jeudi 20 juillet 2017

En cas de crise, ce qui compte c’est le cash…



« . En cas de crise, ce qui compte c’est le cash, les liquidités, les fonds propres, et lorsque l’on ramène ces prêts défaillants (148 milliards d’euros) aux fonds propres réels des banques (259,7 milliards d’euros fin 2016), on obtient un ratio de 57%. Plus de la moitié des fonds propres des banques françaises sont menacés par ces prêts défaillants…( ) Pour l’instant il n’y a pas d’urgence, contrairement à l’Italie, mais en cas d’accentuation de la crise (hausse du taux de défaut, choc financier quelconque), le gouvernement serait forcé d’intervenir.( ) C’est-à-dire  débarrasser les banques de leurs boulets, avec l’aide de l’argent du contribuable, bien sûr » note Philippe Herlin dans un article du 20 juillet 2017 à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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France : bientôt des bad banks ?

Par Philippe Herlin, le 20 juillet 2017


On a l’habitude de considérer que les systèmes bancaires malades sont ceux de l’Europe du Sud et de quelques pays de l’Europe centrale, et que l’Europe du Nord, France comprise, se porte relativement bien. Mais il faut de temps en temps revenir aux chiffres et à leur cruelle objectivité. C’est ce que nous propose l’aride mais très révélateur document du Parlement européen sur les prêts en défaut à la fin 2016 au sein de l’Union Européenne (liste des abréviations des pays) et publié le 13 juillet.

Les prêts "douteux", en défaut ou presque (les Non-Performing Loans – NPL – en anglais dans le document), sont considérés comme tels, selon la définition internationale, lorsque les remboursements accusent un retard d’au moins 90 jours. Autrement dit, la situation est largement désespérée, la reprise des remboursements étant peu probable. La banque peut éventuellement compter mettre la main sur le bien (immobilier ou autre) pour le revendre, mais cette opération prend du temps et se fait toujours à perte.

Or que voit-on dans ce tableau qui récapitule les prêts "non-performants" des pays de l’UE, et qui se montent au total à 1.092 milliards d’euros ? Que certes l’Italie est le pays le plus mal en point, cela nous le savions, avec 276 milliards d’euros de prêts pourris dans les bilans de ses banques, mais qu’en deuxième position vient la France avec 148 milliards d’euros ! Suivent l’Espagne (141 milliards d’euros), la Grèce (115 milliards d’euros), l’Allemagne (68), les Pays-Bas (45), le Portugal (41).

Ce très mauvais résultat de la France passe sous les radars du fait que le principal ratio pris en considération ramène ces prêts pourris à la taille du bilan : ce dernier étant considérable (le bilan des grandes banques françaises = 3 fois le PIB national !), ces 148 milliards d’euros finissent noyés. Or il s’agit là d’une erreur, les éléments et autres engagements du bilan sont peu mobilisables, en tous cas pas rapidement. En cas de crise, ce qui compte c’est le cash, les liquidités, les fonds propres, et lorsque l’on ramène ces prêts défaillants (148 milliards d’euros) aux fonds propres réels des banques (259,7 milliards d’euros fin 2016), on obtient un ratio de 57%. Plus de la moitié des fonds propres des banques françaises sont menacés par ces prêts défaillants… Ce ratio est surnommé le "ratio Texas", le seul qui compte selon l’agence de notation Fitch.

Alors, aurons-nous bientôt des "bad banks" en France ? Ou, pour prendre le terme technocratique, des "structures de défaisance" ? C’est-à-dire des organismes chargés de débarrasser les banques de leurs boulets, avec l’aide de l’argent du contribuable, bien sûr. La France possède une certaine expérience dans ce domaine, nous avons connu cela avec le Crédit Lyonnais au tournant des années 90, on sait faire… Pour l’instant il n’y a pas d’urgence, contrairement à l’Italie, mais en cas d’accentuation de la crise (hausse du taux de défaut, choc financier quelconque), le gouvernement serait forcé d’intervenir.

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