mardi 8 mars 2016

Grèce: guerre des réfugiés, Ankara profiterait de son avantage pour s'approprier des îles grecques

E080316

19:35 -
"Personne n’en parle mais, cette semaine, l’aviation turque a de nouveau violé notre espace aérien et tenté d’imposer à l’OTAN que plusieurs de nos îles, portant des noms grecs, soient désignées sous de simples numéros. Cela fait des décennies que la Turquie a des visées territoriales sur certaines de nos îles, et voilà qu’ils veulent profiter de la situation pour pousser leurs pions" rapporte Le Figaro citant une source militaire grecque.

Des îles grecques, donc européennes, sous les yeux attendris et larmoyants des bureaucrates de Bruxelles et de Berlin.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Réfugiés : Tsipras soutient la perspective d’un accord avec la Turquie 

Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance) pour Le Monde, le 8 Mars 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 8 Mars 2016 
______________***_________

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, est revenu globalement satisfait de Bruxelles après le sommet Union européenne-Turquie de lundi.
 ce sont les pays qui souhaitaient notre isolement qui se sont retrouvés isolés
« Les résultats du sommet sont un pas en avant (…) la Grèce n’a pas été isolée (…) nos besoins ont été reconnus (…) et ce sont même les pays qui souhaitaient notre isolement qui se sont retrouvés isolés », a-t-il déclaré mardi 8 mars au matin.
établissement des « hots spots », non pas sur le territoire grec mais directement en Turquie
Aux yeux d’Alexis Tsipras, tout ce qui va dans le sens d’un règlement concerté de la crise migratoire, par le biais d’un transfert des responsabilités et de l’effort d’accueil vers la Turquie va dans le bon sens. Cela faisait d’ailleurs des mois qu’il militait pour l’établissement des « hots spots » (centres d’accueil et de tri des migrants), non pas sur le territoire grec mais directement en Turquie.
vers le retour en Turquie de réfugiés d’ores et déjà arrivés sur le sol grec
Or, les Européens se sont orientés lundi, sous l’impulsion conjointe d’Ankara et de Berlin, vers le retour en Turquie de réfugiés d’ores et déjà arrivés sur le sol grec. Un moindre mal pour le gouvernement Tsipras, qui craignait par-dessus tous les effets de la fermeture progressive de la route des Balkans, susceptible à court terme de transformer la Grèce en « piège à migrants ».
renvoyer tout le monde
En proposant de renvoyer tout le monde, Syriens fuyant la guerre comme migrants économiques, directement en Turquie, l’Allemagne espère « décourager les migrants de s’embarquer pour la Grèce. C’est une façon de soutenir notre pays, qui ne peut pas faire face tout seul », veut croire Stélios Koúloglou, député européen du parti du chef du gouvernement, la Syriza.
Le poids du réalisme nous force à considérer le renvoi de réfugiés comme une solution
Longtemps, cette formation de gauche radicale a milité en faveur d’une ouverture des frontières terrestres entre la Grèce et la Turquie, en faisant tomber le mur d’une douzaine de kilomètres construit le long de l’Evros, en 2012. 
« La vague sans précédent que nous connaissons depuis l’an dernier nous a forcés à réviser notre position, reconnaît M. Koúloglou. Le poids du réalisme nous force à considérer le renvoi de réfugiés comme une solution possible, car si tout le monde ferme ses frontières au nord, la Grèce ne pourra pas maintenir sa cohésion nationale très longtemps. »
Ce réalisme politique, devenu la marque de fabrique du gouvernement Tsipras, gène aux entournures.
Ce réalisme politique, devenu la marque de fabrique du gouvernement Tsipras, gène aux entournures. « On a déjà avalé pas mal de couleuvres l’été dernier en renonçant à mettre fin à l’austérité, et voila qu’on nous demande maintenant d’accepter le renvoi de réfugiés au prétexte que la Turquie serait un pays sûr », s’indigne une personnalité de Syriza très impliquée sur la question des droits de l’homme.
 l’épreuve du pouvoir change les gens
« Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir nous avons réussi à changer la perception que les Grecs avaient des réfugiés ; ce qui a participé à la vague actuelle de solidarité. Nous avons aussi mis fin à la politique de rétention systématique, ainsi qu’aux refoulements de barques de migrants qui se déroulaient sous les précédents gouvernements. Et voila qu’on va organiser le retour généralisé de réfugiés ? Décidément l’épreuve du pouvoir change les gens », insiste-t-elle.
La politique d’accueil en Europe des réfugiés s’est brisée sur les égoïsmes nationaux
Pour Dimitris Christopoulos, vice-président de la Ligue des droits de l’homme grecque, cette « violation sans précédent de la convention de Genève » est « humanitairement inadmissible », mais « politiquement réaliste ». 
« La politique d’accueil en Europe des réfugiés qui nous semblait la seule option humanitaire s’est brisée sur les égoïsmes nationaux, regrette-t-il. L’Europe ne veut pas des réfugiés, c’est ce que montre la fermeture brutale et unilatérale des frontières » tout au long de la route des Balkans.
Nous ne pouvons plus nous permettre l’angélisme 
« Nous ne pouvons plus nous permettre l’angélisme tant que l’Europe gardera ses frontières fermées », souligne une source gouvernementale. « Notre mission désormais, c’est de pouvoir rapidement héberger dignement environ 120 000 réfugiés, précise Stélios Koúloglou. Mais on ne peut pas accepter de devenir un entrepôt d’âmes humaines, car alors la situation deviendra incontrôlable et au moindre incident les néonazis d’Aube dorée tenteront de profiter de l’occasion.
 Erdogan essaie déjà de pousser son avantage pour réclamer des choses inacceptables
Nous devons accepter un compromis avec la Turquie, même si nous avons une confiance modérée en Erdogan, qui essaie déjà de pousser son avantage pour réclamer des choses inacceptables. »
  la Turquie a des visées territoriales sur certaines de nos îles, et ils veulent profiter de la situation
Dans un pays où ne sont pas totalement éteintes les braises d’un conflit diplomatique larvé avec Istanbul, la question d’un partenariat avec la Turquie reste sensible.
« Personne n’en parle mais, cette semaine, l’aviation turque a de nouveau violé notre espace aérien et tenté d’imposer à l’OTAN que plusieurs de nos îles, portant des noms grecs, soient désignées sous de simples numéros, affirme une source militaire grecque. Cela fait des décennies que la Turquie a des visées territoriales sur certaines de nos îles, et voilà qu’ils veulent profiter de la situation pour pousser leurs pions. »
Ces points de crispation devaient être discutés dès mardi 8 mars lors d’un sommet sur la collaboration gréco-turque à Izmir. Alexis Tsipras s’y est d’ailleurs rendu directement à l’issue de la percée controversée esquissée à Bruxelles avec les autorités d’Ankara.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

L’Iran reconnaît implicitement Israël et réduit quasiment à rien le principal argument anti-iranien d’Israël

« Les pays musulmans ont décidé d’affirmer collectivement… leur reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de l’État de la Palestine...