€CALYPSE NEWS

samedi 16 avril 2016

Allemagne: le flux de migrants se réduit-il grâce à l’accord contesté avec la Turquie ?

E06041611:55 - "Le flux de migrants se réduit grâce à l’accord contesté avec la Turquie" affirme Le Monde dans son éditorial du jour.


Une telle affirmation relève de la psychiatrie car, ou bien Le Monde dispose en exclusivité d'informations qu'il ne nous communique pas et nous pouvons alors nous demander pourquoi, ou bien il ne dispose d'aucune information particulière et il prend ses désirs pour la réalité.


Affirmer que "le flux de migrants se réduit grâce à l'accord contesté avec la Turquie" est objectivement contraire aux faits: c'est grâce à la fermeture des frontières des pays dits sur la route des Balkans que les réfugiés sont bloqués en Grèce, pour ceux dont nous connaissons le sort en particulier dans l'horreur d'Idoméni. Car les informations sur ce qui se passe en ce moment entre la Grèce et la Turquie sont tout simplement censurées. 

Nous ignorons même ce qu'il est advenu des quelques centaines de migrants chargés menottés sur les navires de l'OTAN pour être expulsés sur les côtes turques à partir de la date d'application de l'accord, le 4 Avril et qui fut suivi trois jours après pas la décision d'Athènes de suspendre jusqu'au 15 Avril les nouvelles expulsions. Nous sommes le 16 Avril et nous n'avons toujours aucune information.

Par contre, nous savons via l'OIM, que le flux de migrants explose en Italie via le canal de Sicile puisque nous atteignons le chiffre d'environ 2 000 rescapés de la noyade en mer par jour, au moins depuis trois jours, ces migrants venant de la région subsahélienne et de la corne de l'Afrique, en particulier de l'Erythrée, via la Libye grâce au nouveau gouvernement fantôche dit de coalition qui vient de prendre ses aises à Tripoli.

Après avoir fait une première erreur d'ouvrir ses frontières sans limites aux réfugiés, puis une deuxième erreur avec ce deal épouvantable avec la Turquie, Merkel continue avec cette troisième erreur de vouloir à tout prix intégrer les réfugiés en Allemagne, une intégration réservée bizarrement aux réfugiés syriens qui ne représentent qu'une petite part du nombre total des réfugiés et autres migrants déjà en Allemagne.

Cette obsession et cet acharnement à vouloir aider spécifiquement les réfugiés syriens plus que de mesure et jusqu'au détriment des travailleurs allemands (qui viennent de perdre leur "priorité à l'emploi") n'est pas un hasard: il s'agit ni plus ni moins de soutenir l'opposition syrienne, depuis la plus modérée jusqu'aux terroristes de l'EI que l'Allemagne, grâce au deal avec la Turquie, va piocher directement dans les camps turcs. 

Quand le journal explique que "le plan d’intégration part d’une hypothèse pertinente : une grande partie des réfugiés resteront en Allemagne, même après la guerre en Syrie", cela signifie que le gouvernement allemand a compris que même si la paix revient en Syrie, Assad sera toujours au pouvoir et qu'en conséquence, de nombreux réfugiés syriens, qui sont des opposants, ne voudront pas rentrer au pays et si l'Allemagne les y force, ces réfugiés sèmeront la guerre en Allemagne.

En conséquence, conclure que "Mme Merkel semble en mesure de s’en sortir" est complètement faussaire. Ce troisième plan est, comme les deux précédents, voué à l'échec car le but n'est pas de résoudre la question migratoire, mais seulement de soutenir l'opposition syrienne (alliée de la Turquie donc de l'EI) qui est mise en déroute par la riposte d'Assad. 

Ce plan n'est pas un choix politiquement libre de Merkel, mais une condition qui lui est imposée par Erdogan qui défend ses intérêts au détriment, malheureusement, des intérêts des Allemands, donc des Européens qui, notons-le encore une fois, ne contestent en rien les reculades de Merkel mais, comme Le Monde, applaudissent stupidement. 

