherche même pas à reconnaître l'immense complexité des défis qui rongent les États africains et poussent leurs habitants à s'expatrier, entre pauvreté, atteintes aux droits de l'homme, héritage colonial, exploitation des ressources naturelles (souvent par des Occidentaux) et facteurs géopolitiques.

"Les migrants sont considérés comme de la marchandise et non pas comme des humains. C'est un commerce où il est facile de se lancer, et qui peut se montrer très lucratif", ajoute Giorgia Linardi.

"Alors il y a des milices, des groupes criminels, des gangs, des particuliers, il y a... tout un tas de gens qui peuvent être impliqués. Bien sûr, dans un pays comme la Libye, il y a aussi le gouvernement, mais il cohabite avec plus de 100 tribus et 100 milices. Alors c'est vraiment difficile de définir qui fait quoi."

Brittany Pettibone, l'une de nos YouTubeuses identitaires, a récemment fait allusion à cette situation, citant sur Twitter une querelle diplomatique entre un seigneur de guerre libyen et le gouvernement italien comme "preuve de la nécessité et de l'importance" de la mission du mouvement.

Mais on peut se demander comment cinq civils à bord d'un petit navire de recherche espèrent influer sur une impasse d'ampleur internationale, impliquant de multiples gouvernements, les Nations unies et les milices armées libyennes.

L'idéologie de Defend Europe

De même, le groupe semble n'avoir qu'une idée terriblement floue de ce qui représente les "identités" européenne et africaine, et de la raison pour laquelle les deux ne peuvent se mélanger.

Son leader, Martin Sellner, a déclaré au HuffPost britannique:
"C'est une vaste combinaison comprenant notre histoire, nos langues, nos peuples européens — selon nous, c'est une réalité vivante, en constante évolution."

Simon Wald exprime les choses assez différemment:

"Un ingénieur allemand blanc ne tiendrait pas une journée à chasser des lions en Afrique — tout comme un Africain serait incapable de s'habituer à notre code de la route. Ce n'est pas vraiment une question d'égalité, juste des différences. Bien sûr, je présente ça de manière humoristique, mais il faut bien l'avouer, l'Afrique ne brille pas par la qualité de ses ingénieurs, ni les Européens par leur faculté à survivre dans le désert."

Quoi qu'il en soit, l'opération Defend Europe se poursuit. Le C-Star, un ancien navire de l'armée finlandaise, est désormais proche des côtes tunisiennes. Mais ce qui a pu, au départ, apparaître comme une belle croisière sur la Méditerranée pour un groupe principalement composé de jeunes hommes s'est parfois transformé en un périple en haute mer assez périlleux.

En effet, une vidéo plus récente laisse entendre que tous les activistes sauf un souffrent du mal de mer, et ne semblent pas si ravis que ça de leur nouvelle vie à bord.

Nul ne sait vraiment ce qui se passera s'ils ne trouvent aucune trace de collusion du côté des ONG une fois arrivés à destination... Mais les 2754 personnes (à ce jour) qui ont fait don d'un total de 194.000 dollars (soit quasiment 230.000 euros) attendent de vrais résultats de ce qui s'impose aujourd'hui comme l'événement le plus important jamais organisé par le mouvement. La pression est là.

Les jeunes militants n'ont apparemment pas d'idée précise de leurs objectifs, ni de projets pour la suite. Les deux avec lesquels je me suis entretenu semblent à peine croire qu'ils ont vraiment levé l'ancre. Samedi, le jour même où le C-Star a atteint la zone SAR au large de la Libye, Simon Wald me disait par email: "À ce stade, notre mission a pris une plus grande ampleur et rencontré plus de succès que nous ne l'aurions jamais cru".

Il promettait également "une nouvelle sacrée surprise pour les ONG, les trafiquants et les médias pro-immigration" dans "les prochains jours".
Malgré tout ce secret et ce manque de vision claire, le groupe a bien une idée très claire sur ce qui pourrait se passer s'il échoue. Martin Sellner me l'a expliqué: "Le scénario du pire, c'est que tout cela finisse par tuer notre démocratie."

"L'Europe du futur pourrait finir par adopter la charia par un vote légitime. Les bases mêmes d'une démocratie saine vont disparaître, ainsi que notre population, notre culture et notre esprit de communauté, et c'est l'immigration massive qui les détruit.

"Je pense qu'on va atteindre un point où ce processus deviendra irréversible, et il pourrait détruire notre identité et notre système politique."

Simon Wald se montre plus direct: "On s'est lancés dans cette mission pour sauver et protéger [nos familles], pour préserver l'Europe et l'empêcher de se changer en un enfer multiculturaliste, un autre continent islamique où régneraient la charia et la guerre civile.
"On ne veut pas que l'Europe devienne une deuxième Afrique."

Les opposants

Finalement, Simon Wald doit s'en aller. Nous nous serrons la main et malgré mon désaccord profond avec quasiment tout ce qu'il a pu me dire, il m'est difficile de ne pas être légèrement charmé par ce jeune Allemand toujours si enjoué.

Mais cela ne durera pas longtemps.

Une heure plus tard, à bord d'un petit hors-bord, j'observe un groupe de kayaks et d'autres embarcations occupées à bloquer symboliquement le port de Catane pour protester contre l'arrivée, annoncée comme imminente, de Defend Europe.

Une poignée de ces bateaux étaient passés devant le jeune activiste et moi pendant notre discussion sur la jetée. Il avait commenté, sarcastique: "Ooh, ils sont tellement nombreux!"

Plus tard dans la journée, Defend Europe publiera une vidéo pour montrer qu'ils sont déjà arrivés à Chypre, et comptent éviter Catane et ses manifestations.

Mon charmant interlocuteur m'avait pourtant affirmé, en un mensonge sans vergogne, que le C-Star était toujours en route vers Catane. L'espace d'un instant, en me rappelant notre heure passée à dialoguer, assis ensemble au soleil, je suis blessé qu'il ait pu faire une chose pareille.

Plus je me souviens de quelques autres phrases prononcées la veille par Giorgia Linardi.

"Ils veulent défendre l'Europe, et contre quoi? Un pauvre jeune de 26 ans qui s'est fait torturer jour et nuit et a bien de la chance d'être encore en vie, un garçon décharné, complètement vide et... laminé.

"Si c'est de ça qu'on est censés se défendre, alors il y a de quoi avoir honte."

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