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mardi 27 juin 2017

Migrants : «la solidarité est louable mais pas à n'importe quel prix et dans n'importe quelle condition».

«L'essentiel c'est qu'il aille au bout de son rêve d'Angleterre et, après, on verra.» À la barre du tribunal ce mardi, la Calaisienne a assumé: «si c'était à refaire, pour Mokhtar, je le referais.» conclu Esther Paolini pour Le Figaro (lire l’article ci-dessous).

Cela s’appelle de l’affectivisme, une faiblesse psychologique qui perturbe la raison et peut, dans certains cas, mettre la personne en danger en la fourvoyant dans une impasse existentielle. Se libérer d’un extrême pour plonger dans un autre, ce n’est que trop humain. C’est pourquoi il existe ce qu’on appelle des valeurs de civilisation construites dans la durée de l’Histoire et qui permettent, lorsqu’elles sont bien comprises (donc bien enseignées et transmises), d’éviter ce genre de piège. Ceux qui détruisent, aujourd’hui, ces valeurs historiques en leur substituant des valeurs progressistes sociétales uniquement fondées sur la frustration  qui provoque l’affectivisme sont les vrais passeurs et c’est eux qui devraient être condamnés par la justice dans le respect de la loi.

Bonne lecture

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Un an de prison requis contre l'ex-militante FN jugée comme passeuse de migrants

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VIDÉO - Béatrice Huret était jugée ce mardi par le tribunal de Boulogne-sur-Mer pour «aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irréguliers d'un étranger en France en bande organisée» et «mise en danger de la vie d'autrui». Elle assure n'avoir agi que dans l'intérêt de son compagnon, un migrant iranien rencontré dans la «jungle» de Calais.
«Je me doutais bien que ce que j'avais fait n'était pas très légal, même si c'était parfaitement moral, seule chose qui m'importait.» C'est avec ces mots que Béatrice Huret décrit, dans Calais mon amour*, l'acte pour lequel elle a été jugée ce mardi au tribunal de Boulogne-sur-Mer: avoir accueilli et aidé son compagnon Mokhtar, un migrant iranien rencontré dans la «jungle» de Calais, à rejoindre l'Angleterre en juin 2016. Une action pour laquelle le ministère public a requis un an de prison avec sursis.

Tout en soulignant le fait que Béatrice Huret n'avait touché «aucune rémunération» lors de l'organisation de la traversée de la Manche, la procureure, Camille Gourlin a estimé que «la solidarité est louable mais pas à n'importe quel prix et dans n'importe quelle condition». Une solidarité qui contraste avec son passé de militante Front national.
Jusqu'en 2010, «Béa» mène une vie sans saveur dans un pavillon de Wierre-Effroy, un village d'un millier d'habitants dans le Pas-de-Calais.

La quadragénaire aux cheveux sombres est mariée depuis vingt ans à un gardien de la police aux frontières. Tandis que celui qu'elle surnomme «Licence IV», en référence à sa consommation d'alcool, rentre tard à la maison, elle «trime en cuisine», «docile» et s'occupe de leur fils unique. Passive, elle a suivi son mari dans son engagement pour l'extrême droite et s'est encartée au FN en 1995: «rien d'anormal pour [des] habitant[s] du Nord-Pas-de-Calais: pas vraiment raciste[s], mais franchement inquiet[s]: tous ces étrangers, si différents, qui déferlaient sur la France...». Pas seulement militante, elle est sur la liste du parti d'extrême droite aux élections municipales de 2008 à Boulogne-sur-Mer. Deux ans avant le décès de son mari, mort d'un cancer foudroyant. «Voilà, c'est fini», se dit-elle.

Un no man's «Lande» surpeuplé

La voilà surtout libérée de l'emprise de son époux. L'aide-soignante regarde alors la société d'un œil neuf. Elle sort davantage, se fait ses propres amis. L'ex-femme de flic participe à des collectes des Restos du cœur et s'émancipe «des idées de son mari, ses a priori racistes, ses préjugés et ses solutions radicales.»

