€CALYPSE NEWS

mardi 12 avril 2016

France: austérité, état d'urgence, tout ce système que Nuit debout veut questionner

A12041606:30 - "Les « flics », toujours eux, accusés hier de casser les grèves et aujourd’hui de frapper les lycéens. Certains essaient de combattre ce rejet systématique. La police n’est-elle pas un service public qui lui aussi souffre de l’austérité, de l’état d’urgence, de tout ce système que la Nuit debout veut questionner ?" rapporte Le Monde.

Une façon stupide d'échapper au système (les flics, l'ordre, etc), c'est de fuir ses responsabilités: c'est pas moi, c'est pas nous, on n'a rien à voir avec ces violences qui se déroulent en dehors de la Place de la République, l'espace de la manifestation officiellement déclaré à la préfecture.

Mais c'est aussi une façon, pour le système, de casser le mouvement (autoriser la manif uniquement place de la République) qui s'auto paralyse en se privant des moyens d'agir. Pourtant, les casseurs qui s'en prennent aux banques et aux agences d'intérim ne s'attaquent-ils pas, eux-aussi et peut-être eux surtout, au système? Sauf que, sans un chef avec un agenda politique, cela ne débouche que sur une violence de chaos alors que nous sommes à la veille d'une élection présidentielle et que c'est maintenant qu'un vrai chef doit émerger dans ce pays en voie de perdition, l'état d'urgence n'étant là que pour, finalement, imposer l'austérité sous le prétexte fallacieux de la lutte contre le terrorisme dont on connait bien, pourtant, l'origine et les manipulateurs, ditto... le système!
 

Avec Nuit Debout, pour l'instant, la Place de la République n'est qu'une cours d'école à l'heure de la récrée et lorsque la sirène retentit, la cours se vide et le service de nettoyage remet tout en ordre. Le peuple de France attend autre chose...
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Nuit debout : du discours à l’action, la difficile question de la sécurité 

