dimanche 18 juin 2017

La fin du pétro-dollar et le retour de l’étalon or



Dans monarticle précédent, je cite Pépé Escobar qui explique pourquoi « l’avenir – inexorablement – est au commerce d’énergie non pas en pétrodollars mais en yuans, qui sont convertibles en or. » 

Je vous propose maintenant la lecture d’un article de Byron King - La prochaine étape de laChine pour détruire le dollar - mis en ligne dans sa version française le 31 Mai 2017 (Source dailyreckoning.com) sur le sakerfrancophone.fr. Dans cet article, Byron King explique comment la Chine contraint l’Arabie Saoudite de lui vendre son pétrole en yuans et c’est très simple :


«  Comme la Chine importe de plus en plus de pétrole, l’idée de payer ce pétrole en yuans plutôt qu’en dollars devient plus critique. La Chine ne veut plus utiliser de dollars pour acheter du pétrole. Ainsi, la Chine commence à faire pression sur les Saoudiens à propos de la monnaie utilisée pour ses achats de pétrole. Elle le fait en réduisant régulièrement ses achats de pétrole en provenance d’Arabie Saoudite… Au cours des dernières années, la Chine a baissé ses achats de pétrole en provenance d’Arabie saoudite et les exportations pétrolières russes sont passées de 5% à 15% du total chinois. La Chine importe plus de pétrole en provenance de Russie, d’Iran, d’Irak et d’Oman et moins d’Arabie saoudite.»

Il est donc facile de comprendre pourquoi, du point de vu de l’Arabie Saoudite et des Etats-Unis, les vrais terroristes, ceux qui veulent tuer le dollar US, sont la Russie, la Chine mais aussi l’Iran d’où cette attaque contre le Qatar - qui partage le plus grand champ gazier du monde avec l’Iran et surtout négocie de faire ses transactions avec la Chine en… yuans - menée depuis quelques jours par Ryad. C’est, pour Washington, sa vraie guerre contre le terrorisme, pas le terrorisme islamiste de Daesh et compagnie, mais celui qui menace l’hégémonie du dollar. 

Et Byron King de conclure :

«  Si l’Arabie saoudite accepte les yuans pour vendre son pétrole, tous les paris sont perdants pour le pétrodollar. Le pétro-yuan changera entièrement la dynamique monétaire des flux énergétiques mondiaux.
Une grande partie de cette information sur le pétro-yuan est publique. Pourtant, pour une raison étrange, il existe une forme de cécité dans les instances politiques occidentales et les milieux médiatiques concernant ses implications. L’idée est tellement « taboue » que de nombreux dirigeants politiques l’ignorent tout simplement.
Ne l’ignorez pas. Car nous pourrions nous réveiller un matin au milieu d’une crise monétaire massive, dans laquelle les valeurs en dollars chuteraient et les prix du pétrole en dollars monteraient en flèche.
Jim et moi recommandons fortement une allocation de 10% de votre portefeuille d’investissement en métal précieux. »

Première conclusion : Trump n’est pas débile mais quand il parle de rendre l’Amérique forte à nouveau, il pense en réalité au dollar US sans lequel les USA ne sont plus grand-chose. Sauf qu’il lui faudra imposer un dollar qui ne soit plus la monnaie de réserve mondiale dont l’existence dépend de la force militaire US mais d’une force économique réelle qu’il faut complètement reconstruire. 

Seconde conclusion : Trump (et son conseiller Bannon) a intégré la réalité des rapports de force de demain que Poutine et ses collègues de plus en plus nombreux qui se regroupent au sein de  l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) sont en train de mettre en œuvre, avec ou sans les USA (voir mon article précédent). Le problème de l’Amérique n’est pas Trump mais ses ennemis intérieurs qui refusent de voir cette réalité en face et font tout pour éliminer Trump, ce qui ne les sauvera pourtant pas puisqu’ils continuent de croire en la force militaire US qui n’est pourtant plus que l’ombre d’elle-même (à l’exception, sans doute, de la force nucléaire, mais c’est un autre sujet). 

Troisième conclusion : en déclarant que l’Europe devait se prendre en main, Merkel n’a rien dit d’autre que l’intérêt de l’Europe était de s’intégrer au monde multi-polaire mis en œuvre par le projet planétaire de la nouvelle Route de la Soie dont Berlin est la plateforme européenne… au détriment de Paris. D’où l’attitude de soumission de Macron à mamie Merkel et l’élection en France d’une Assemblée Nationale bidon puisqu’elle n’a plus aucun rôle politique à jouer tout se jouant sans eux, ailleurs, et d’abord à Berlin.

Le simulacre de Washington D.C. qui entretient le simulacre de nos propres jugements

“ Ce qui se passe aux USA est quelque chose qui n’a jamais été approché dans quelque circonstance que ce soit du point de vue du désord...