lundi 26 juin 2017

Malgré l’absence de preuves dans le Russiagate, pourquoi Trump doit-il être écrasé, humilié et exilé ? (WSWS)



« Trump n’est pas attaqué à cause de son agenda politique réactionnaire, mais parce qu’il a été jugé insuffisamment hostile à l’ennemi juré de Washington, la Russie. Il s’agit de la Russie. Trump voulait « normaliser » les relations avec Moscou. Cela l’opposait au puissant establishment de politique étrangère des États-Unis. Maintenant, Trump doit recevoir une leçon. Il doit être écrasé, humilié et exilé. Et c’est probablement la façon dont cela finira » écrit Patrick Martin sur WSWS (en version française sur Le Saker) en guise de conclusion à une très intéressante analyse du rôle de l’ex-chef du FBI, Comey, dans le russiagate. 
 
Je ne suis pas totalement convaincu que ce soit LA raison majeure des ennemis de Trump qui veulent l’éliminer car il y a aussi un égrégore qui dépasse tout ce beau monde et qui a à voir avec l’Histoire qui se fiche pas mal des querelles entre pauvres humains que nous sommes. 

Bonne lecture

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Les mensonges par omission de Comey


Les mensonges par omission de Comey "Les démocrates ne combattent pas Trump pour son assaut sur les soins de santé, ses attaques contre les immigrants, son harcèlement militariste à travers le monde, ou même son statut de président minoritaire qui ne peut revendiquer aucun mandat après avoir perdu le vote populaire. Au lieu de cela, ils ont choisi d'attaquer Trump, le président le plus à droite de l'histoire des États-Unis, à partir de la droite, le dénonçant comme étant insuffisamment engagé dans une confrontation militaire avec la Russie ".

Patrick Martin, "Les Russes arrivent! Les Russes arrivent ", World Socialist Web Site


Par Mike Whithney – Le 14 juin 2017 – Source CounterPunch

http://lesakerfrancophone.fr/les-mensonges-par-omission-de-comey

Non ! Donald Trump n’est pas la cible d’une enquête du FBI, il n’a jamais été la cible d’une enquête du FBI.

Le FBI ne fait pas d’enquête sur Trump pour collusion, relations inappropriées avec un gouvernement étranger, trahison ou autres choses ridicules dont il a été faussement accusé dans les faux médias. En fait, le FBI n’enquête pas du tout sur lui.

La semaine dernière, l’ancien directeur du FBI James Comey a admis publiquement ce qu’il savait depuis toujours : Trump n’était pas un suspect dans l’enquête sur le piratage par la Russie et il ne l’a jamais été. Voici l’histoire vue par Politico :

« Comey a assuré Trump qu’il n’était pas l’objet d’une enquête lors de sa première réunion. Il a dit qu’il avait discuté avec les dirigeants du FBI avant sa rencontre avec le président élu, pour savoir s’il fallait divulguer qu’il n’était pas personnellement concerné par l’enquête. « C’était vrai; nous n’avions pas de cas ouvert de contre-espionnage « , a déclaré Comey. » (Politico)

Alors, il n’y avait pas de contre-interrogatoire sur Trump ? Il n’y a pas eu d’enquête sur la collusion avec la Russie ?

Mais comment est-ce possible ? Après tout, Trump a été surveillé et harcelé par les médias depuis le premier jour. Ses nominations ont été bloquées, son agenda politique a été saboté et les résultats des élections de 2016 ont été effectivement abrogés en raison des attaques implacables des médias, des élites politiques et des leaders de haut niveau dans la communauté du renseignement. Maintenant, Comey admet que Trump n’est coupable de rien, il n’est même pas suspect.

Que se passe t-il ici ? Pourquoi Comey n’a-t-il pas nettoyé l’atmosphère plus tôt, pour que les Américains sachent que leur président n’était pas au lit avec une puissance étrangère ? Pourquoi a-t-il permis à cette farce de continuer, quand il savait qu’il n’y avait aucune substance aux allégations ? Avait-il envie de voir Trump plier sous le vent ou y avait-il un autre motif « politique » plus sinistre, derrière son omission ?

