dimanche 23 juillet 2017

Nous sommes aujourd’hui un empire des mensonges et cet empire est condamné



Nous sommes aujourd’hui un empire des mensonges. Le statu quo – politique, social et économique – dépend de mensonges, de demi-vérités, de boucs émissaires et de dissimulations pour sa survie. Chaque vérité qui s’échappe de la prison de mensonges met l’édifice pourri en danger. ( ) L’empire des mensonges est condamné. Les mensonges sont signe de faiblesse, et ils barrent la route à toute vraie solution. La vérité est le pouvoir, mais nous ne tolérons plus la vérité parce qu’elle nous effraie. Notre faiblesse est systémique et fatale » écrit Charles Hugh Smith dans un article du 22 juillet 2017 à lire ci-dessous.
 
Bonne lecture

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A la source de nos maux : quand nous ne pouvons plus dire la vérité


Par Charles Hugh Smith

Paru sur
Information Clearing House sous le titre When We Can No Longer Tell the Truth…

Traduction et introduction Entelekheia

Introduction

Que l’erreur soit délibérée ou non, aucun problème mal diagnostiqué ne peut être résolu. Quand la vérité n’est plus acceptable et que les mensonges s’empilent, c’est tout l’édifice qui est menacé — et qui devient une prison, au moins mentale.

Traduction

Quand nous ne pouvons plus dire la vérité parce que la vérité amènerait tout le statu quo, avec sa fragilité et sa pourriture, à s’effondrer dans un tas de promesses trahies et de mensonges, nous avons atteint à la perfection de la dysfonction.

Vous connaissez la phrase essentielle du « leadership » dans un monde dysfonctionnel condamné à la chute : Quand cela devient important, vous devez mentir. En d’autres termes, la déesse laïque du statu quo est TINA – il n’y a pas d’alternative au mensonge, parce que la vérité abattrait la structure pourrie comme un arbre mort.

Cette dynamique centrale de la dysfonction est invariante, ce qui signifie que cacher la vérité est au centre de la dynamique des relations, des foyers, des communautés, des entreprises, des villes, des multinationales, des États, des alliances et des empires dysfonctionnels : quand la vérité ne peut plus être dite parce qu’elle menace la structure de pouvoir du statu quo, le statu quo est condamné.

Les mensonges, les demi-vérités et les dissimulations sont des manifestations de faiblesses fatales. Ce que les mensonges, les demi-vérités et les dissimulations communiquent est : nous ne pouvons plus régler nos vrais problèmes, et plutôt que de le dire, nous les cachons derrière des mensonges et des paroles rassurantes fallacieuses.

La vérité est le seul vrai pouvoir, les mensonges sont signe de faiblesse. Tout ce que nous avons aujourd’hui sont des mensonges, des statistiques destinées à tromper et des paroles fallacieuses qui nous disent que le statu quo est stable et permanent. La vérité est le pouvoir parce qu’elle est au coeur de la dynamique de résolution de problèmes. Les mensonges, les statistiques biaisées et les fausses garanties sont fatals parce qu’ils condamnent à l’échec tous les efforts les plus sincères pour réparer ce qui doit l’être avant que le système atteigne le point de non-retour.

Nous avons déjà dépassé le point de non-retour. Le confort des mensonges nous a déjà condamnés. Les rapports sincères sur les corporations richissimes qui implosent partagent tous la même caractéristique centrale : dans tous les cas étudiés, des directeurs subissaient des pressions pour cacher la vérité à leurs supérieurs hiérarchiques, qui eux-mêmes mentaient donc sans le savoir à leurs investisseurs et clients.

C’est la dynamique centrale des dictatures aussi : si dire la vérité peut vous faire envoyer en prison ou pire, ceux qui tiennent à leur vie se tairont ou mentiront.

Si cacher la vérité peut préserver un emploi, alors c’est ce que les gens font. Que cela condamne l’organisation devient secondaire par rapport à l’instinct de conservation.

Un sens dévoyé de la loyauté envers la famille, la communauté, la compagnie, l’institution, l’agence ou la nation aggrave le problème du mensonge comme « solution » à des questions désagréables. Papa est alcoolique ? Cachons la bouteille. L’Église est un panier de crabes ? Maintenons la façade de sainteté à tous prix. Les produits de la compagnie ne se vendent pas ? Faisons prendre au chef des vessies pour des lanternes. Les statistiques réelles n’étayent pas le triomphalisme du Parti ? Manipulons-les jusqu’à leur faire dire ce qu’il veut. L’agence n’a pas réussi à atteindre son objectif principal ? Rejetons-en la faute sur un bouc émissaire.

Les menteurs pathologiques et les tricheurs se fondent sur l’instinct de conservation et la loyauté mal placée pour masquer leurs propres manquements et leur corruption. Une suggestion ici, un commentaire là, et voilà, une culture du mensonge est créée et encouragée. 

Obscurcir la vérité représente le summum du confort intellectuel de court terme. Aujourd’hui, les problèmes sont trop sérieux, nous devons mentir. Nous dirons la vérité après, quand les choses seront stabilisées.
Mais les mensonges garantissent que rien ne pourra jamais être réellement stabilisé, de sorte que le moment où le système sera assez fort pour survivre à la vérité n’arrivera jamais.

Nous sommes aujourd’hui un empire des mensonges. Le statu quo – politique, social et économique – dépend de mensonges, de demi-vérités, de boucs émissaires et de dissimulations pour sa survie. Chaque vérité qui s’échappe de la prison de mensonges met l’édifice pourri en danger.

Dans un empire de mensonges, les « leaders » disent au peuple ce qu’il veut entendre. Cela leur assure l’adhésion des masses, qui préfèrent un faux réconfort qui ne demande aucun sacrifice, aucune concession, aucun choix désagréable, aucun engagement.

L’empire des mensonges est condamné. Les mensonges sont signe de faiblesse, et ils barrent la route à toute vraie solution. La vérité est le pouvoir, mais nous ne tolérons plus la vérité parce qu’elle nous effraie. Notre faiblesse est systémique et fatale.

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