jeudi 27 juillet 2017

Si M. Macron l’a dit…


« M. Gove, secrétaire d’Etat britannique à l’Environnement, s’appuie, pour légitimer sa décision d’interdire la construction de voitures à moteur thermique en 2040, sur le fait que « la Norvège veut atteindre cet objectif dès 2025 » et que « le président Macron en France a solennellement présenté un objectif similaire ». Si M. Macron l’a dit… » écrit Mathieu Lenoir dans un article du 27 juillet 2017 à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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Au Royaume-Uni, toutes les automobiles seront électriques en 2040… sans que l’on sache comment on produira le courant


Par Matthieu Lenoir, le 27 juillet 2017 14 h 30 min
http://reinformation.tv/royaume-uni-automobiles-electriques-2040-lenoir-73036-2/

Au Royaume-Uni, l’objectif de basculement à la propulsion électrique de la totalité de la production automobile vient d’être fixé par Michael Gove, secrétaire d’Etat à l’Environnement, à 2040. Dix ans de plus que le délai fixé par Nicolas Hulot en France. Si cette rallonge est le signe d’un surcroît de prudence, elle n’en cache pas moins la dimension ruineuse de cet objectif édicté par l’oligarchie technocratique, étatique, financière et industrielle. Car ce plan impliquerait, s’il était réalisé, de construire dix réacteurs nucléaires supplémentaires ou 10.000 turbines éoliennes pour assurer le rechargement quotidien des batteries de ces véhicules censés – très abusivement – « protéger la planète ». Pour l’instant, le gouvernement britannique intensifie sa chasse au diesel après l’avoir encouragé, comme ailleurs en Europe et surtout en France, signe patent de la dimension psychotique des élites technocratiques modernes.

Au Royaume-Uni toutes les automobiles neuves devront être électriques en 2040

Le réseau de distribution britannique de l’électricité, National Grid, explique dans un rapport que les pics de consommation bondiraient de 50 % si le pays basculait au tout électrique en matière de véhicules individuels. Dans son annonce, Michael Gove a soigneusement omis de préciser que ces 10.000 turbines éoliennes ou ces dix réacteurs nucléaires sont les seules solutions « propres » proposées pour satisfaire les futures 26 millions d’automobiles électriques que comptera le parc britannique, le pays ne disposant pas de potentiel hydroélectrique, et les hydroliennes maritimes étant à l’état d’embryons.

Richard Harrington, ministre de l’Energie, a affirmé qu’il « prévoirait à coup sûr un projet pour répondre à une demande en hausse significative », mais sans pouvoir préciser la façon dont la Grande-Bretagne produirait les 30 gigawatts d’électricité supplémentaire en complément des 61 produits déjà à ce jour en période de pointe. Ce qui est sûr en revanche : une nouvelle hausse de taxes sur le diesel est annoncée pour le prochain budget britannique.

Le ministre Michael Gove balaie le problème de la production d’électricité car « il n’y a pas d’alternative »

M. Gove a martelé sur la BBC : « Nous ne pouvons pas continuer ainsi avec les voitures diesel ou à essence, non seulement pour des raisons de santé publique, mais aussi parce que leurs émissions accéléreraient le changement climatique ». Interrogé pour savoir s’il existait une alternative aux éoliennes et aux réacteurs nucléaires, le M. Hulot britannique a éludé : « Il n’existe pas d’alternative à l’adoption d’une nouvelle technologie ». Rompez le ban.

Interpellé sur le fait que les conservateurs avaient promis dans leur programme de 2015 de bloquer l’installation de nouvelles fermes d’éoliennes en mer, très controversées, M. Gove s’en est sorti en disant que « les conservateurs avaient aussi dans leur programme de faire en sorte qu’en 2050 plus aucune voiture diesel ou à essence ne circulerait sur nos routes ». Les journalistes ne sont pas allés jusqu’à lui poser quelques autres questions dérangeantes. Aura-t-on aussi des camions électriques et, si oui, quelle sera la masse (probablement énorme) des batteries dont ils devront être équipés, par exemple les 44 tonnes à six essieux autorisés au Royaume-Uni ? A-t-on résolu la question de la sécurité des batteries en cas de collision, ces équipements étant susceptibles d’exploser ou de prendre feu ? Quel est le vrai bilan carbone des véhicules électriques sur leur entier cycle de vie, compte tenu du fait que l’extraction des métaux lourds et la production d’électricité que leur construction exige sont générateurs d’une pollution spécifique et d’émissions de carbone ?

On ne parle pas des points de rechargement, ni du tarissement des taxes sur les hydrocarbures
 
Mais tout cela n’est que détails pour M. Gove qui s’appuie, pour légitimer sa décision d’interdire la construction de voitures à moteur thermique en 2040, sur le fait que « la Norvège veut atteindre cet objectif dès 2025 » et que « le président Macron en France a solennellement présenté un objectif similaire ». Si M. Macron l’a dit…
 
Dans le Telegraph, les journalistes spécialisés Gordon Rayner et Steven Swinford rappellent que le réacteur de nouvelle génération EPR d’Hinkley Point, dans le Somerset sur la côte sud du Canal de Bristol, est budgété à plus de 20 milliards de livres (1 £ = 1,12 €), et que l’électricité supplémentaire exigée par l’électrification du parc automobile exigerait une dizaine de ce type d’équipements. Par ailleurs, le rapport des ministères britanniques de l’Environnement et des Transports n’éclaire en rien sur la façon dont le pays sera équipé des milliers de points de rechargement des batteries, ni sur leur financement. Ni encore sur la façon dont l’Etat britannique compensera le manque à gagner sur les taxes pétrolières, soit quelque 30 milliards de livres annuels. Un porte-parole du gouvernement s’est contenté de bafouiller : « De plus amples détails seront publiés l’année prochaine. L’annonce d’aujourd’hui consistait à esquisser une ambition ». En effet.

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