Trump a demandé à plusieurs reprises à Comey d’annoncer qu’il n’était pas soumis à l’enquête. Selon Comey, Trump « a souligné les problèmes que cela lui causait » et (Trump) a déclaré « Nous devons éclaircir le fait« . Mais Comey a refusé à maintes reprises de reconnaître publiquement la vérité. Pourquoi ?

Comey n’a jamais répondu à Trump sur ce sujet, mais il a expliqué son raisonnement au Comité du renseignement du Sénat la semaine dernière. Il a dit qu’il ne voulait pas annoncer que Trump ne faisait pas partie de l’enquête du Bureau sur le Russiagate, parce que « cela créerait un devoir de correction, si cela devait changer« .

Un « devoir de correction » ? Vous plaisantez j’espère ? Quel genre de réponse à la con est-ce là ? Combien d’heures de brainstorming juridique a-t-il fallu pour arriver à cette excuse de faux-cul ?

Disons le clairement : Comey voulait maintenir le nuage de suspicion qui enveloppe Trump, parce que cela aidait à nourrir la perception qu’il était un traître qui a collaboré avec la Russie pour gagner l’élection. En restant silencieux, Comey a contribué à alimenter l’hystérie publique et à renforcer la conviction que Trump était coupable d’actes criminels fautifs. C’est pourquoi Comey n’a jamais parlé avant, c’est parce que son silence provoquait déjà le résultat qu’il cherchait, et qui devait infliger autant de dégâts que possible à Trump et à son administration.

Saviez-vous que Comey espionnait Trump depuis le premier jour ?

C’est vrai, il l’a admis lui-même. Après sa première rencontre avec Trump le 6 janvier, il a commencé à enregistrer le contenu de ses conversations privées avec le président élu sur un ordinateur portable du FBI sécurisé, dans sa voiture à l’extérieur de la Trump Tower. Il n’a même pas attendu d’être revenu au bureau, il l’a fait sur une foutue place de parking. C’est ce qui s’appelle être « motivé« . Dans son témoignage, il a admis qu’il tenait des notes de ses rencontres privées avec Trump « à partir de ce moment là ».

Cela ressemble-t-il aux activités normales d’un fonctionnaire public dévoué, agissant au nom du gouvernement élu, ou cela ressemble-t-il à quelqu’un qui a l’obligation de déterrer autant de saleté que possible contre la cible d’une campagne politique de dénigrement?

N’est-ce pas ce que Comey voulait vraiment ?

Comey est un homme sans intégrité. Le saviez-vous ?

Il est applaudi dans les médias et par ses autres copains de l’establishment, parce qu’il est un sycophante sans principes, qui obéit aux directives de ceux qui le paient. Jetez un œil sur cet extrait d’un rapport de l’ACLU sur Comey :

« Il y a un très gros problème à décrire Comey comme une sorte de libertaire civil, car certains faits suggèrent le contraire. Bien que Comey mérite le crédit d’avoir arrêté un programme d’espionnage illégal de manière dramatique, il a également approuvé ou défendu certains des pires abus de l’administration Bush, pendant son mandat en tant que procureur général adjoint. Ceux-ci incluaient la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat et la détention illimitée. Le 30 décembre 2004, un mémo adressé à James Comey a remplacé la note infâme qui définissait la torture comme une douleur « équivalente en intensité à la douleur accompagnant des blessures graves, telles que la faillite des organes ». Le mémo à Comey semblait renoncer à la torture, mais n’a rien fait de tel. La phrase clé est cachée à l’opinion dans la note de bas de page 8. Il conclut que le nouveau mémo de Comey n’a pas changé les autorisations de tactique d’interrogatoire décrite dans les notes antérieures. En bref, le mémo que Comey a approuvé, donnait son aval à la simulation de noyade, aux projections contre les murs et autres formes de torture – toutes en violations du droit national et international. […] Ensuite, il y a des écoutes téléphoniques sans mandat. […] »
Extrait de « Examinons les enregistrements des années Bush de James Comey, avant qu’il ne devienne directeur du FBI « , ACLU

Répétez :

« Il a approuvé ou défendu certains des pires abus de l’administration Bush (y compris) la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat et la détention illimitée.«

Comment cela cadre-t-il avec la représentation de Comey par les médias comme un homme honorable d’une intégrité inébranlable ? Cela ne colle pas du tout, n’est-ce pas ? Les médias mentent, c’est évident.

