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vendredi 30 juin 2017

Macron, Morin et la pensée complexe : pour nous soumettre au totalitarisme qui vient



« Macron se peint aux couleurs de la réalité qu’il entend construire : européiste et en même temps gaullien d’apparence, ancien et en même temps moderne, Français et en même temps ouvert à l’invasion migratoire, etc. Il a fait le choix du non choix, celui de la multi-appartenance et du refus de l’exclusion. Y compris en matière logique. Lui qui a horreur de la contradiction a aussi horreur du principe de non contradiction. A et non A peuvent être vraies ensemble. Et aussi de celui du tiers exclu. Il y a une vérité M (comme Macron) qui est vraie en dehors de A et non A. Tant qu’à faire d’ailleurs, il se débarrassera un jour du principe d’identité. Est-on vraiment sûr que A soit A ? Non : il n’y a pas de culture française, pas d’identité française. Macron, Morin, la pensée complexe, c’est le tour de passe-passe logomachique par lequel on efface l’identité, l’histoire, les mots que l’on connaît, les raisonnements qui nous accompagnent depuis 2300 ans, pour nous soumettre, désorientés, charmés pour quelques uns, au totalitarisme qui vient. » écrit Pauline Mille en conclusion d'un article à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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Pensée complexe au congrès : Macron, élève de Morin, ou la mort d’Aristote

Par Pauline Mille, reinformation.tv, le 30 juin 2017 15 h 15 min·


Pour l’entourage d’Emmanuel Macron, si celui-ci a choisi de parler au Congrès, c’est que sa pensée est trop complexe pour passer en conférence de presse. Son fameux « et en même temps » en fait un élève d’Edgar Morin, un adepte de la pensée complexe qui aboutit à la mort de la logique d’Aristote. Et à la nôtre.

Versailles, six cent mille euros pour un congrès : certains jugent Macron aussi ruineux que la Pompadour. D’autres le voient aussi solennel que Louis XIV. Et cette façon de prendre la parole juste avant Edouard Philippe : les troisièmes le jugent le président encore plus méprisant que François Mitterrand. Quant aux quatrièmes, ils regardent de l’autre côté de l’Atlantique : il n’est pas dans la tradition de la république française, même quand elle est perçue comme une monarchie, que le président vienne s’exprimer devant le Congrès. Il peut y faire lire une adresse, et basta. Le discours d’Emmanuel Macron au Congrès rappelle celui que prononce chaque année le président américain sur l’Etat de l’Union. Après le quinquennat et les primaires, c’est une nouvelle marque de l’américanisation de notre vie politique.

La pensée complexe de Macron dépasse les journalistes

Eh bien, selon l’entourage d’Emmanuel Macron, ces quatre interprétations sont fausses, ou du moins secondaires. Si Jupiter s’adresse lundi à la nation par l’intermédiaire des parlementaires réunis en congrès à Versailles, c’est, comme il s’en est ouvert à notre confrère Le Monde, que « à l’Elysée, on fait valoir que la « pensée complexe » du président se prête mal au jeu des questions réponses avec des journalistes ». Parbleu : le ping-pong auquel se livrent ces esprits binaires exige des réponses simplettes, par oui ou par non. Du genre, étiez-vous avec François Hollande quand celui-ci fut à l’origine des comptes insincères que la cour des comptes relève et que le premier ministre Edouard Philippe déplore ? Formé au jeu subtil du ni oui ni non par sa prof de français préférée, Emmanuel Macron était ministre et en même temps il déplore : le Congrès se tourne vers l’avenir. La politique est aussi complexe que la pensée présidentielle est habile à filer comme l’anguille.

Du débat au Congrès, le triomphe du « Et en même temps »

Dès le premier débat présidentiel, les téléspectateurs ont pu admirer le « et en même temps », cette fleur de rhétorique caractéristique de la pensée de Macron, qui lui permettait de se trouver d’accord à la fois avec Fillon et avec Mélenchon. C’est lui qui rassemble aujourd’hui au gouvernement et la droite et la gauche et le centre. C’est lui qui régit l’attribution à l’assemblée des postes de questeurs, dont l’un revient à Thierry Solère qui fut organisateur de la primaire à droite, et en même temps partisan de Juppé, revenu à Fillon in extremis, rallié à Macron, LR constructif, décidé à voter la confiance. Bref, un des produits type et quasiment miraculeux de la mutation Macron, du rajeunissement Macron, le passé est mort avec ses vieilles logiques : il est dans la majorité et en même temps dans l’opposition.