Sur la route la menant à son domicile, un soir de février 2015, Béatrice Hurret prend en stop un mineur sur le bas-côté de la route: «The jungle, please?». Elle l'y conduit et découvre une réalité qu'elle ne regardait que de loin: «un no man's “Lande” surpeuplé». Dans ce camp qui baigne dans la boue, elle participe à des dons de vêtements et de nourriture.

Hyperactive, la Calaisienne s'investit, rejoint des groupes sur les réseaux sociaux, participe à des manifestations. La cause prend de la place, un peu trop même selon ses proches. Un jour, son fils l'interpelle: «Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop, pour la jungle, là?»

Mokhtar et les bouches cousues

En mars 2016, la situation dans la Jungle de Calais se fait de plus en plus critique. Neuf Iraniens se cousent la bouche devant les caméras pour dénoncer le non-respect des droits de l'homme dans le camp.
Parmi eux, il y a Mokhtar, 36 ans, professeur de persan qui a fui les persécutions du régime de Téhéran. Sa rencontre avec lui est comme «un flash, se souvient l'aide-soignante. Une sensation physique, le corps pris. Un coup de foudre.» Après quelques semaines, elle le recueille chez elle avec un autre migrant iranien. 

Mokhtar et Béatrice tombent amoureux. Mais comme la plupart des migrants de la «jungle» de Calais, lui n'a qu'une envie: rejoindre l'Angleterre. Avec l'aide d'autres volontaires, le couple échafaude une traversée de la Manche. Ils conviennent de quitter la France depuis une une petite crique isolée, à quelques kilomètres de Calais. Béatrice fait des recherches sur Leboncoin, et accompagne Mokhtar se procurer un Zodiac chez un habitant d'une commune voisine.

Un soir de juin, seulement trois mois après leur rencontre, il part avec deux autres migrants à bord du maigre bateau pneumatique. «J'ai regardé l'homme que j'aimais et ses deux compagnons d'infortune s'éloigner en me disant: “C'est foutu”, explique-t-elle alors. Morte d'inquiétude, Béatrice boit des litres de café entre deux cigarettes. Au petit matin, elle apprendra qu'ils ont été secourus in extremis par les gardes côtiers du port d'Hastings, de l'autre côté.

«Je n'ai rien à voir avec les passeurs»

Depuis, leur histoire se construit à l'aide de Google traduction, de Messenger Facebook et d'allers-retours coûteux en ferry. Mais en août 2016, la police met Béatrice en garde à vue. Celle qui se définit comme une «ex-facho» est arrêtée pour «aide au séjour irrégulier d'un étranger en France, en bande organisée» et risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende. De son passé de militante frontiste, il ne reste plus rien: «Ce que m'aura appris la jungle, au-delà de Mokhtar, c'est que sans engagement, il n'y a pas de vie, ou une pauvre vie.»

Mokhtar a depuis obtenu son Resident Permit-Refugee, dispose d'un permis de travail de cinq ans et vit dans un foyer à Sheffield, dans le centre de l'Angleterre. Placée sous contrôle judiciaire depuis août, le sort de Béatrice est donc entre les mains du tribunal de Boulogne-sur-Mer.
Elle s'insurge contre l'accusation d'être une «passeuse»: «le terme de passeur me dérange énormément. On ne peut pas me comparer à eux, je n'ai rien à voir avec ces gens-là. Eux se sont fait de l'argent sur le dos des migrants, moi j'en dépense tous les jours pour lui!» Toutes les deux semaines, Béatrice parcourt plus de 450 kilomètres pour rendre visite à Mokhtar: «L'essentiel c'est qu'il aille au bout de son rêve d'Angleterre et, après, on verra.» À la barre du tribunal ce mardi, la Calaisienne a assumé: «si c'était à refaire, pour Mokhtar, je le referais.»

*Béatrice Huret avec Catherine Siguret, Calais mon amour, Kero, 2017, Paris.

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