Maintenant, demandez-vous ceci : peut-on faire confiance à un homme qui a avalisé la torture par simulation de noyade ? Non, on ne lui fait pas confiance, parce qu’il s’est avéré lui-même comme intrinsèquement immoral.

Un homme comme Comey utiliserait-il sa position et son autorité pour essayer de « réparer » le dommage qu’il a causé avant les élections, lorsqu’il a annoncé que le FBI réouvrait son enquête sur Hillary Clinton ? En d’autres termes, a-t-on fait chanter Comey pour qu’il rassemble du matériel illicite sur Trump ?

Je pense que c’est très probable, bien que totalement impossible à prouver. Même ainsi, Comey a été trop empressé à cibler Trump pour des choses dont il n’est pas coupable. Pourquoi a-t-il été tellement motivé ? Est-ce qu’il se protégeait simplement comme il l’avait dit ou était-il en train de recueillir des informations pour construire une affaire judiciaire contre Trump ?

Dans mon esprit, Comey a montré son jeu quand il a dit qu’il a divulgué aux médias le mémo de sa conversation privée avec Trump, afin de précipiter la nomination d’un procureur spécial. Réfléchissez un peu. Voici ce qu’il a dit :

« Mon jugement était que j’avais besoin d’aller sur la place publique. J’ai donc demandé à l’un de mes amis de partager le contenu du mémo avec un journaliste. Je ne l’ai pas fait moi-même pour diverses raisons, mais je l’ai demandé parce que je pensais que cela pourrait inciter à la nomination d’un procureur spécial, alors j’ai demandé à un ami proche de le faire. «

Écoutez Comey. L’homme reconnaît ouvertement que la fuite du mémo faisait partie d’une stratégie politique très clairement définie pour forcer la nomination d’un procureur spécial. C’était l’objectif politique du départ. Il n’essaie même pas de le cacher. Il ne s’efforçait pas de se protéger du « méchant Trump« . C’est bidon ! Il a jeté les bases d’une enquête massive et étendue sur tout et sur quiconque a été en rapport, même à distance, avec l’équipe Trump, une expédition de pêche gigantesque visant à abattre Trump et ses alliés les plus proches. Voilà ce à quoi s’est attelé Comey. Mais son plan n’a pas fonctionné, n’est-ce-pas, parce que le «mémo fuité» n’a pas conduit à la nomination du procureur spécial. Au lieu de cela, quelqu’un a dû murmurer à l’oreille de Trump qu’il devait virer Comey et, ah ha, cela a suffi. En d’autres termes, le procureur général adjoint Rod Rosenberg a dû intervenir et donner à Comey sa lettre de licenciement avant que les médias ne puissent crier «obstruction», créant ainsi l’occasion idéale de nommer « le tueur à gages » Robert Mueller en tant que conseiller spécial. Maintenant que la partie est lancée, Comey peut se contenter d’une sinécure confortable, dans l’un des nombreux groupes de réflexion de Washington, tandis que Mueller réunit son équipe de procureurs superstars pour lancer leur première razzia sur la Maison Blanche.

