dimanche 2 juillet 2017

Pessimisme quotidien et optimisme fondamental



« La disjonction, le relativisme, l’idéologie moderniste, c’est un basculement qui prend une allure scientifique ou philosophique mais qui est dans son saut, dans sa séquence, idéologique. Ce saut nous fait entrer dans ce que j’appelle une sorte de névrose sociale ou le discours, la « narrative », ne reflètent plus le réel, mais un réel tordu par la torsion, par le biais, qu’y introduisent les dominants, ceux qui gèrent le discours social… Par construction, on peut dire que ceux qui ont ainsi disjoint le discours de son sous-jacent, le réel, ( ) véhiculent une vision, une conception du monde conforme à leur intérêt c’est à dire conforme à l’ordre social qui leur convient ( ) et à ce titre ils imposent, fut-ce à leur insu, un monde qui n’a plus de point d’ancrage, un monde qui est une bulle, un monde qui lévite, où tout est possible car la parole névrotique est toute puissante » écrit Bruno Bertez dans un article à lire ci-dessous.
 
Bonne lecture

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Pour grands que soient les rois… ils sont ce que nous sommes

Par Bruno Bertez, le 1er juillet 2017

L’article complet est ici :
https://brunobertez.com/2017/07/01/pour-grands-que-soient-les-rois-ils-sont-ce-que-nous-sommes/

… Nous habitons un monde de signes, écrits, paroles, pensées, chiffres, marchés, etc. En dernier ressort ce que nous appelons notre « moi », notre « je », est un ensemble de signes, un agencement de signes opéré en fonction de notre histoire, une combinatoire unique de signes dont nous réalisons l’unité par notre pratique de la vie. Les couches les plus ultimes de ce qui nous constitue sont un langage et structurées comme un langage. Notre inconscient est un langage et structuré comme tel avec les empreintes de notre histoire… Donc à ce titre nous ne pouvons échapper à notre prison constituée de signes. Mais ces signes, l’agencement de ces signes, ces théories peuvent être plus ou moins efficaces dans leur façon de refléter la réalité. Certes il y a toujours un biais qui fait que nous vivons dans un monde ou la connaissance est imparfaite, ce qui fait que la vérité n’est pas une donnée, une évidence mais un travail, un processus asymptotique pour s’en approcher. Mais la référence au Vrai et à la connaissance sont essentiels.
La disjonction, le relativisme, l’idéologie moderniste, c’est un basculement qui prend une allure scientifique ou philosophique mais qui est dans son saut, dans sa séquence, idéologique


Le monde moderne se caractérise par un franchissement, un saut: il dit puisque nous sommes toujours prisonniers, enfermés dans l’univers des signes, alors l’absolu n’existe pas, il n’y a pas d’en-soi, il n’y a pas de vérité, pas de référent, et tout est relatif. Le monde moderne sépare l’ombre du corps, il autonomise le monde des signes. Il tue Dieu ou le Grand Architecte ou le Symbolique. Et l’Etre Suprême de Saint Just est remplacé par l’homme (La Terreur), pas n’importe quel homme: par le maître, par celui qui domine, par le Maître. Le monde moderne disjoint, c’est ainsi que fonctionne par exemple la Propagande. La Propagande c’est un univers de signes agencés de façon apparemment cohérente qui en réalité ne renvoie qu’au désir de celui qui manipule.

La disjonction, le relativisme, l’idéologie moderniste, c’est un basculement qui prend une allure scientifique ou philosophique mais qui est dans son saut, dans sa séquence, idéologique. Ce saut nous fait entrer dans ce que j’appelle une sorte de névrose sociale ou le discours, le « narrative » ne reflètent plus le réel, mais un réel tordu par la torsion, par le biais qu’y introduisent les dominants, ceux qui gèrent le discours social. Par construction, on peut dire que ceux qui ont ainsi disjoint le discours de son sous-jacent, le réel, par construction, on peut dire qu’ils véhiculent une vision, une conception du monde conforme à leur intérêt c’est à dire conforme à l’ordre social qui leur convient. Ils remplacent Dieu ou le Grand Architecte ou le Logos, ou le Verbe ou le Tout Puissant; et à ce titre ils imposent, fut-ce à leur insu, un monde qui n’a plus de point d’ancrage, un monde qui est une bulle, un monde qui lévite, ou tout est possible car la parole névrotique est toute puissante.
De tous temps, les maîtres se sont fait passer pour ceux qui détenaient le pouvoir de gérer les mystères, ce sont les sujets qui Savent.

Cette parole du maitre, parole des dominants, impose la croyance à leur toute puissance et nie la finitude, les limites. Il n’y a pas de limite à l’intérieur de ce monde-là. On flirte avec la magie.

… Il n’y a pas de limite aux endettements, on peut toujours repousser, reculer les échéances. A condition de rester à l’intérieur de ce monde! Il faut rejeter les mécréants, les adeptes de Marine et de Mélenchon. Il faut continuer à prendre la pilule de Matrix. On peut le faire tant qu‘il y a des gens qui acceptent le papier qui est sous-jacent à toute dette, le papier monétaire, tant que les gens admettent que les dettes sont bonnes comme de la monnaie et sont money-like. La similitude entre le papier monnaie et la parole est frappante: on accepte le papier comme on accepte la parole et l’adage dit la parole est d ‘argent, c’est à dire promesse. Mais ceci ne tient que si les money-like ne partent pas à la recherche de leur contrevaleur réelle en biens et services. Bref si on n’exige pas que les promesses soient tenues. Partir à la recherche de sa contrevaleur en biens et services c’est en termes techniques accélérer la vitesse de rotation de la monnaie, accélérer son usage. Si les money-like partaient à la recherche de leur contrevaleur, alors la rareté de ces biens, leur caractère rare finirait par ressortir et ce serait la Réconciliation qui n’est rien d‘autre que la démonstration, la reconnaissance de la rareté du monde. La Réconciliation, c’est l’opération par laquelle le monde réel dévoile le bluff du monde des signes, dénonce l’imposture des maitres et des dominants. Kant opérait une réconciliation dans son fameux dialogue sur l’argent et le crédit, il interrogeait: mais cet argent l’as-tu dans ta bourse?

C’est le Réel, c’est la finitude qui se chargent  de dévoiler le bluff des maîtres, et de montrer que « pour grands que soient les rois… ils n’en sont pas moins hommes… »

Nous en revenons à mon pessimisme quotidien et à mon optimisme fondamental.

Pessimisme quotidien car je pense que les maitres, les élites peuvent retarder la Réconciliation presqu’à l’infini et forcer les citoyens à rester dans le monde des signes: ces derniers prennent la pilule de Matrix chaque jour avec les médias, l’école, la pression sociale, etc. Ce ne sont pas les hommes, les politiciens, les Marine ou les Mélenchon qui sauront dévoiler leur bluff. Les maîtres ne sont pas des magiciens, mais ce sont de redoutables illusionnistes.

Optimisme fondamental car on n’échappe pas à la Loi de la Rareté, à la Loi de la Valeur, aux Limites. C’est le Réel,  c’est la finitude qui se chargent  de dévoiler le bluff des maîtres, et de montrer que « pour grands que soient les rois… ils n’en sont pas moins hommes… »

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