jeudi 6 juillet 2017

Discours de Versailles : analyse et avertissement


Dans un article du 5 juillet 2017 à lire ci-dessous, Jeanne Smith analyse l’adresse de Macron au Congrès réuni à Versailles. Le vrai sens de son discours, écrit-elle, est pourtant ici : « Je crois profondément que par ses choix récents, notre peuple nous demande d’emprunter une voie radicalement nouvelle ». Radicalement nouvelle : cela veut bien dire remonter jusqu’aux racines et tout révolutionner dans ses fondements. ( ) « Ce que nous avons à accomplir, c’est une véritable révolution ». Nous aurons été avertis conclut-elle.

Avertis de quoi ? « Une voie radicalement nouvelle » passant par « une véritable révolution », si ces mots ont un sens – et en français ils en ont un -, fait obligatoirement référence à la Révolution française de 1789 qui plongea le pays dans la Terreur des coupeurs de tête. Transposez cette Terreur à la situation d’aujourd’hui, il n’est pas besoin de faire un dessin sauf qu’en prononçant ces mots depuis Versailles, Macron se met symboliquement dans la peau de celui qui en fut la première victime. Dont acte.

Bonne lecture.
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Le discours d’Emmanuel Macron au Congrès : ce que les Français attendaient, et ce que le président prépare vraiment

Par Jeanne Smits, 5 juillet 2017 16 h 30 min, pour reinformation.tv

Chapeau l’artiste. On a beaucoup glosé sur le discours fleuve d’Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles – un exercice qu’il compte renouveler chaque année de son mandat – mais il serait injuste de ne pas saluer sa hauteur de vue. L’homme a de l’ambition, on croirait presque qu’il en a pour la France. Et il y avait un indéniable souffle derrière ses paroles. Mais c’était un souffle révolutionnaire : derrière des mots que les Français attendaient sans doute, et qui contribuent à lui donner une stature capable de donner le change – si différente de celle de Hollande –, ce que le président prépare vraiment a été dit. On pourra s’illusionner avec des références à la souveraineté et aux libertés : ce discours programmatique indique plus discrètement une autre direction. Analyse.

Mais avant d’entrer dans le discours par la porte choisie par Macron lui-même – l’évocation de la patrie – relevons cette simple phrase perdue au milieu de son texte : « Sachons mettre un terme à la prolifération législative, cette maladie nous la connaissons, elle a été tant et tant nommée et je crains moi-même dans une vie antérieure d’y avoir participé ».

Ce n’est pas la première fois que Macron parle de sa vie « d’avant », de cette « vie antérieure » à laquelle il semble donc avoir renoncé. Comme s’il avait opéré une conversion. Le banquier devenu gourou ? Le jeune énarque ambitieux se mettant au service d’une cause plus haute que la recherche du pouvoir ? Tout se passe comme s’il avait eu une (sorte) d’illumination, comme il le disait il y a quelques mois lors d’un entretien avec le WWF, parlant d’une sorte de transcendance où la planète dépasse la somme des êtres humains. Il citait Simone Weil parlant des droits et des devoirs, mais sur un autre plan : « On a oublié cela, j’ai vécu cela dans ma vie d’avant. On pense parfois qu’on est des parfaits nomades… Mais à la fin on revient quelque part… Il y a des arbres à côté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons… Il y a des frères et des sœurs. Et c’est ce commun, notre trésor. Si on pense pouvoir être heureux, on oublie les devoirs de l’enraciné. Mais c’est une folie ». N’oublions jamais cela en écoutant ce président d’une nouvelle espèce.
 
Emmanuel Macron, entre vocabulaire de droite et progressisme de fait

Revenons à lundi. Très vite, Emmanuel Macron invoquait « ce simple amour de la patrie » dont il se dit animé. Mots presque oubliés aujourd’hui. Ils fleurent bon la France charnelle, que dis-je, la France éternelle à laquelle Nicolas Sarkozy avait lui aussi rendu un tribut en quittant la fonction présidentielle. Accents presque maurrassiens, sur le ton du Quand les Français ne s’aimaient pas, pour dire : « Ce qui nous est demandé par le peuple, c’est de renouer avec l’esprit de conquête qui l’a fait pour, enfin, le réconcilier avec lui-même ».

