dimanche 6 mars 2016

Italie: Libye, Renzi refroidi les va-t-en guerre

I060316
20:25 -
"Si la Libye est dans cette situation difficile, c'est parce que des politiciens - non pas italiens mais français (le nom de Sarkozy semblait lui brûler les lèvres, note le correspondant du Monde) - ont eu la belle idée de programmer une intervention sans penser à la suite" a déclaré le Premier ministre italien, Matteo Renzi, cité par le Monde.


Quelque chose ne fonctionne pas comme prévu dans le plan occidental pour dépecer la Libye comme si une sorte de mystérieuse intervention extérieure bloquait le processus de la mise en place du gouvernement fantoche ayant pour mission de faire passer le feu au vert. 

L'armée "secrète" française, retirée pour l'occasion de Centrafrique, tourne en rond et les terroristes attendent en vain leurs ordres de mission. 

C'est peut-être qu'un peu plus loin, du côté de la Syrie, un improbable cessez-le-feu américano-russe s'impose à la stupéfaction de tous les "va-t-en guerre", comme les appelle Renzi qui, parfois, à la langue qui fourche et dérape du langage "bien-penser" protocolaire du monde qui se dit civilisé. 

Peu de politiciens européens semblent se rendre compte que le monde change et que les nouvelles règles ne sont plus exclusivement édictées par Washington mais aussi, au moins en partie pour l'instant, par Moscou dont les S300, 400, 500 et autres Kalibr n'ont pas besoin de mots pour se faire comprendre et respecter.
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Matteo Renzi calme les va-t-en guerre et rappelle la France à ses responsabilités dans le chaos libyen

Par Philippe Ridet (correspondant en Italie) pour Le Monde, le 6 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gailot pour €calypse News, le 6 Mars 2016


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Le dimanche est propice à la réflexion. Et à la paix. Entre dessert et caffè (avec deux "f", à l'italienne), les téléspectateurs de l'émission d'infotainment, Domenica In sur Rai 1, la plus regardée des chaînes de télé italiennes, ont pu se sentir soulagés par les propos du premier ministre, Matteo Renzi: l'Italie n'est pas en guerre. Ce qui tombe bien puisque 80 % de ses concitoyens y sont tout à fait opposés.
 depuis une semaine, la Péninsule bruissait de bruits de bottes
Mais depuis une semaine, la Péninsule bruissait de bruits de bottes. Jeudi 3 mars, le quotidien Il Corriere della Sera révélait qu’une « cinquantaine d’hommes devrait partir en Libye dans les prochaines heures pour s’ajouter aux unités spéciales françaises, britanniques et américaines » déjà présentes sur place. Le lendemain, La Repubblica renchérissait en évoquant la préparation de « l’opération la plus massive jamais réalisée depuis 1943 », composée de 3 000 à 7 000 hommes, dont deux tiers d’Italiens.

Des informations qui semblaient d'autant plus crédibles que l'Italie devait déplorer au même moment la mort de deux otages, Fausto Piano et Salvatore Failla, tous deux employés d'une entreprise de construction et enlevés en juillet 2015 en Libye. Ces disparitions, compensées par la libération de deux autres compatriotes, semblaient rapprocher inexorablement l'Italie du destin de son ancienne colonie où d'aucuns la voient jouer un rôle à l'avenir.
Quand l'Italie devra intervenir, elle le fera, mais pour l'instant ce n'est pas à l'ordre du jour
En quelques mots, Matteo Renzi a mis un holà à ces hypothèses belliqueuses. 
"Je vois des gens qui disent que nous serions prêts à envoyer 5000 hommes. Mais de quoi parle-t-on? Il ne s'agit pas d'un jeu vidéo! Quand l'Italie devra intervenir, elle le fera, mais pour l'instant ce n'est pas à l'ordre du jour".
  ne pas répéter les erreurs du passé
Le président du Conseil a rappelé les deux conditions préalables: un gouvernement solide en Libye et une demande d'aide à la communauté internationale "pour ne pas répéter les erreurs du passé".
 l’intervention de l’OTAN en Libye contre le régime Kadhafi, dans laquelle Paris et Londres avaient joué le premier rôle
Le passé? 2011 plus précisément. Rome, à cette époque, avait réagi négativement à l’intervention de l’OTAN en Libye contre le régime Kadhafi, dans laquelle Paris et Londres avaient joué le premier rôle. Alors au pouvoir, Silvio Berlusconi s'était froissé de ne pas avoir été mis dans la confidence des premiers bombardements contre le régime du guide libyen dont il se voulait l'ami.
 Si la Libye est dans cette situation difficile, c'est parce que des politiciens français ont eu la belle idée de programmer une intervention sans penser à la suite
Matteo Renzi n'a pas la mémoire courte. 
"Si la Libye est dans cette situation difficile, a-t-il martelé, c'est parce que des politiciens - non pas italiens mais français - ont eu la belle idée de programmer une intervention sans penser à la suite". 
Le nom de Sarkozy semblait lui brûler les lèvres
Le nom de Sarkozy semblait lui brûler les lèvres.
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Fiche sur la sécurisation des célébrations de Noël

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