Et ce n'est pas Nuit Debout qui fera exception...
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Réfugiés : Angela Merkel reprend la main 

Editorial Le Monde, le 16 Avril 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 16 Avril 2016 
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Editorial du « Monde » On connaissait le slogan d’Angela Merkel sur sa politique d’asile : « Wir schaffen das » (« on va y arriver »). Mais jusqu’à présent, nul ne savait comment la chancelière comptait s’y prendre.
 « fördern und fordern » : « exiger et encourager »
Elle a apporté une première réponse, jeudi 14 avril, après une nuit de négociations avec ses alliés sociaux-démocrates (SPD) et les chrétiens-sociaux de Bavière (CSU). Celle-ci tient en deux mots jumeaux, que seul un tréma distingue : « fördern und fordern » : « exiger et encourager ».
un parcours d’intégration fait de droits et de devoirs
L’Allemagne propose à ses réfugiés un parcours d’intégration fait de droits et de devoirs. Tactiquement, la chancelière satisfait à la fois son aile droite, qui veut pouvoir expulser les migrants qui ne joueraient pas le jeu de l’intégration, et la gauche, qui demandait pour eux une ouverture du marché du travail.
une grande partie des réfugiés resteront en Allemagne, même après la guerre en Syrie
Le plan d’intégration part d’une hypothèse pertinente : une grande partie des réfugiés resteront en Allemagne, même après la guerre en Syrie. Les Allemands ne comptent pas sur un retour massif, comme le firent les Bosniaques après la guerre en Yougoslavie dans les années 1990. Ils ne font plus la même erreur que celle commise dans les années 1960, lorsqu’ils crurent que les immigrés turcs n’étaient que des travailleurs invités (Gastarbeiter), appelés à rentrer promptement en Anatolie.
  40 000 places d’apprentissage sont vacantes outre-Rhin
Forts de ce constat, les Allemands vont faire un effort massif sur l’apprentissage de leur langue et la formation, clés d’entrée sur le marché du travail. Les illusions de l’automne, qui donnaient le sentiment que les réfugiés syriens étaient tous ingénieurs ou médecins, se sont dissipées. Il faut former et adapter les nouveaux venus. L’affaire tombe d’autant mieux qu’environ 40 000 places d’apprentissage sont vacantes outre-Rhin.

Ensuite, le marché du travail sera ouvert aux réfugiés. Dans les régions les plus prospères, qui jouissent du plein-emploi:
  • le chef d’entreprise n’aura pas à vérifier au préalable que le poste peut être pourvu par un Allemand. 
  • Par ailleurs, quelque 100 000 emplois seront créés pour eux. Il s’agira essentiellement de travaux d’intérêt général – les fameux jobs à 1 euro, ce qui ne veut pas dire que les aides aux réfugiés ne demeurent pas. Mais c’est aussi un pari : ces emplois sont censés servir de tremplin et non de voie de garage.
10 milliards d’euros par an 
L’Allemagne propose au million de réfugiés un donnant-donnant crédible et généreux, pour un coût de plus de 10 milliards d’euros par an
Les réfugiés devront résider dans des localités désignées par les autorités
La contrepartie est assez exigeante. Les réfugiés devront résider dans des localités désignées par les autorités, pour éviter une trop forte concentration dans les grandes villes ; l’octroi de permis de séjour et d’aides sera fonction des efforts d’intégration accomplis.

Des critiques se font déjà entendre : 
  • les capacités des écoles de langue seraient dépassées. 
  • Débordée, l’administration allemande serait largement responsable des difficultés d’intégration. 
Il n’empêche, l’Allemagne propose au million de réfugiés un donnant-donnant crédible et généreux, pour un coût de plus de 10 milliards d’euros par an.

Après des mois de difficultés, Mme Merkel reprend la main. Il était temps: 
  • après les agressions des femmes allemandes dans la nuit du 31 décembre 2015, à Cologne, 
  • la poussée de l’extrême droite aux élections régionales de mars, 
 Mme Merkel semble en mesure de s’en sortir
Ce temps est peut-être révolu : 
  • le flux de migrants se réduit grâce à l’accord contesté avec la Turquie
  • Sa coalition est ressoudée, du moins provisoirement.
Mme Merkel semble en mesure de s’en sortir. Ce serait justice pour elle et pour son pays.
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