Cette entrée en matière a ouvert les oreilles de certains, qui dès les premiers moments de ce discours, ont commencé à rechercher des mots qui leur parlent. Il n’en a pas manqué.

Habilement – il semble que cela n’aille pas au-delà – le jeune président a déclaré qu’il fallait d’abord « rester arrimés au réel ». Finie, l’idéologie ? Il a même osé, lui l’européiste, parler en termes nationaux : « C’est d’abord le mandat de la souveraineté de la Nation. C’est de pouvoir disposer de soi-même, malgré les contraintes et les dérèglements du monde. Voyons la réalité en face. Les forces de l’aliénation sont extrêmement puissantes ».

Et voici que Macron dénonce « l’aliénation à la nouvelle division du travail qui s’esquisse dans un univers en transformation profonde, où le numérique recompose des secteurs entiers de l’économie, bouscule des équilibres et des emplois ». Veut-il protéger la France contre la mondialisation, vraiment ? Veut-il vraiment « se battre contre les forces d’une compétition internationale devenue anarchique » comme il le dit plus loin ?

Le discours d’Emmanuel Macron au Congrès, hymne au mondialisme révisé

Parmi les mondialistes, rappelons-le, il y a d’un côté le monde de la haute finance et des grosses affaires, mais en même temps et de l’autre, celui de la régulation et de la socialisation accélérée, qui est à l’œuvre pour contrôler les bourses, traquer « l’évasion fiscale », dicter des règles mondiales de plus en plus tyranniques. Et si « l’ultralibéral » Macron était en réalité plutôt de ce monde-là ?

On peut d’autant plus le croire que Macron, comme il l’a répété au long de sa campagne, va faire de la lutte contre le changement climatique une priorité. Dans son discours de Versailles, il a évoqué « l’aliénation de notre avenir, si nous ne parvenons pas à organiser la transition écologique, à protéger la planète ». Il n’a pas rappelé que cela se fera au moyen de règles mondiales et de « rééquilibrages » extrêmement douloureux pour les vieux pays civilisés de l’Occident. C’est pourtant un point clef, peut-être le point-clef de son programme.

Comment ne pas être d’accord lorsqu’Emmanuel Macron annonce, avec les accents du Poverello certes vite oubliés : « Elle est là, la vraie richesse d’un pays et le mandat qui nous est donné, c’est de créer de l’unité où il y avait de la division ; de redonner à ceux qui sont exclus la simple dignité de l’existence, leur juste place dans le projet national : de permettre à ceux qui créent, inventent, innovent, entreprennent, de réaliser leurs projets ; de rendre le pouvoir à ceux qui veulent faire et font ».

Le vrai sens de son discours est pourtant ici : « Je crois profondément que par ses choix récents, notre peuple nous demande d’emprunter une voie radicalement nouvelle ». Radicalement nouvelle : cela veut bien dire remonter jusqu’aux racines et tout révolutionner dans ses fondements.

Ce que le président prépare vraiment : la Révolution

C’est bien pour cela qu’il ne faut pas être dupe des références d’Emmanuel Macron à l’histoire. « Le mandat du peuple, dit-il, c’est enfin le mandat de la fidélité historique. Les Français demandent à leur gouvernement de rester fidèle à l’histoire de la France » – mais il ajoute aussitôt : « Encore faut-il s’entendre sur le sens que l’on donne à ces mots ».

Car il rejette dos à dos « l’histoire pro-coloniale et celle de la repentance, l’histoire identitaire et celle multiculturelle, l’histoire fermée et l’histoire ouverte », ajoutant aussitôt, et cela peut sembler rassurant : « Il n’appartient pas au pouvoir exécutif ou législatif de décréter le roman national ». Mais il explique. Sa fidélité à l’histoire est celle qui consiste à choisir « en regardant le réel et en gardant nos esprits et nos volontés tendus vers le meilleur, c’est ce que nous appelons le progressisme ».

