vendredi 11 mars 2016

UE: accord UE-Turquie, Erdogan est-il un dictateur "correct"?

A110316

03:20 -
"Soyons réalistes, le règlement de la crise migratoire passe par la Turquie. Mais nous ne pouvons pas tout accepter. Il va falloir rectifier le tir" rapporte Le Figaro citant un diplomate.


Nous savons que la crise migratoire est un chiffon rouge agité par les politiques pour faire peur aux citoyens comme l'EI est un chiffon noir pour les terroriser. Sauf qu'il y a des milliers de gens qui sont plongés dans des situations effroyables d'inhumanité et des milliers d'autres, parfois les mêmes, qui sont victimes des actes terroristes.

Ainsi donc, le 7 Mars, s'est tenu un sommet UE-Turquie où Merkel-la-Folle a, encore une fois, pris de court ses 27 collègues européens stupéfiés en leur imposant un plan soi-disant proposé par Ankara qui, sur le moment, a absolument enthousiasmé tout le monde: enfin, nous avons la solution à cette putain de crise!

Las, à peine les vapeurs d'alcool de la nuit dissipées, la réalité s'impose: Erdogan est-il un dictateur correct? Autrement dit, la Turquie est-elle un pays sûr? Car, pour renvoyer en Anatolie tous les réfugiés qui tentent de débarquer en Grèce, encore faut-il que, du point de vue du droit international, cette contrée soit considérée comme sûre or, pour l'instant, c'est le flou total. En fait, personne ne peut répondre à cette question car la question n'a jamais été tranchée dans une quelconque instance internationale. Donc, on sait pas, on se gratte la tête, on suppute et, finalement, on attendra le prochain sommet pour en discuter car, finalement, toute la validité du plan Merkel repose sur cette question en suspens. 

En attendant, les réfugiés continuent de débarquer en nombre en Grèce et les frontières européennes demeurent hermétiquement closes. Pire, tant que la question du plan Merkel n'est pas résolue, le plan de relocalisation de l'UE n'est pas applicable. Sans parler du fait que les réfugiés eux-mêmes refuseront, pour la plupart, de se faire relocaliser dans un pays qui ne les intéresse pas. Donc, pour l'instant, 15 000 croupissent devant les barbelés macédoniens tandis que 25 000 autres errent ici et là, admirant en passant le Parthénon que certains confondent avec Palmyre.

Avec son acompte de 300 millions en poche, Tsipras peut les nourrir et la situation des réfugiés en Grèce n'est donc pas si catastrophique que celui qui a trahi son peuple pendant la crise de la dette hellène tente de nous le faire croire. Comme il tente de nous entuber encore en nous expliquant qu'il ne peut pas contrôler ses frontières sous prétexte que les centaines d'îles qui sont disséminées en mer Egée ne le permettent pas. Concrètement, les pneumatiques utilisés par les passeurs ne peuvent réellement atteindre que quelques unes de ces îles et en particulier celle de Lesbos qui n'est qu'à quelques kilomètres des côtes turques.

En réalité, le trafic des migrants est un juteux business qui complète les fins de mois compliquées d'un certains nombre de Grecs avec l'accord tacite de l'administration, exactement comme du côté turc. Et cela nous ramène à la question de la fiabilité du régime d'Ankara (celle d'Athènes ayant été tranchée avec la crise de la dette en 2015). 

Pour accepter d'endosser le plan Merkel (élaboré par Berlin dans l'espoir d'échapper à une déroute électorale le 13 Mars), Erdogan a fixé ses conditions dont l'exemption de visa européen pour les 80 millions de Turcs à partir du moins de Juin. Cela ne veut pas dire qu'à partir du 1er Juin, tous les Turcs vont débarquer librement en Europe mais certainement une partie des Turcs kurdes auxquels Erdogan fait la guerre, ce que la presse dite indépendante, en réalité d'opposition dirigée depuis les USA, ne peut d'ailleurs plus dénoncer puisqu'elle vient d'être décapitée. Evidemment, ça fait tâche dans le paysage démocratique d'un pays candidat à l'adhésion à l'UE. 

Certes, certes. Mais si Bruxelles refuse cette condition, Ankara n'a pas de raison de mettre en oeuvre le plan Merkel et d'accepter de reprendre les réfugiés attrapés en mer Egée avec l'aide de l'Otan (dont on se demande, tout de même, ce qu'elle fait dans cette affaire-là).

Mieux, en admettant que Bruxelles lève les visas, qui nous dit que les pays de la route des Balkans vont, eux, lever les rideaux de leurs frontières puisque dorénavant ces pays mènent une politique qui leur est propre sans tenir compte des décisions européennes? 

