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mercredi 19 juillet 2017

Les Etats-Unis et leurs agences médiatiques agissent comme s’ils voulaient que ce pays se suicide par la stupidité



Les Etats-Unis se réveillent doucement, pour se retrouver une fois de plus à lire les crétineries stupéfiantes publiées par leur Journal de référence dans son amas de propagande de première page du jour. Le système éducatif des Etats-Unis est certes parvenu à détruire les capacités critiques de ces trois dernières générations, au point que le public ne fasse plus aujourd’hui que baigner dans un potage d’irréel. Dans les actualités, comme dans la vie en général, tout peut arriver, et plus rien n’a d’importance. ( ) Les Etats-Unis et leurs agences médiatiques agissent comme s’ils voulaient que ce pays se suicide par la stupidité » écrit James Howard Kunstler dans un article du 19 juillet à lire ci-dessous.
 
Bonne lecture

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Suicide par stupidité

Par James Howard Kunstler, le 19 juillet 2017


Mais si M. Trump acceptait de travailler avec M. Poutine malgré la longue liste de transgressions russes, qui commence avec l’annexe de la Crimée et se termine avec l’interférence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016, il pourrait passer pour faible alors même que M. Poutine pourra se vanter d’avoir rétabli les relations entre les deux chefs d’Etat.
New York Times

Les Etats-Unis se réveillent doucement, pour se retrouver une fois de plus à lire les crétineries stupéfiantes publiées par leur Journal de référence dans son amas de propagande de première page du jour. Le système éducatif des Etats-Unis est certes parvenu à détruire les capacités critiques de ces trois dernières générations, au point que le public ne fasse plus aujourd’hui que baigner dans un potage d’irréel. Dans les actualités, comme dans la vie en général, tout peut arriver, et plus rien n’a d’importance.

Je ne peux m’empêcher de penser aux éditeurs qui nous servent ces histoires à dormir debout. Sont-ils les simples servants de la Rand Corporation et des autres partis qui tirent des intérêts de la guerre, ou croient-ils eux-mêmes en  leurs propres extrusions fabriquées d’agit-prop ?

Pour citer un exemple, l’« annexe de la Crimée » par la Russie nous est présentée comme s’il s’agissait d’une sorte de Ruritanie nostalgique de princes indépendants, de paysans hauts en couleurs et de commis des postes sincères asservis par des cosaques assoiffés de sang. Non. La Crimée a été une province de la Russie depuis 1783 – l’année de la déclaration officielle de la fin de la Révolution américaine par la signature du Traité de Paris.

Après la Révolution russe (1917), la péninsule de Crimée est devenue une province autonome de l’Union soviétique, ce qui signifie que la région est restée membre de ce qui était alors la Russie. En 1954, Nikita Khrouchtchev en a remis la responsabilité administrative à la République socialiste soviétique d’Ukraine, qui était alors une province de l’URSS, c’est-à-dire de la Russie. Tout au long de l’histoire moderne, la Crimée a accueilli la seule base navale d’eau douce de l’URSS, puis de la Russie. Demandez pourquoi à n’importe quel étudiant américain, et vous ne recevrez certainement de sa part qu’un regard vide d’expression.

La Crimée est une péninsule de la mer Noire, qui est reliée à la mer Méditerranée. D’où l’importance stratégique de la région. Pendant seulement quelques années au cours du XXIe siècle, suite à l’éclatement de l’URSS, l’Ukraine indépendante s’est retrouvée en possession de la Crimée, et a loué ses bases navales existantes à la Russie. La petite nation en difficulté, elle-même dépendante de l’importation de gaz naturel russe, a ainsi pu obtenir une source nécessaire de revenus.
Quand le président élu de l’Ukraine, Victor Ianoukovitch, a été renversé en 2014, avec l’aide du Département d’Etat américain et de la CIA, la Russie s’est retrouvée dans l’obligation de protéger ses bases navales de Crimée – une région dont une vaste majorité des habitants étaient de toute façon culturellement et linguistiquement russes. Un référendum a ensuite ratifié le transfert de la Crimée à la Russie. En laissant de côté ces détails de procédure, il devrait être évident que la Russie n’aurait jamais accepté de céder sa base stratégique de la mer Noire à l’Ukraine, et moins encore en sachant que le pays assiégé était manipulé par les Etats-Unis et l’OTAN, qui cherchaient à en faire une présence adverse sur sa frontière.

Les Etats-Unis et l’OTAN continuent de jouer à la guerre dans les Balkans, sur la frontière russe, et des soldats américains ont été déployés en Lituanie. A quelle guerre se préparent-ils exactement ? Quel est donc le problème (en-dehors de la soif apparente des Etats-Unis pour la guerre) ?

Cette dernière question s’applique tout autant la métaphore incessamment répétée de l’interférence de la Russie dans les élections présidentielles de 2016. Où est supposé se trouver le problème ? Le New York Times nous rabâche ces accusations vides depuis maintenant un an, sans pour autant jamais nous avoir spécifié le comment de cette « interférence ». En cours de route, le journal a perdu toute sa crédibilité en se lançant dans ce qui est aujourd’hui une chasse aux sorcières – une campagne contre des forces de l’ombre mystérieuses et surnaturelles. Il porte grandement atteinte à un public américain déjà peu éduqué, économiquement en détresse et rongé par la drogue. Il n’est plus rien qu’un fauteur de guerre.

La couverture de la réunion Trump-Poutine à l’occasion de la conférence du G20 a des airs de retransmission d’un championnat de la WWE. Quel président sera le plus fort ? Lequel en ressortira perdant ? Les Etats-Unis et leurs agences médiatiques agissent comme s’ils voulaient que ce pays se suicide par la stupidité.


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