mardi 11 juillet 2017

Lutter pour le climat « et en même temps » contre le terrorisme et les migrations de masse ?




Quant à la réponse de Macron qui lie la lutte contre le terrorisme (et indirectement aux migrations de masse) à celle contre le changement climatique, est-elle si complexe que ça ? Il se trouve que la France n’a pas de pétrole mais elle a des idées et celle de Macron mérite, de mon point de vue, plus d’attention que ce que veut bien lui prêter Vanneste. En effet, une façon de réduire les revenus des pétromonarchies qui financent le terrorisme (qu’il s’agisse de l’Arabie saoudite ou du Qatar pour ne citer que ces deux-là) consiste peut-être à substituer à notre consommation d’énergies fossiles (celles qui finance le terrorisme) celle des énergies renouvelables qui peuvent, effectivement, lutter contre le changement climatique « et en même temps » réduire drastiquement les sources de financement de ce terrorisme. Dans la même logique, Il n’est pas inconcevable que la réduction de notre parc nucléaire participe de cette même stratégie de lutte contre le terrorisme, nos fournisseurs en combustible nucléaire finançant eux-aussi certaines formes de terrorisme en particulier dans le Sahel. 

Bonne lecture

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Le Climat, vous dis-je !

Manifestement, Emmanuel Macron s’est agacé de ne pas prendre la place qu’il ambitionnait à Hambourg.

Par Christian Vanneste, Boulevard Voltaire, le 11 juillet 2017


 ne pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique 


Notre narcissique chef d’État a promené son élégante silhouette sur la scène internationale à l’occasion du G20, après avoir illuminé de sa présence le décor versaillais. Le Président français s’est livré à son sport favori, qui consiste à jouer avec les concepts. Il a atteint son record en développant l’idée que, tout étant dans tout et inversement, on ne pouvait traiter les problèmes de la planète séparément et qu’il fallait donc « ne pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique ». C’était osé mais triplement révélateur.


la diminution de la consommation de pétrole et de gaz ruinera la diffusion du wahhabisme

D’abord, il faut souligner le tic verbal de « l’action résolue », l’adjectif « résolu » agissant magiquement pour donner au mot déjà le dynamisme d’un mouvement. C’est la recette de Macron : dire les choses avec une conviction telle qu’on croit les avoir faites. En second lieu, la complexité de la pensée « jupitérienne » consiste à tout embrasser d’un même regard et d’une seule volonté. C’est la clef du « en même temps » devenu un célèbre marqueur présidentiel. Sauf qu’ici, il se révèle plus confus que complexe, et n’évite pas le ridicule. Survolant la question, le locataire de l’Élysée pense que le développement des pays industriels contribue au réchauffement qui touche certaines parties de la planète plus que d’autres, comme le Sahel, et explique les déplacements à finalité économique des populations. Dans ce cas, serait sous-entendu le lien tabou entre les migrations et le terrorisme. Mais serait oublié le rôle primordial de l’islam, lequel s’étend du Nigeria à l’océan Indien avec des conflits sur toutes ses frontières, et même à l’intérieur de ses terres avec les minorités ou entre ses factions. Le rapport avec le climat ne peut guère être invoqué. D’ailleurs, les « déséquilibres » accusés d’être le lien bien abstrait entre réchauffement et terrorisme sont d’origine multiple : la démographie, qui a plus à voir avec la culture et la religion qu’avec le climat ; le développement, lui aussi beaucoup plus lié aux mentalités qu’à la géographie. Enfin, l’un des vecteurs du terrorisme réside dans les possibilités gigantesques de financement issues, justement, de la production d’énergie fossile. Que des pays rétrogrades et très pauvres qui avaient conservé les formes les plus archaïques d’une religion aient acquis, en peu de temps, les moyens de propager leurs doctrines n’a aucun rapport avec le climat, à moins de penser que la diminution de la consommation de pétrole et de gaz ruinera la diffusion du wahhabisme. Je n’ai pas le sentiment que notre génie national ait eu cette idée en tête, idée qui demanderait un temps infini pour traiter une question urgente.

En troisième lieu, l’explication de cet extravagant dégagement serait plus psychologique qu’intellectuel. Manifestement, Emmanuel Macron s’est agacé de ne pas prendre la place qu’il ambitionnait à Hambourg. Lorsque Trump a évoqué l’accord avec Poutine sur le sud de la Syrie, c’est avec Mmes May et Merkel et M. Erdoğan, pas avec le partenaire qui se voulait privilégié, prêt à lancer ses bombardiers plus vite encore que les Américains en cas d’utilisation d’armes chimiques. Le sujet de prédilection du Président français était le réchauffement climatique en raison des Accords de Paris. Comme il n’a rien obtenu de la part des États-Unis, et que la question a été marginalisée par rapport à la concertation russo-américaine sur la Syrie, son discours a été une tentative dérisoire de se replacer virtuellement au centre du débat, en annonçant notamment une réunion pour faire le point en décembre sur la mise en œuvre des Accords de Paris. En raison du rôle marginal de notre pays dans l’éventuel réchauffement de la planète, ce sujet n’est pas la priorité nationale. Le flux migratoire non maîtrisé avec ses conséquences redoutables, le recul de notre industrie sont infiniment plus graves, mais sans doute sont-ils moins « porteurs » en termes de communication valorisante. Macron aime qu’on l’aime car lui-même s’aime beaucoup.

Le simulacre de Washington D.C. qui entretient le simulacre de nos propres jugements

“ Ce qui se passe aux USA est quelque chose qui n’a jamais été approché dans quelque circonstance que ce soit du point de vue du désord...