Edgar Morin, pape de la pensée complexe

Tout cela est parfaitement clair et ne nécessite aucun commentaire. Mais l’Elysée ayant revendiqué le terme « pensée complexe », il convient de dire quelques mots d’Edgar Morin, qui est le propriétaire dépositaire de la marque, puisqu’il préside l’association pour la pensée complexe, et qu’il a écrit à ce sujet une flopée de bouquins, La nature de la nature, La vie de la vie, La connaissance de la connaissance, L’humanité de l’humanité, et d’autres tout aussi drolatiques que je laisse au lecteur le soin de découvrir. C’est peut-être lui qui a fait le lien entre Macron et Nicolas Hulot, puisqu’il a écrit en 2007 L’An I de l’ère écologique : la Terre dépend de l’homme qui dépend de la Terre, où il dialoguait avec l’actuel ministre de l’environnement.

Morin décrète la mort de la logique d’Aristote

Edgar Morin est un gros poisson du mondialisme. C’est lui l’inventeur du patriotisme planétaire. Il est docteur honoris causa d’une cinquantaine d’universités. Il a fondé en 2012 avec Hessel et Rocard le Collectif Roosevelt contre le crime contre la nature et l’avenir de l’humanité.

Pourtant, le pape de la pensée complexe a commencé petit. Fils d’un commerçant juif de Salonique, se définissant comme « néo-marrane », longtemps communiste pur et dur, il s’est illustré par de l’ethnographie en Bretagne et des articles dans le Monde sur les Yé-yés avant de devenir grande conscience globale après un passage en Californie voilà quarante cinq ans. Aujourd’hui il est holiste, transhumaniste, considère le monothéisme comme un fléau de l’humanité. Il prône une « politique de civilisation » pour sortir de « la préhistoire de l’esprit humain ». Pour cela il préconise une pensée en boucle où tout est dans tout, relié à tout et réagissant sur tout, et où rien n’exclut rien : c’est la fin du principe de non contradiction d’Aristote, c’est le « et en même temps » d’Emmanuel Macron.

Macron, élève appliqué de Morin, construit sa réalité

Toutes les admiratrices de Macron conviendront que celui-ci a quelque chose d’Alexandre, ce jeune âge parvenu aux honneurs, cette promptitude dans la victoire, etc. : eh bien, de même qu’Alexandre fut l’élève d’Aristote, Macron est celui de Morin. Il l’est jusque dans le principe qui engendre la pensée complexe. Morin se veut « constructiviste », il parle de « la collaboration du monde extérieur et de notre esprit pour construire la réalité ». On comprend l’importance des symboles dans une telle démarche, qui est aussi celle de Macron lorsque, par exemple, il compose sa photo officielle de président, aussi étudiée et aussi parlante que les représentations du roi soleil. On le voit à l’Elysée, à l’intérieur, et en même temps la fenêtre ouverte, décontracté et en même temps olympien, à côté de ses portables et en même temps de Stendhal, à côté du drapeau français et en même temps du drapeau européen.

La pensée complexe contre l’identité

Macron se peint aux couleurs de la réalité qu’il entend construire : européiste et en même temps gaullien d’apparence, ancien et en même temps moderne, Français et en même temps ouvert à l’invasion migratoire, etc. Il a fait le choix du non choix, celui de la multi-appartenance et du refus de l’exclusion. Y compris en matière logique. Lui qui a horreur de la contradiction a aussi horreur du principe de non contradiction. A et non A peuvent être vraies ensemble. Et aussi de celui du tiers exclu. Il y a une vérité M (comme Macron) qui est vraie en dehors de A et non A. Tant qu’à faire d’ailleurs, il se débarrassera un jour du principe d’identité. Est-on vraiment sûr que A soit A ? Non : il n’y a pas de culture française, pas d’identité française. Macron, Morin, la pensée complexe, c’est le tour de passe-passe logomachique par lequel on efface l’identité, l’histoire, les mots que l’on connaît, les raisonnements qui nous accompagnent depuis 2300 ans, pour nous soumettre, désorientés, charmés pour quelques uns, au totalitarisme qui vient.

Pauline Mille

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