lundi 18 avril 2016

USA: élections, avec Manafort, Trump change de stratégie et frappe au coeur du système

E18041621:40 - " Pour renforcer sa stature de présidentiable, Trump a concentré ses tirs sur un système «truqué» par l'establishment conservateur, où les précieux délégués peuvent être convaincus de changer leurs allégeances initiales. Cette stratégie belliqueuse porte la patte de son nouveau directeur de campagne, Paul Manafort" rapporte Le Figaro.

Rappelons, pour les étourdis, que Manafort a travaillé pour Ford, Reagan et W Bush, tout trois victorieux, en mettant à leurs services ses compétences de lobbyiste efficace dans le milieu politique de Washington. Un lobbyiste efficace, c'est quelqu'un qui sait comment retourner comme une crêpe n'importe quel sénateur ou autre politicien du même genre faisant office de délégué. 

Notons, en passant et pour comparaison, que Sanders, de son côté, ne semble pas prendre les décisions qui s'imposeraient s'il était autre chose qu'un figurant pour sauver les apparences démocratiques des primaires démocrates en ne remettant jamais en question les 500 délégués attribués d'office à Clinton par le parti, un handicap que Sanders ne pourra (probablement) jamais remonter même s'il vient de remporter 7 victoires successives. Tout ce qui pourrait encore le sauver serait qu'une des casseroles de Clinton vienne à la faire tomber.
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Primaire américaine : la bataille de New York

Par Maurin Picard pour Le Figaro, le 18 Avril 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 18 Avril 2016


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Hillary Clinton et Donald Trump jouent leur suprématie dans l'épisode électoral crucial de ce mardi.
  les dés ne sont toujours pas jetés
Elle est le trophée que convoitent les cinq derniers postulants à la Maison-Blanche. Jamais la primaire de l'État de New York n'avait eu à jouer un tel rôle dans une élection présidentielle, signe d'une campagne à nulle autre pareille. En cette mi-avril, contrairement aux précédents scrutins, les dés ne sont toujours pas jetés, qu'il s'agisse du camp démocrate ou du camp républicain. Deux favoris consolident leur statut, Donald Trump, à droite, et Hillary Clinton, à gauche. Mais rien ne dit qu'ils atteindront les conventions nationales de juillet avec le nombre de délégués requis pour décrocher sans coup férir l'investiture de leurs partis respectifs.
rafler les 95 voix de délégués de l'«Empire State»
À droite, un Donald Trump favori mais dernièrement fragilisé doit réagir, en balayant ses adversaires sur son propre terrain. Un sondage CBS lui donnait dimanche une confortable avance de 54 % sur Ted Cruz (21 %) et John Kasich (20 %). Son objectif: rafler les 95 voix de délégués de l'«Empire State», afin de s'approcher du plancher des 1 237 voix requises en juillet à la convention de Cleveland (18-21 juillet) pour décrocher une investiture officielle.
renforcer sa stature de présidentiable
Assuré de gagner, le magnat de l'immobilier a bouleversé ses tactiques: pour le second dimanche d'affilée, point de Donald Trump dans les talk-shows matinaux, un événement en soi après soixante-dix semaines de présence ininterrompue. Pour renforcer sa stature de présidentiable, il a concentré ses tirs sur un système «truqué» par l'establishment conservateur, où les précieux délégués peuvent être convaincus de changer leurs allégeances initiales. Ainsi que sur sa probable adversaire dans la dernière ligne droite de l'automne, Hillary Clinton.
la patte de son nouveau directeur de campagne, Paul Manafort
Cette stratégie belliqueuse porte la patte de son nouveau directeur de campagne, Paul Manafort, qui a remplacé sur la pointe des pieds le fidèle Corey Lewandowski, rattrapé par ses rugueuses manières avec les journalistes comme avec ses propres troupes. Rugueuses, aussi, les imprécations de Trump à l'évocation d'une convention arrangée à Cleveland, pour lui souffler l'investiture à l'issue de plusieurs tours de scrutin. «Attention, juillet pourrait être un mois compliqué pour eux», avertit le milliardaire, qui rappelle avoir «des millions de voix d'avance (sur Cruz)» et prédit à mots couverts une insurrection générale, au cas où il viendrait à être écarté.

À gauche, Hillary Clinton semble, elle aussi, devoir remporter haut la main la primaire de New York: résidente de Harlem avec son mari, Bill, et sénatrice estimée de 2001 à 2009, elle maintenait encore dimanche une confortable avance de 10 points sur Bernie Sanders. Elle veut creuser l'écart avant la convention démocrate de Philadelphie (25-28 juillet). Nate Silver, le statisticien de la firme FiveThirtyEight, donne 98 % de chances de gagner à l'ancienne première dame, contre 2 % à Sanders. L'enjeu de cette consultation électorale est de taille: 291 délégués démocrates sont en jeu, avant la Californie et ses 548 délégués, dernier obstacle de cet éprouvant parcours du combattant.

Derrière Trump et Clinton, la concurrence peine à sortir la tête de l'eau. John Kasich, le débonnaire gouverneur de l'Ohio, n'a pas su convaincre les New-Yorkais de sa respectabilité. Il a même commis un crime de lèse-New-Yorkais en dégustant une pizza à la fourchette et au couteau. Cruz a connu pour sa part un bref sursaut, grâce à une mémorable intervention télévisée le 13 avril, en compagnie de sa femme, Heidi, et de leurs deux espiègles filles en robe jaune canari. Mais il partait de trop loin, plombé par ses propos moqueurs sur les «valeurs de New York», entendez strass, paillettes et mœurs dissolues incarnées par le trublion Trump.

Chez les démocrates, Bernie Sanders semble plus mal loti encore, mais il veut toujours y croire. Il a certes engrangé sept victoires d'affilée en huit primaires depuis le 22 mars, mais la règle proportionnelle stricte en vigueur dans l'attribution des voix de délégués chez les démocrates lui a valu des gains trop maigres, là où il aurait dû rafler des centaines de ces précieux «grands électeurs». Fougueusement, il dénonce l'arrêt «Citizens United» de la Cour suprême (2010), autorisant les Super PAC aux ressources financières illimitées, et fustige les levées de fonds corporatistes de sa rivale, à l'instar des 15 millions de dollars récoltés d'un coup par l'acteur George Clooney lors d'un dîner hollywoodien à 353.000 dollars le couvert. Clooney, comme nombre d'Américains, a reconnu que «tout cet argent en politique est obscène». Mais il omet prudemment de reporter son soutien sur Sanders, convaincu, comme la majorité de ses compatriotes, que celui-ci n'a plus guère de chances à faire prévaloir.
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