lundi 31 juillet 2017

Si les populistes tentent de prendre le pouvoir, la banque centrale s’y opposera en favorisant un « run »



« Si les populistes un jour tentent de prendre le pouvoir, la banque centrale s’y opposera en paralysant monétairement le pays, elle fera en sorte d’affoler le peuple (en favorisant un « run »,  une  course au retraits de dépôts) afin d’asphyxier les banques et à moins de fermer les frontières et de décreter l’état d’urgence impopulaire, les populistes seront balayés en quelques semaines. Les populistes seront victimes de l’impopularité! » écrit Bruno Bertez dans un article du 30 juillet 2017. 

Bonne lecture

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A lire: c’était votre argent, ce ne sera plus votre argent

Par Bruno Bertez, le 30 juillet 2017

https://brunobertez.com/2017/07/30/a-lire-cetait-votre-argent-ce-ne-sera-plus-votre-argent/

La folie des banquiers centraux vous a encore été exposée dans notre dernier éditorial consacré à l’anniversaire des 5 ans de la prise de pouvoir de Draghi.

Nous avons expliqué que Draghi avait pris le pouvoir face à des politiciens incapables, faibles, impuissants à faire face à la crise de l’euro.

Nous avons expliqué en quoi le pouvoir des nations et des citoyens était maintenant très réduit face à des institutions qui ont le pouvoir de créer la monnaie à partir de rien, de fixer le prix de l’argent, de décreter de la préference entre le présent et le futur, de manipuler le risque et ses perceptions etc.

Les pouvoirs des banques centrales sont absolus, ainsi la BCE , en favorisant un « run »,  une  course au retraits de dépôts , sur les banques grecques, a saboté tous les plans de Tsipras et de Varoufakis pour obtenir une renégociation de la dette. La Grèce est réduite à la servitude par les usuriers.

Si les populistes un jour tentent de prendre le pouvoir, la banque centrale s’y opposera en paralysant monétairement le pays, elle fera en sorte d’affoler le peuple afin d’asphyxier les banques et à moins de fermer les frontières et de décreter l’état d’urgence impopulaire, les populistes seront balayés en quelques semaines. Les populistes seront victimes de l’impopularité!

Nous avons attiré votre attention sur le fait que nous n’étions plus dans des régimes démocratiques et que ceux ci n’étaient plus qu’une façade, un cache sexe, les vrais leviers de l’action publique étant ailleurs. Hors de portée démocratique.

Nous avons attiré l’attention sur les pertes de libertés , les contrôles qui découlaient de la situation fiscale, des déficits et des dettes: les banques veulent que l’apparence de  la solvabilité des Etats soit préservée, que les dette soient honorées, renouvelées, qu’elles ne soient pas dépréciées; pour cela il faut augmenter les recettes fiscales des gouvernements , il faut augmenter le rendement des impôts. Les gouvernements sont maintenant les fermiers généraux des banques, ils font rentrer l’argent afin de satisfaire les banques, afin de leur plaire et de continuer de pouvoir s’endetter. Si ils ne le font pas, on leur coupe les vivres.
Nous avons expliqué que cette politique constituait une sorte de chasse neige: les problèmes ne sont jamais résolus, ils sont repoussés devant nous, c’est le fameux « kick the can », on tape dans la boite pour descendre la rue, la pente.

La conséquence en est que la masse des dettes ne cesse de s’accumuler et que leur qualité ne cesse de se détériorer. Le bilan des banques est une gigantesque fiction comptable, non seulement en raison de la masse considérable de créances qu’elles détiennent et qui ne valent rien, mais surtout parce que la valeur des autres créances dépend de la continuité: il faut que la bicyclette roule, qu’elle ne s’arrête jamais sinon elle tombe. C’est roule ou crève. Et puis les dettes souveraines de certains Etats comme l’talie par exemple ne pourront jamais être honorées, c’est mathématique,  il faudra trouver un moyen de les mettre à leur vraie valeur, et ceci plombera le bilan des banques, de toutes les banques.
Nul ne peut prévoir ce qui sera le catalyseur de la nouvelle crise, et ce n’est pas important car ce qui est important c’est la fragilité. Cette fragilité nous dit qu’un jour ou l’autre le pire se produira, ce qui doit arriver arrivera, c’est une certitude.

