lundi 7 mars 2016

France: crise de Calais, vers un "moratoire fiscale de dix ans pour les entreprises"

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04:40 -
"Dans leur lettre au chef de l’Etat fin janvier, les Calaisiens demandaient de mettre en place un moratoire fiscal pour les entreprises d’une durée minimale de dix ans », exonérant entreprises, commerces et artisans des charges salariales et patronales et de la taxe professionnelle" rapporte Le Monde.


En voilà une excellente idée! Transformer le Calaisis en purgatoire fiscal (en attendant le véritable paradis et la suppression de toutes les taxes et autres impôts directs et indirects) avant de faire la même chose pour l'ensemble du territoire français, une idée qui assurerait à 100% la victoire en 2017 pour n'importe quel candidat qui la défendrait, une sorte de Trump à la française?
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Des Calaisiens à Paris pour dénoncer la crise économique, sociale et migratoire qu’ils subissent 

Par Anne Guillard pour Le Monde, le 6 Mars 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 7 Mars 2016 
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Lundi 7 mars, et pour la première fois, des Calaisiens vont venir à Paris dire leur ras-le-bol et leur inquiétude quant à la situation de leur ville, qui connaît d’importantes difficultés économiques couplées à une pression migratoire accrue ces dernières années.
 interpeller François Hollande et les ministères concernés
L’association du Grand rassemblement pour le Calaisis, qui regroupe de nombreux acteurs économiques, a appelé à une mobilisation dont l’objectif est d’interpeller François Hollande et les ministères concernés — Bercy, le Quai d’Orsay et la Place Beauvau —, et qui a réuni un peu plus de 500 personnes. « De quoi remplir onze autocars » au départ lundi, précise Stéphane Vancutsem, un des membres d’Agir pour le port de Calais, faisant partie de l’association.

Une délégation doit être reçue à l’Elysée en début d’après-midi, mais en l’absence du président de la République, lui-même en déplacement à Bruxelles lundi pour un sommet sur la crise migratoire que traverse l’UE. François Hollande a reçu Xavier Bertrand, le président de région Les Républicains (LR) et Natacha Bouchart, la maire LR de Calais, vendredi en fin de journée.
un moratoire fiscal pour les entreprises d’une durée minimale de dix ans
« Nous voulons qu’on s’intéresse aux Calaisiens », prévenait mi-février le président du Grand rassemblement pour le Calaisis, Antoine Ravisse. Dans leur lettre au chef de l’Etat fin janvier, les Calaisiens demandaient 
  • « de donner des conditions de vie décentes aux réfugiés », 
  • « d’engager les projets économiques du territoire » 
  • ou encore « de mettre en place un moratoire fiscal pour les entreprises d’une durée minimale de dix ans », exonérant entreprises, commerces et artisans des charges salariales et patronales et de la taxe professionnelle.
Calais est devenue une ville morte 
Pour qui a parcouru les rues de cette ville d’un peu plus de 72 000 habitants, les panneaux « liquidation totale », « à vendre » ou encore « à louer » rythment le regard. Pas une semaine ou presque sans que la presse locale ne se fasse l’écho de commerces qui ferment ou disparaissent, conférant à la ville un air de désolation. « Calais est devenue une ville morte », déplorent des commerçants, excédés par l’image ternie de leur ville.
La clientèle touristique étrangère, Britanniques et Belges en tête, s’est détournée de Calais
La clientèle touristique étrangère, Britanniques et Belges en tête, s’est détournée de Calais. La responsable d’une chambre d’hôte en centre-ville rapporte avoir perdu 40 % de sa clientèle d’outre-Manche depuis un an. Et si la Chambre de commerce et d’industrie Nord de France annonçait début février une hausse de la fréquentation hôtelière de 5,1 points sur la Côte d’Opale en 2015 sur un an, portant à 62,3 % le taux d’occupation, elle l’explique en grande partie par l’hébergement des forces de l’ordre pour sécuriser le tunnel sous la Manche et le port.

