lundi 7 mars 2016

UE: sommet UE-Turquie, après l'avoir fait chanter, Ankara la fait sauter

G070316
21:45 - Selon Le Figaro, "Le catalogue poussé par Ankara a pris les dirigeants européens par surprise, à l'exception d'Angela Merkel, mise dans la confidence dès dimanche soir:

  • La Turquie serait prête à reprendre «tous les migrants irréguliers» qui arriveraient dans les îles grecques - des dizaines de milliers, aujourd'hui. 
  • Elle absorberait aussi tous les Syriens parvenus dans l'archipel, 
à condition que:
  • l'UE accepte d'en accueillir un nombre équivalent, prélevé celui-là dans les camps de réfugiés turcs"
Et comme les passeurs devront être indemnisés, Ankara exigerait trois milliards supplémentaires. Si ce plan se confirmait, ce ne serait rien d'autre que le suicide de l'Europe qui est de toute façon, vieille et stupide comme elle est déjà, condamnée à disparaître.
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Migrants : l'Union européenne ferme la porte et mise sur Ankara

Par Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 7 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 7 Mars 2016


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La Turquie fait monter les enchères vis-à-vis de l'Europe en échange du retour massif de migrants sur son sol.
 «La route des Balkans est fermée.»
Une curieuse querelle sémantique a divisé toute la journée de lundi les Européens et opposé Angela Merkel à la plupart de ses partenaires européens. La chancelière ne veut pas retrouver dans les conclusions du sommet un constat qui correspond pourtant à la réalité : 
«La route des Balkans est fermée.»
 «C'est effectivement le cas. Cette route est fermée.»
Pour l'Europe, «il ne peut s'agir de fermer quoi que ce soit », a-t-elle lancé au nom des grands principes, dès son arrivée. François Hollande, lui, l'a reconnu sans hésiter : 
«C'est effectivement le cas. Cette route est fermée.»
l'UE a besoin de la Turquie et Ahmet Davutoglu bouscule le jeu
Mais l'UE a besoin de la Turquie, et Ahmet Davutoglu bouscule le jeu. Ruinant la chorégraphie d'un sommet qui devait s'achever à la mi-journée, Ankara a offert une nouvelle donne sur les réfugiés, en échange d'un redémarrage de la mécanique d'adhésion de la Turquie à l'Union. Tout s'est retrouvé d'un coup sur la table et l'accord, qui semblait ficelé dimanche, a été reporté tard dans la nuit.
l'offre turque est une avancée
Pour Donald Tusk, grand maître des sommets, «l'offre turque est une avancée, elle est très sérieuse et les Vingt-Huit doivent la discuter dans le détail ». Les Vingt-Huit, pressés par leur public et par la désagrégation de l'espace Schengen, se préparaient lundi soir à de longues heures de tractations avec un partenaire ouvert, mais intraitable.
Ankara a pris les dirigeants européens par surprise, à l'exception d'Angela Merkel, mise dans la confidence dès dimanche soir
Le catalogue poussé par Ankara a pris les dirigeants européens par surprise, à l'exception d'Angela Merkel, mise dans la confidence dès dimanche soir. À l'étonnement s'ajoute l'inconfort : le sommet suit de quelques jours la mise en coupe réglée de Zaman, le principal journal turc d'opposition, par le régime d'Ankara. François Hollande, parfois mal à l'aise sur le dossier européen des réfugiés, s'est emparé de l'argument dès son arrivée à Bruxelles : 
«La presse doit être libre, partout (…). Une coopération avec la Turquie ne veut pas dire qu'on accepte tout.»
L'offre est saisissante
L'offre est aussi saisissante, même si elle paraît réaliste au vu des statistiques de la crise migratoire. 
  • La Turquie serait prête à reprendre «tous les migrants irréguliers» qui arriveraient dans les îles grecques - des dizaines de milliers, aujourd'hui. 
  • Elle absorberait aussi tous les Syriens parvenus dans l'archipel, 
à condition que:
  • l'UE accepte d'en accueillir un nombre équivalent, prélevé celui-là dans les camps de réfugiés turcs.
 échange «un pour un»
Ce serait la mise en œuvre, portée à une échelle inattendue, des «réinstallations» défendues depuis des mois par Angela Merkel. Cet échange «un pour un» serait «temporaire» - mais sans date-limite précise ni plafond chiffré. Il prévoirait un contingent mensuel, selon un calendrier préétabli.
les réinstallations seront réservées aux seuls pays volontaires
À part l'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas, les réinstallations de grande ampleur rebutent à peu près tous les partenaires de la chancelière, surtout en Europe centrale. Si elles voient le jour, elles seront réservées aux seuls pays volontaires. Le président Hollande a cependant paru prendre acte du principe, rappelant que la France s'est engagée à accueillir 30.000 réfugiés : 
«Je pense effectivement qu'il faut prévoir des réinstallations de Syriens en provenance de Turquie », dit-il. 
Aux yeux des Européens pourtant, il n'est pas question d'amorcer cette pompe d'immigration «légale » tant qu'il n'y a pas de reflux dans l'exode des irréguliers.
Davutoglu voudrait arracher au moins 3 milliards supplémentaires 
Les «nouvelles propositions » poussées par Ankara signifient aussi une addition autrement plus salée pour l'UE si elle veut obtenir que la Turquie lui prête main-forte. En plus des 3 milliards entendus en novembre comme un montant «initial », Ahmet Davutoglu voudrait arracher au moins 3 milliards supplémentaires «en faveur des réfugiés », jusqu'en 2018. Même s'il s'agit d'une entrée en négociation, elle a paru excessive à des chefs d'État et de gouvernement qui croyaient, en arrivant, l'accord à portée de la main. Ils ne sont pas fermés, mais veulent d'abord voir des résultats tangibles en mer Égée.
Davutoglu sent l'Europe en position de faiblesse et veut maximiser l'avantage
Ahmet Davutoglu a du même coup élargi le front de la négociation. La Turquie n'est pas simplement «venue pour parler de la question des migrants, a confirmé le porte-parole du premier ministre. La question de l'accession de la Turquie à l'UE est pour nous un problème à discuter, ici ». C'est bien la controverse sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne que Ahmet Davutoglu a rouverte, sans préavis. Il sent l'Europe en position de faiblesse et veut maximiser l'avantage. Il veut donner tout de suite un coup d'accélérateur aux négociations d'adhésion, officiellement lancées il y a onze ans mais enlisées depuis 2010, à l'instigation entre autres de Nicolas Sarkozy. L'avancée se mesure en «chapitres » de négociation et Ankara voudrait en ouvrir rapidement cinq. Chypre a confirmé qu'elle y opposerait son veto, malgré la détente qui s'est installée avec la moitié occupée de l'île.
la Turquie veut voir levée «au plus tard fin juin » l'obligation du visa pour ses 80 millions de ressortissants
Pour donner corps sans tarder au rapprochement, la Turquie veut voir levée «au plus tard fin juin » l'obligation du visa pour ses 80 millions de ressortissants, lorsqu'ils se rendent dans l'UE. Bruxelles prévoit ce desserrement de longue date et un rendez-vous est fixé, sous conditions, en octobre prochain. Mais la mesure s'annonce délicate à vendre à des opinions européennes qui s'estiment déjà submergées par le monde musulman.
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