Voilà décidément la compréhension maçonnique de l’histoire clairement exposée, celle qui refuse le dogme : cette histoire façonnée par le « maître horloger » dont Macron s’est si souvent réclamé. « C’est une éthique de l’action et de la responsabilité partagée, c’est la fidélité à notre histoire et à notre projet républicain en actes car la République ce n’est pas des lois figées, des principes abstraits, c’est un idéal de liberté, d’égalité, de fraternité, chaque jour re-sculpté et repensé à l’épreuve du réel ».

Pas de loi figée, cela veut dire pas de loi naturelle, pas de référence unique, seulement les sables mouvants du « « sens de l’histoire » auquel le discours de Macron faisait également référence. Lui qui a parlé plusieurs fois du principe de réalité le contredit dans le même discours en annonçant : « A la fin, notre démocratie ne se nourrit que de l’action et de notre capacité à changer le quotidien et le réel ». Changer le réel ? Ces mots sont au plus profond de l’hérésie moderne qui prétend nier la réalité à travers les mots. C’est la folie de l’idéologie du genre que le principe de réalité contredit absolument.

Les Lumières guident ses pas

Ne soyons donc pas étonnés de voir le nouveau président célébrer « la réalité plurielle ». C’est la raison exacte pour laquelle il souhaite un renouvellement qui « scelle le retour du débat que n’aveuglent pas les dogmes » : encore un présupposé maçonnique qui oppose la liberté à la vérité.

Comme Hollande au début de son quinquennat, mais de manière à la fois plus subtile et plus forte, Emmanuel Macron s’inscrit dans la lignée des Lumières et de la Révolution pour en faire le phare programmatique de toute l’action à laquelle il présidera. Cela se lit directement et indirectement dans les mots qui suivent : « Je veux que l’efficacité, la représentativité et la responsabilité fassent émerger clairement et fortement une République contractuelle. La confiance accordée y va de pair avec les comptes qu’on rend. L’action s’y déploie dans un cadre partagé entre le mandataire et le mandant et non au fil des circonstances. C’est cela le sens du contrat social qui fonde la République ».

Au-delà d’un mode de fonctionnement, c’est une référence. Le contrat social est celui par lesquels les hommes sont censés abandonner une part de leur liberté de leur volonté entre les mains de l’Etat, mais pour leur bien. A travers cette vision constructiviste de la politique exprimée dans la pensée de Rousseau, ce sont les droits des familles que l’on peut nier, et comme l’a montré jadis la Terreur, les opposants que l’on peut exclure. De la manière la plus radicale qui soit.

Aviez-vous un doute ? Ecoutez la suite : « Le premier principe doit être la recherche d’une liberté forte. En matière économique, sociale, territoriale, culturelle, notre devoir est d’émanciper nos concitoyens. Je crois à cet esprit des Lumières qui fait que notre objectif à la fin est bien l’autonomie de l’homme libre, conscient et critique ». Voltaire eût applaudi.

Simone Veil : la liberté de choisir sa vie – face à la vie du tout-petit ?

On ne s’étonnera pas dès lors de voir Simone Veil glorifiée par Macron au nom de la liberté et de l’égalité. « C’est le combat pour l’égalité pleine entre les femmes et les hommes. Ce beau combat dont notre pays a perdu il y a quelques jours, quelques jours à peine, une figure essentielle en Madame Simone Veil. La liberté forte, c’est la liberté de choisir sa vie ». Quitte à la choisir contre la vie…

Le nouveau président serait-il séduit par l’idée ultra-socialiste – ou chargé de sa mise en œuvre – du revenu universel ? On peut imaginer lorsqu’il affirme : « Nous devons substituer à l’idée d’aide sociale, à la charité publique, aux dispositifs parcellaires, une vraie politique de l’inclusion de tous. La représentation nationale y trouvera un enjeu, un défi, à sa mesure ».

Il a même trouvé le moyen de rendre cela désirable en empruntant le vocabulaire de ceux qui dénoncent La fortune anonyme et vagabonde : « Ne vous y trompez pas, cette question est la plus profonde, la plus sérieuse qui soit, parce que notre société est aujourd’hui divisée entre les égoïsmes tentés par les sirènes de la mondialisation qui voudraient faire croire qu’on peut réussir à quelques uns, que les nomades en quelque sorte dicteraient leur loi ».

