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lundi 1 mai 2017

J – 6 : s’il y a un Pétain quelque part, il n’est peut-être pas du côté que l’on nous dit



Le Figaro met en ligne une intéressante interview de l’auteur et commentateur à la fois américain et américaniste Christopher Caldwell, rédacteur en chef au Weekly Standard et éditorialiste au Financial Times ainsi qu'au New York Times Magazine, dans laquelle il livre son analyse du premier tour de la campagne présidentielle française :

« Ceux qui disent que le système politique français est devenu impossible à lire sont aveugles. Le système est au contraire désormais d'une simplicité totale. Les élites socialistes et LR ont été attirées comme de la paille de fer vers leur magnétique confrère Macron. Quand il dit qu'il n'est ni de droite, ni de gauche, il le pense vraiment. Il fait appel à ses électeurs sur la base de la solidarité de classe, pas de l'idéologie.

Les électeurs les plus humbles sont désormais divisés entre Mélenchon et Le Pen. Dans quelques temps, il ne fait aucun doute qu'un candidat populiste comprendra cette nouvelle logique du ni-ni et rassemblera ces deux forces sur la base d'une même classe. »

Je rapporte maintenant une note de Ph Grasset (Dedefensa) sur cette analyse où il explicite ce que désigne le terme « idéologie » que Caldwell oppose à celui de « solidarité de classe » car cela répond à un malaise de plus en plus déprimant que j’éprouve, moi aussi, face à « ces discours et ces anathèmes » matraqués contre Le Pen par l’élite macronesque :

« Ce qu’il y a d’heureux dans cette rapide analyse du scrutin français (…) c’est l’absence complète d’idéologies. Nulle part il n’est question de “fascisme” voire de “nazisme”, de “xénophobie”, ni même d’“enfermement” et d’“ouverture” (au monde). Il n’y a en effet rien de plus absurde et de plus déprimant que d’entendre ces discours et ces anathèmes qui s’appuient sur des arguments des années 1930, sans aucune réalité politique pour les soutenir » note Grasset.

Cela fait, il reste le fond de l’analyse de Caldwell qu’il faut chercher à partir de sa conclusion : « Dans quelques temps, il ne fait aucun doute qu'un candidat populiste comprendra cette nouvelle logique du ni-ni et rassemblera ces deux forces sur la base d'une même classe », les deux forces étant les votes Le Pen et les votes Mélenchon que seule « l’idéologie » - telle que nous la dévoile Grasset – sépare. Dégagez cette idéologie qui rend aveugle sur la réalité d’une même classe – les pauvres – qui rassemblerait les électeurs de Mélenchon, de Le Pen et au moins une partie de ceux de Hamon sans parler de Fillon, et vous obtenez une majorité populaire absolue au Parlement.


Faut-il alors s’étonner que le camp Macron – l’élite et tous ceux qui la servent, en conscience ou non – exploitent à l’excès et jusqu’à l’écœurement cette arme idéologique ? Mais ce qu’ils n’ont pas calculé, ces gens-là, c’est qu’une fois élu, il faudra que Macron défende les intérêts de son élite qui l’a porté au pouvoir seulement grâce à un stratagème : le recours abusif à l’idéologie qui a artificiellement gonflé ses rangs de gens à qui l’on a fait peur mais qui vont se retrouver le bec dans l’eau car les mesures que Macron va appliquer par ordonnance, c’est-à-dire de force, n’iront pas dans leurs intérêts. Pire : ils découvriront qu’ils sont privés de toutes structures politiques – les partis – organisées et expérimentées pour les défendre puisque En marche ! n’est pas un parti politique mais seulement un mouvement uniquement créée pour prendre le pouvoir.


Pour conclure, s’il y a un danger que la France tombe sous un régime autoritariste, ce danger ne vient pas du côté que l’on croit ou, en tout cas, que l’on nous dit, c’est-à-dire de Le Pen, mais du côté de Macron qui se cache derrière son arme idéologique – la diabolisation - pour mieux avancer masqué car s’il y a un Pétain quelque part, c’est bien l’homme qui propose de livrer le pays aux forces d’occupation de la mondialisation déchainée dont l’un des principaux centres de pouvoir est… Berlin dont l’arme de dissuasion massive est l’euro que Le Pen veut (comme par hasard et irrationnellement ?) détruire.

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