Les restaurateurs sont à la même enseigne : entre juin et août, la baisse de fréquentation varie de 12 % à 30 %, selon la Chambre de commerce et d’industrie de la Côte d’Opale. Dans une de ses notes, elle décrit « la situation des commerçants du territoire calaisien » comme étant « catastrophique ». « Il y a eu un réel décrochage en termes de chiffre d’affaires depuis juin 2015, les baisses peuvent aller de - 30 % à - 50 % par rapport à l’année dernière . »


Les blocages à répétition du port de Calais et du tunnel sous la Manche par les marins de la société coopérative et participative (SCOP) SeaFrance lors de la saison estivale, pour protester contre la liquidation programmée de la SCOP, ont empiré une situation déjà critique, en favorisant les intrusions des migrants à bord des camions, qui profitaient de leur immobilisation forcée. Ces images ont fait le tour des médias hexagonaux et européens et « ont indéniablement porté un coup à l’image de la ville », a déploré Jean-Marc Puissesseau, PDG de la Société d’exploitation des ports du détroit.

Par ailleurs, le tissu industriel de la ville continue de s’effriter, dans une ville qui affichait au 3e trimestre 2015 un taux de chômage de 13,2 %, lorsque le taux en France métropolitaine était de 10,2 % à la même période. Dernière victime en date, l’entreprise de dentelle, Desseilles Laces, fleuron industriel de Calais, risque la liquidation.
Ils se renvoient la balle 
Frédéric Van Gansbeke, président du collectif des entreprises et des commerces du Calaisis, et chargé de la communication de ce grand rassemblement, avaient annoncé mi-février plusieurs actions dans la capitale. « Ils se renvoient la balle », s’agace-t-il.
Des projets pourtant, la ville n’en manque pas 
Des projets pourtant, la ville n’en manque pas pour doper l’activité économique du Calaisis, entre 
  • ouverture dans trois ans d’un parc d’attraction, 
  • le plus emblématique, et le plus important projet portuaire en Europe de ces prochaines années.
 50 millions d’euros, dans le cadre d’un contrat de territoire Etat-Calais
Natacha Bouchart réclamait depuis juillet une compensation pour le préjudice économique causé par le flux migratoire et a obtenu en octobre du premier ministre, Manuel Valls, 50 millions d’euros, dans le cadre d’un contrat de territoire Etat-Calais.

Premier port français et deuxième port européen dans le domaine du transport de passagers en 2013, et poumon économique de la ville avec ses 2 000 emplois, le port de Calais envisage de se moderniser et de s’étendre. Calais veut devenir le seul port européen doté d’un terminal ferroviaire de dernière génération. La mise en service de la ligne de ferroutage entre Le Boulou (à la frontière franco-espagnole) et Calais attend cependant le feu vert des autorités, suspendue à des opérations de sécurisation après que des migrants sont montés à bord lors des premiers tests.
La problématique migratoire est venue se greffer sur un territoire fragilisé
La problématique migratoire est venue se greffer sur un territoire fragilisé. Le démantèlement amorcé depuis le 29 février de la zone sud de la jungle de Calais, qui accueillent, selon les chiffres, entre 1 500 et 3 500 personnes, en faisant le plus vaste bidonville de France, est loin d’en annoncer une quelconque résolution.

 

Le président de la région, Xavier Bertrand (LR), avait estimé le 15 février que « la France n’a(vait) pas suffisamment porté d’attention à Calais (...) Calais a des problèmes, Calais a des projets et nous devons nous occuper de ses problèmes et de ses projets ». Reviennent en écho les mots du fondateur de la radio régionale Radio6, Eric Lannoy, qui écrivait début décembre dans le Huffington Post :
« Je demande aux élus et aux candidats aux élections de [...] nous donner les moyens de surmonter cette crise économique, sociale et migratoire qui frappe si durement notre territoire, je leur demande de ne pas céder à la facilité [...] et de miser plutôt sur nous, les Calaisiens. »
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