La manière dont on entre dans cette République par le biais du contrat social – rien n’a changé depuis 1789 – c’est par une « appartenance » qui « ne se décrète pas » : « Aussi cette solidarité doit-elle trouver ses formes concrètes. L’école en est le premier creuset, notre université ensuite, nos familles également, notre culture, la langue, l’accès aux savoirs, l’ouverture à des possibles qui nous rassemblent forgent un peuple mais ces solidarités organiques que nous avons mésestimées, c’est aussi ce qui tient notre société et face à la crise morale et de civilisation que nous vivons, nous devons savoir forger à nouveau ces solidarités profondes et un imaginaire puissant et désirable où chacun trouvera sa place ».

L’école, avant la famille ; la famille, perdue au milieu des institutions républicaines chargées de formater le citoyen ; oser alors parler de crise morale et de civilisation fera sans doute réagir favorablement des esprits conservateurs, mais il n’est pas besoin de beaucoup de lucidité pour comprendre que la crise morale à laquelle le président fait référence n’a rien à voir avec celle qui nous saute aux yeux dans la France d’aujourd’hui.

Le discours d’Emmanuel Macron au Congrès : un projet « humaniste »

D’ailleurs, Emmanuel Macron le dit : il faut « redonner sa place à l’intelligence française, (…) faire de notre pays le centre d’un nouveau projet humaniste pour le monde ». Ce projet humaniste – sûre référence à la pensée franc-maçonne – on aurait pu vous le décrire sans qu’Emmanuel Macron se donne la peine de détailler.

Ecoutons-le tout de même : il veut faire de la France « le lieu où l’on concevra, créera une société qui retrouve ses équilibres : la production et la distribution plutôt que l’accumulation par quelques-uns, l’alimentation saine et durable, la finance équitable, le numérique au service de l’homme, la fin de l’exploitation des énergies fossiles et la réduction des émissions, pas parce que c’est à la mode, pas parce que ça ferait plaisir à quelques-uns, parce que c’est ce niveau d’ambition qui a toujours été le nôtre, parce que précisément, c’est quand le quotidien est difficile qu’il faut réconcilier tant de contraires, que tout nous pousse si nous n’écoutons que les égoïsmes du quotidien, ou le court terme, à ne pas faire que nous devons, aller de l’avant, regarder un cap, le fixer et le porter pour le monde parce que c’est cela la vocation de la France ! »

S’il est vrai qu’ici le président-acteur sombre dans le charabia d’un texte un peu trop alambiqué, retenez bien : il s’agit bien de redistribuer les richesses d’une manière nouvelle, de renforcer le contrôle sur la finance (cela se fait par le biais des banques centrales), de se soumettre sans réserve au dogme de la malignité des énergies fossiles. Tout cela n’est pas si éloigné de Laudato si’. C’est aussi très exactement le discours que l’on entend au Forum économique mondial. La France serait-elle donc chargée de prendre la tête de ce mouvement vers un mondialisme socialisé ? Pour la fille aînée de l’Eglise, quelle déchéance !

Avec un tel programme, Emmanuel Macron peut se permettre de faire plaisir à ceux que la politique étrangère du jour à l’égard du Proche-Orient, de la Russie et d’ailleurs irrite. Comment lui donner tort lorsque, faisant sans doute référence à la Libye, voire l’Irak, il déclare : « Je ne vous proposerai pas dans ce cadre de nous substituer à d’autres peuples parce que nous voudrions ailleurs imposer nos principes ou nos valeurs car je ne veux pas qu’apparaissent de nouveaux Etats faillis ».