Celui qui a écrit ce script mérite un Oscar. C’est vraiment un théâtre politique de premier ordre. Maintenant, il appartient à Mueller de prouver que Trump a essayé d’entraver l’enquête en demandant à Comey de mettre la pédale douce sur l’ancien conseiller en sécurité nationale, le général Michael Flynn. (Selon Comey, Trump aurait déclaré : « J’espère que vous pourrez voir clairement qu’il faudrait laisser courir cela, laisser Flynn aller. C’est un bon gars. J’espère que vous pouvez laisser tomber. ») Cela pourrait sembler une obstruction, mais il y a de vrais problèmes avec ce type de poursuites, en particulier le fait que Trump conteste les allégations. De plus, Comey a reconnu que Trump avait exprimé son soutien aux objectifs généraux de l’enquête lorsqu’il a déclaré : « Si mes associés satellites avaient fait quelque chose de mal, il serait bon de le constater. »

De toute évidence, Trump n’a pas essayé d’entraver l’enquête. Mais même dans ce cas, c’est un domaine particulièrement obscur de la loi et difficile à prouver. Voici un court extrait d’un article du professeur Jonathan Turley, de l’Université George Washington, qui aide à clarifier ce point :

« Le désir d’une infraction, ou d’un crime entraînant la destitution, imputable au président Trump a déformé l’analyse légale à un degré alarmant. Les analystes semblent trop ravis de la possibilité d’un crime commis par Trump. Le fait juridique est que le témoignage de Comey n’établit pas une preuve prima facie – voire même forte – pour l’obstruction. Certes, si Trump a fait ces commentaires, sa conduite est largement inappropriée. Cependant, parler comme Tony Soprano ne fait pas de vous Tony Soprano […] Le crime d’entrave à la justice n’a pas été défini aussi largement que suggéré par les commentateurs […] Le simple fait que Trump a demandé de parler à Comey seul n’entraînerait pas le président vers l’obstruction . […] Ce serait une interprétation très dangereuse de permettre des accusations d’obstruction à ce stade. Si les procureurs pouvaient charger des personnes à l’étape de l’enquête, un large éventail de commentaires ou de comportements pourrait être criminalisé. Il est assez courant que de tels problèmes se posent tôt, dans les affaires criminelles. Les tribunaux ont limité le crime, précisément pour éviter ce type de crime ouvert, où les procureurs pourraient menacer les témoins potentiels avec des accusations, à moins qu’ils ne coopèrent.

Nous ne mettons pas en accusation les gens et nous ne les destituons pas parce qu’ils sont débiles ou pas finauds […] ou tout simplement parce qu’ils sont comme Donald Trump. «
Extrait de « Le témoignage de James Comey ne fait pas l’objet d’une mise en accusation ou d’une obstruction contre Donald Trump« , USA Today.

Le fait que la charge d’obstruction ne colle pas n’empêchera pas Mueller de fouiller partout et de faire un enfer vivant de la vie de Trump. Fichtre non ! Il va creuser dans ses anciens enregistrements téléphoniques, ses comptes bancaires, ses déclarations de revenus, ses affaire immobilières douteuses, ses ex-amies, tout ce qu’il faut. Ses tentacules s’étendront dans tous les aspects de la vie et des affaires privées de Trump, jusqu’à ce qu’il se bloque sur un incident particulièrement sordide ou une transaction qu’il peut utiliser pour disgracier, discréditer et diaboliser Trump, au point que les procès de destitution sembleront accueillis avec soulagement. Il devrait être évident à l’heure actuelle, que les élites profondes de l’État qui ont lancé ce coup ne seront pas satisfaites jusqu’à ce que Trump soit viré de son bureau et que les résultats de l’élection présidentielle de 2016 soient effacés.

Mais pourquoi ? Pourquoi Trump est-il tellement détesté par ces personnes ?

Trump n’est pas attaqué à cause de son agenda politique réactionnaire, mais parce qu’il a été jugé insuffisamment hostile à l’ennemi juré de Washington, la Russie. Il s’agit de la Russie. Trump voulait « normaliser » les relations avec Moscou. Cela l’opposait au puissant establishment de politique étrangère des États-Unis. Maintenant, Trump doit recevoir une leçon. Il doit être écrasé, humilié et exilé. Et c’est probablement la façon dont cela finira.

Mike Withney vit dans l’état de Washington. Il est contributeur à Hopeless : Barack Obama et The Politics of Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être contacté à fergiewhitney@msn.com.

Traduit par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone.

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