Nous ne pouvons plus faire l'autruche et refuser de voir que l'Union européenne est morte. Il ne reste plus qu'une folle à Berlin qui s'agite toute seule dans son coin et élabore tous les matins un nouveau plan encore plus débile que celui de la veille. Les élections de ce dimanche réussiront peut-être à mettre un coup d'arrêt à cette folie mais comme les instituts de sondage semblent avoir oublié le mot de passe de leur connexion et restent étrangement muets, nous en sommes réduit à supputer...
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Migrants: doutes sur l'accord UE-Turquie

Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 11 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 11 Mars 2016


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Le projet d'accord sur les migrants suscite des questions sur d'éventuelles compromissions avec le régime turc.
 Merkel leur a forcé la main sur les réfugiés, pour la seconde fois
La mariée turque est sans doute un peu trop belle. Au sommet, les partenaires de l'Allemagne n'avaient pas vraiment apprécié la façon dont Angela Merkel leur a forcé la main sur les réfugiés, pour la seconde fois. Ce qui les inquiète depuis lundi, c'est la validité même d'un pacte qui reste à signer, en principe dès la semaine prochaine.
  prix trop lourd à payer
Le point crucial est l'engagement d'Ankara à reprendre tous les migrants qui traversent la mer Égée, Syriens et demandeurs d'asile compris, au moins à titre provisoire. Les capitales, comme le Parlement européen trouvent le prix trop lourd à payer, qu'il s'agisse: 
  • du respect des droits de l'homme, 
  • des concessions politiques offertes au président turc Erdogan, 
  • de l'image que l'Europe voudrait donner d'elle-même 
  • ou tout simplement de la facture présentée par Ankara.
 Il va falloir rectifier le tir
«Soyons réalistes, le règlement de la crise migratoire passe par la Turquie, reconnaît un diplomate. Mais nous ne pouvons pas tout accepter. Il va falloir rectifier le tir
 revirement allemand officiellement présenté lundi comme une «nouvelle donne» turque
La conformité au droit international du renvoi des réfugiés syriens de l'autre côté de la mer Égée est la question sensible, d'autant que l'initiative en revient à la chancelière: celle-là même qui avait ouvert la porte de l'Europe à la fin de l'été, sans plus de préavis. Le revirement allemand, officiellement présenté lundi comme une «nouvelle donne» turque, a pris le sommet des 28 à contre-pied. Il a aussi stupéfait, voire discrédité l'homme qui négociait jusque-là au nom de l'UE: le président du Conseil européen, Donald Tusk.
doutes sur la légalité du renvoi des demandeurs d'asile
Jeudi, la frustration était palpable au rendez-vous mensuel des ministres de l'Intérieur, premier conclave à 28 depuis le sommet où le premier ministre turc a dévoilé ses batteries. Du Luxembourg à l'Autriche, de la Belgique à la République tchèque, les alliés comme les censeurs de l'Allemagne ont exprimé leurs doutes sur la légalité du renvoi des demandeurs d'asile vers la Turquie. 
«Il y a peut-être une voie juridique pour y parvenir, dit prudemment le représentant d'un pays voisin. Mais il faudrait d'abord connaître le détail de l'accord.» 
réserves sur la suppression des visas pour les citoyens turcs dès cet été
Plusieurs capitales européennes expriment également des réserves sur la suppression des visas pour les citoyens turcs dès cet été, un des éléments clefs du compromis avec Ankara. À Donald Tusk maintenant de reprendre sa mission avec Ankara, avec une autre feuille de route. C'est un autre sommet européen qui trancherait dans six jours, avec à nouveau Ahmet Davutoglu.
La Turquie est-elle un pays sûr? 
La convention de Genève, intégrée aux traités européens, interdit par principe le refoulement des demandeurs d'asile, contrairement à ce que l'entente Merkel-Davutoglu prévoit pour les Syriens. Mais il existe une exception d'«irrecevabilité», si le demandeur d'asile a transité par un pays «sûr», autrement dit un État qui lui garantit une protection internationale. La Turquie est-elle un pays sûr? L'UE ne l'a pas encore reconnu officiellement. Et si la preuve du contraire était apportée -par exemple devant la justice internationale-, c'est le compromis tout entier qui risque de s'effondrer.
L'ONU s'inquiète à son tour
L'ONU s'inquiète à son tour de l'accord en projet. «Je suis préoccupé par les possibles expulsions collectives et arbitraires, elles sont illégales», avertit Ra'ad al-Hussein, haut-commissaire aux droits de l'homme. Le Parlement européen, lui, a déjà dit tout le mal qu'il pense de l'autoritarisme du président Erdogan, de la droite à la gauche, jusqu'aux extrêmes. 
C'est «un régime qui muselle sa presse (…) et bombarde sa propre population», dit Philippe Lamberts, vice-président des Verts. 
Comme en écho, Marine Le Pen ajoute: 
«Et c'est ce régime-là que vous voudriez intégrer à l'Europe?» 

Ayrault: «Merkel a moralement et politiquement raison»
Prenant le contre-pied du chef du gouvernement Manuel Valls, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a estimé jeudi, dans une interview à la chaîne d'information en continu i-Télé, que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait «moralement et politiquement raison» d'ouvrir les portes de son pays aux réfugiés syriens.
«Après, la situation de l'Allemagne n'est pas la même (que celle de la France). C'est un pays qui a des besoins de main-d'œuvre (…), qui a une capacité d'accueil sans doute plus grande», a-t-il nuancé.
Jean-Marc Ayrault a également insisté sur la nécessité pour la France d'accueillir des réfugiés, un «droit sacré» selon lui, et pour les responsables politiques d'expliquer cet enjeu à une opinion légitimement «inquiète». «Si on n'explique pas les choses, la confusion s'installe dans les esprits, des angoisses et aussi des exploitations politiques, l'extrême droite, les conservateurs qui exploitent les peurs», a-t-il déclaré.
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