Lorsque cela arrivera les autorités paniqueront et le public également, ce sera le sauve qui peut. Toutes les entorses aux libertés seront permies au nom de tout ce que vous voulez, l’intérêt général, l’équité, etc.
En quelques heures, les banques seront prises d’assaut car les initiés, proches du pouvoir,  connaissent la vraie situation et savent que le système ne peut pas faire face: les garanties des gouvernement ne valent rien, ce sont des assurances qui n’ont pas de répondant, pas de capital pour garantir les risques. La seule solution ce sera le blocage, la confiscation, la fin, que l’on dira provisoire, du droit de propriété. On vous dira que ce que vous croyez vous apparttenir ne vous appartient pas que cela appartient au système.

Nous avons expliqué que ce nouveau régime créé par les banques centrales n’allait pas s’arrêter,  qu’il n’y aurait pas retour en arrière  car la pyramide financière est  un ogre qu’il faut  nourrir de toujours plus de crédit, plus de monnaie, plus de promesses  et de faussses richesses comme celles des valorisations boursières.

C’est marche ou crève avec une dette globale qui représente 327% du GDP mondial, avec des dérivés, des paris  sur les  taux d’intérêt de plus 310 trillions!

Seule la fuite en avant est envisageable car l’écart entre la Sphère réelle et la Sphère financière et monétaire ne peut plus être comblé par une croissance qui se dérobe: plus on financiarise et plus la croissance ralentit , plus la croissance ralentit et plus on financiarise! Le boulet attaché aux pieds des économies est de plus en plus lourd et en même temps de plus en plus gourmand, exigeant.

La dette, le capital de poids mort comme disait déja l’excellent Joseph Caillaux en 1922, bref le mort, les zombies dévorent le vif, le vivant, les citoyens. Pour faire « tenir » les gouvernements endettés en Europe, la BCE a du mettre les taux d’intérêt à zéro, priver les classes moyennes de la rémunération de leur épargne,  et faire un cadeau de plus d’un trillion d’euros aux gouvernements!

Tout ceci conduit et produit un système bancaire boursouflé, pléthorique, gonflé de liquidités et de créances qui en fait ne peuvent et ne pourront plus jamais être honorées. Tout ce papier, tous ces contrats, toutes ces promesses, ces liabilities comme disent les anglo saxons, n’ont pas de contrepartie. Les contreparties sont rares face à une masse de promesses qui croit exponentiellement. Un jour cette rareté des contreparties se révèlera, on verra qui se baigne nu. On verra qui n’a pas de répondant. Le système tient par la magie de la confiance, on a dépassé depuis longtemps les limites qu’auraient imposées les règles prudentielles.

Les clients des banques croient que les banques sont solides, on leur parle de ratios, de fonds propres et de tests et de régulations. La réalité est que tout cela n’a rien à voir, la fragilité des banques ne vient ni de leur ratios de fonds propres, ni de leurs pertes , elle tient à la fragilité de leurs refinancements. Tant qu’on leur prête, elles tiennent, le jour ou les prêts   ne sont pas reconduits, elles chutent. Le vrai point faible du système, c’est le marché monétaire, le marché de gros.

La cause de la crise de 2008 ce ne sont pas les subprimes comme on veut vous le faire croire, non c’est le grippage des rouages internes du marché monétaire, du refinancement, du Libor etc . Les banques transforment le court en long, le peu risqué en risqué, le peu liquide en liquide, et elles multiplient, elles créent de la monnaie simplement en octroyant de nouveaux crédits: les crédits font les dépôts. Tout repose sur des promesses, le plus souvent sur des promesses en dollars. Mais pour optimiser la capacité bilantielle des établissements TBTF  il faut que marché des dérivés tourne bien, tourne rond et c’est un des points faibles du système, une boite noire.

Finalement, les banques vivent dans ce que l’on appelle le mismatch, l’écart,, le gap. Elles tiennent comme une pyramide, sur la pointe, grace aux possibilités de refinancements et au maintien des  « dépôts » de leur clientéle. Dépots entre guillemets car il n’y a plus de dépots, les clients ne déposent plus rien, ils sont créanciers de la banque ce qui est totalement différent en termes juridiques. Une banque ne tombe pas à cause de ses pertes, on l’a encore vu il y a quelques eemaines en Espagne, elle tombe parce que les déposants retirent ce qu’ils croient être  « leur argent », ne serait-ce que sur une rumeur.

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