Le Monde, le 12 Avril 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 12 Avril 2016 
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La première chose qui frappe, en arrivant lundi 11 avril au soir place de la République, à Paris, c’est l’intensité du dispositif policier.
  Ils arrivent de partout…
Alors que les manifestants sont encore peu nombreux et tentent péniblement d’installer quelques bâches dans le vent et la pluie, une quinzaine de fourgons de gendarmes mobiles et de CRS se gare progressivement tout autour de la place piétonne. « Ils arrivent de partout… » commente un jeune homme tenant un morceau de corde, la mine inquiète.
 les forces de l’ordre cherchent à  leur faire peur
Contactée par Le Monde, la police affirme qu’aucun dispositif spécial n’a été mis en place pour ce rassemblement. Un gendarme mobile interrogé sur place confirme : « On s’est garés autour de la place, mais on n’est pas plus nombreux que d’ordinaire », c’est-à-dire lorsque les fourgons sont dans les rues adjacentes. Pour les manifestants, difficile pourtant de ne pas imaginer que les forces de l’ordre cherchent à « leur faire peur », à leur « mettre la pression », surtout après l’écho que les débordements autour de « l’apéro chez Valls » samedi soir ont trouvé dans la classe politique.
Il n’y a pas de responsable !
L’autorisation de la préfecture ayant été délivrée à la condition de ne pas remonter les structures détruites le matin même, les forces de l’ordre s’approchent dès que le moindre coin de bâche commence à s’élever. Le long d’une tente rouge, un CRS serré de près par des dizaines de manifestants demande à parler au « responsable ». « Il n’y a pas de responsable ! » répond la foule. 
« La hiérarchie, c’est à vous ! Nous, on ne fonctionne pas comme ça. » 
Plusieurs fois dans la soirée, les manifestants s’assembleront autour du point litigieux, en chantant « Tout le monde déteste la police », en criant « Rendez-nous la sono ! » lorsque les CRS empêcheront le déchargement d’un fourgon de matériel.
le village de tentes n’est plus là
Que la « pression » soit volontaire ou non, elle est bien présente, et chacun le sent. « On a jamais vu ça depuis le début de l’occupation », commente un organisateur. Une ambiance différente, y compris parce que le village de tentes n’est plus là, qui abritait la « radio et TV debout », le « jardin debout », la « bibliothèque debout » et toutes les « commissions ». 
« Hier c’était beau, il y avait des livres, des fleurs, des stands partout. Aujourd’hui j’ai l’impression qu’on a rêvé, tout a disparu. », fait remarquer une jeune fille.
Nuit debout n’a pas de chef
Comment la Nuit debout peut-elle gérer les débordements, et donc l’image du mouvement, elle qui n’a pas de chef et qui discute toujours de tout ? Un « pôle sérénité » s’occupe de ce qu’on préfère appeler la « médiation » que le « service d’ordre ». Le problème, c’est que tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’il faut considérer, ou non, comme un débordement. Discours ou action ? Débat ou opération concrète ? Les deux tendances existent, et chaque organisateur parle en son nom propre, refusant de dégager une opinion de groupe.
une vraie volonté pacifiste à la Nuit debout
Il n’y a qu’à voir les différentes approches des événements de samedi soir. Rien à voir avec le mouvement, nous explique Quentin, du pôle presse. 
« Il y a une vraie volonté pacifiste à la Nuit debout, et on ne va pas se laisser saccager par quelques mecs ingérables ». 
Un point de vue que partage Bruno, membre du même pôle. « Le récit des événements de samedi a été hué en AG dimanche », rapporte-t-il. « Pour moi, l’AG se désolidarise de l’action violente. »
un contexte de rapport de force
Mais ce n’est pas tout à fait l’avis de Romain, membre du pôle sérénité. 
« On ne peut pas dire que l’envie de passer à l’action ne fait pas partie de la Nuit debout, puisque par définition, tout est ouvert. » explique-t-il. 
« Les lycéens et les étudiants qui subissent les violences policières sont prêts à en découdre. On ne peut pas nier un contexte de rapport de force ». 
faire de la médiation
Au cours de cette conversation, les allées et venues de la foule se frottant aux gendarmes mobiles à l’angle de la place seront là pour nous le rappeler.
« Nous, notre rôle, c’est de faire de la médiation, pas de dire aux gens ce qu’ils devraient faire ou non », poursuit Romain.
 On n’est pas responsables
Reste que, du point de vue administratif, la Nuit debout répond de l’événement qu’elle organise, donc de ses débordements. 
« On n’est pas responsables de quelques centaines de mecs qui ont bu un samedi soir, qui sont allés tout casser et qu’on n’a jamais revu », tranche Camille [le prénom a été modifié]. 
Un débordement « sur la rue », répètent les organisateurs, et non sur l’espace déclaré de l’événement, la place de la République.
 Trouver des mecs calmes, patients, qui ne vont pas s’exciter sur les gens, ça prend du temps
Désormais, le service d’ordre de la Nuit debout compte une centaine de personnes « fiables », selon Camille. Matthieu [le prénom a été modifié], chargé de « faire le lien » avec les forces de police, évoque plutôt une quinzaine de personnes par soir, qui « tournent » pour éviter que les bénévoles ne s’épuisent. « Les gens fatigués dérapent vite, et notre rôle, c’est de désamorcer toutes les provocations ». Pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux ? « Ce n’est pas facile à trouver », sourit Camille. Car la sécurité n’est pas une tâche facile. 
« Trouver des mecs calmes, patients, qui ne vont pas s’exciter sur les gens, ça prend du temps. » 
Le temps de vérifier qu’ils ne sont pas non plus des « types d’extrême droite qui essaient de s’infiltrer », « ou des flics ».
Les « flics », toujours eux
Les « flics », toujours eux, accusés hier de casser les grèves et aujourd’hui de frapper les lycéens. La longue tradition de détestation des « flics » est partout, ce soir, alors qu’on scande facilement à la barbe des CRS « Police partout, justice nulle part », ou encore « Etes-vous fiers des violences policières ? ». Un couple de sexagénaires s’arrête devant une rangée de CRS qui bloquent un passage piéton. « Tiens, regarde-les ! », dit la dame. « Tu te rappelles ? Ce sont toujours les mêmes, de toute façon. »
austérité, l’état d’urgence, tout ce système que la Nuit debout veut questionner 
Certains essaient de combattre ce rejet systématique. La police n’est-elle pas un service public qui lui aussi souffre de l’austérité, de l’état d’urgence, de tout ce système que la Nuit debout veut questionner ? À plusieurs reprises depuis 10 jours, ce point a été soulevé aux assemblées générales, déclenchant souvent des dizaines de bras levés en croix : « opposition radicale ».
ici, les policiers sont l’ennemi 
« Pour certaines mouvances présentes ici, les policiers sont l’ennemi », commente Matthieu. 
« Cela dépend de l’histoire militante de chacun. Personnellement je pense que la police est un service public et qu’il doit être défendu comme tous les autres ». 
Mais certains participants ne sont pas du tout prêts à l’entendre. « On va essayer de faire le lien avec la police », explique-t-il, « en discutant avec leurs syndicats ». Prudent, il précise tout de même que « cela n’a pas été voté en AG ».
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