Le président Macron veut prendre la tête de la nouvelle globalisation

Mais n’allez pas croire que la France va se désengager des bourbiers de l’interventionnisme mondial : « Dans les années à venir, le rôle de la France sera de défendre la sécurité, l’égalité face aux excès, les libertés, la planète face au réchauffement climatique, tout ce qui constitue notre bien commun universel et qui aujourd’hui dans trop d’endroits est remis en cause. Des régimes autoritaires réussissent dans l’économie de marché. Des démocraties que nous croyions hier des alliés de toujours menacent l’ordre international, se mettent à douter de ses propres règles. Notre vocation, notre rôle aujourd’hui, c’est précisément, plus encore qu’hier, de les rappeler, de les porter, de les faire, de les tenir. Ce sera cela mon cap, notre cap et aucun autre ».

Ayant si bien parlé de la France et de sa souveraineté au début de son discours, voici d’ailleurs que le nouveau président réclame davantage d’Europe :

« Pour réussir à tenir ce cap, nous avons besoin d’une Europe plus forte et refondée. Plus que jamais, nous avons besoin de l’Europe. Or, là aussi, plus que jamais sans doute elle est affaiblie par les divisions, par le doute qui s’est installé dans notre peuple. Pourtant, l’Europe est chez nous autant que nous sommes en Europe. Parce qu’il est impossible de penser notre destinée continentale autrement qu’au travers du projet européen. L’Europe, l’Europe, c’est nous. C’est un projet de paix, de liberté, de progrès, qui a été pensé et agi avec courage par les générations qui nous ont précédés et avaient vécu la guerre. Nous voudrions aujourd’hui oublier tout cela ! Considérer que face aux divisions, face au Brexit et à tant de soubresauts de l’Histoire, la réponse serait dans une diminution encore supplémentaire, dans une forme d’abandon, dans un bégaiement de l’Histoire. Négliger l’Europe, s’habituer à la concilier, à en faire le coupable de tous nos maux, c’est trahir ces générations qui nous ont précédés. C’est trahir ce qui fait qu’aujourd’hui, là où nous sommes, nous pouvons librement débattre de l’Europe, pour l’aimer ou pas ».

Sans l’ombre d’une hésitation, ce même Macron qui se dit mû par « le simple amour de la patrie » l’affirme : « C’est pourquoi, il revient à une génération nouvelle de dirigeants de reprendre l’idée européenne à son origine, qui est politique dans son essence, une association volontaire réaliste et ambitieuse d’Etats décidés à faire prévaloir des politiques utiles en matière de circulation des personnes et des biens et notamment de la jeunesse, en matière de sécurité, en matière monétaire et fiscale, mais aussi en matière politique, culturelle ».

Rien n’y échappera, à cette Europe : ayant bellement rappelé ce qui la rassemble – hormis toutefois la foi chrétienne – il l’appelle à réaliser la transition écologique et même une « défense plus européenne en cours d’édification ». Une seule armée ?

Surprise, le président Macron va jusqu’à citer de nouveau – comme il l’avait fait devant le World Wildlife Fund – Simone Weil, la grande, la philosophe, en citant son appel à « l’effectivité ». Il explique : « C’est-à-dire l’application concrète, tangible, visible des principes qui nous guident. Le refus d’être pris en défaut, et de clamer des principes dont nous ne poursuivons pas sans relâche l’application. Le principe d’effectivité, c’est pour vous, pour moi, pour le gouvernement, de ne jamais cesser de se demander si nous sommes en pratique fidèles à nos principes, c’est-à-dire d’abord à la liberté, l’égalité, la fraternité ».

Comme quoi, des principes intangibles, il y en a tout de même. On peut se dire opposé au dogme en affirmant le dogme de la liberté, il n’y a rien là que de très classique en matière révolutionnaire. Mais que la matière soit révolutionnaire, et même révolutionnaire comme elle ne l’a jamais été, comme nous le montre le bouleversement total qui affecte aujourd’hui le principe d’identité lui-même, cela ne fait aucun doute.

Ce sont les mots par lesquels Emmanuel Macron a mis fin à son discours : « Ce que nous avons à accomplir, c’est une véritable révolution ».

Nous aurons été avertis.

Le simulacre de Washington D.C. qui entretient le simulacre de nos propres jugements

“ Ce qui se passe aux USA est quelque chose qui n’a jamais été approché dans quelque circonstance que ce soit du point de vue du désord...