mercredi 2 mars 2016

Allemagne: guerre des réfugiés, Merkel repart à l'offensive

H020316

21:15 -
"Angela Merkel repart à l'offensive dans une bataille que l'on croyait perdue : persuader la plupart des pays de l'UE d'accueillir chez eux les réfugiés qui persistent à se bousculer en Grèce. Dans sa croisade, Angela Merkel peut brandir de nouvelles images de détresse au cœur de l'Europe. Après la photo du petit Aylan, ce sont aujourd'hui les foules qui se pressent contre les grillages de la frontière macédonienne. La doyenne des sommets réussira-t-elle à changer le rapport de forces?" interroge Le Figaro pour qui "Il y a encore gros à parier que la chancelière n'y parviendra pas, même avec la duplicité de Tsipras".


Cette analyse confirme et illustre ce que dénonce Moscou, à savoir que ce qu'il est convenu d'appeler la crise des migrants en terme de "bien-pensance" est, en réalité, une guerre des réfugiés contre l'Europe menée par Merkel avec la complicité d'Erdogan et, comme nous le confirme Le Figaro, celle de Tsipras.

Cette guerre des réfugiés a pour objectif d'imposer sur l'ensemble de l'Europe de l'Ouest les normes néo-libérales du corporate power germanique comme on peut parfaitement s'en rendre déjà compte dans le domaine de l'agro-business qui plonge le monde agricole français dans une crise sans issue.

Nous irons jusqu'à avancer l'hypothèse que l'acharnement de Merkel à défendre son "Plan A" est motivé par le fait qu'il s'agit d'une course contre la montre entre l'Allemagne et les USA (via leur traité de libre échange transatlantique) pour mettre la main sur l'Europe avant que d'autres, Russes, Chinois ou/et autres, ne le fassent. 
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Réfugiés : Merkel soutient Tsipras et relance l'offensive

Par Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 2 Mars 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 2 Mars 2016


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La chancelière s'appuie désormais sur son ancien détracteur grec, dont le pays est submergé par les migrants, pour persuader, lundi au sommet de l'UE, les autres Européens de prendre leur part du «fardeau».
persuader la plupart des pays de l'UE d'accueillir chez eux les réfugiés
On l'imaginait assommée par de mauvais sondages en Allemagne et paralysée, en Europe, par la dérobade de ses alliés, France comprise. Pourtant, ce docteur en chimie-physique qui est aussi fille de pasteur a les principes aussi têtus que les convictions. Angela Merkel repart à l'offensive dans une bataille que l'on croyait perdue : persuader la plupart des pays de l'UE d'accueillir chez eux les réfugiés qui persistent à se bousculer en Grèce.
  la chancelière n'y parviendra pas
Il y a encore gros à parier que la chancelière n'y parviendra pas. Mais elle vient de réussir un joli coup - certains disent un coup tordu - en ralliant à sa cause le plus improbable des renforts : Alexis Tsipras, l'homme qui s'est fait élire à Athènes en jurant de casser l'hégémonie germanique. Six mois plus tard, le premier ministre a dû ravaler sa morgue pour éviter la faillite de la Grèce. Au bout d'un an, il est devenu l'arme maîtresse du blitz que Berlin entend conduire dans les heures qui mènent au sommet européen, lundi. Les alliances sont inversées. Mais sur les réfugiés comme sur l'euro, ça passe ou ça casse…
 Aux deux extrémités de la «route» des Balkans, c'est désormais l'entente cordiale
Aux deux extrémités de la «route» des Balkans, c'est désormais l'entente cordiale. Berlin a changé de sujet, après avoir poussé la mise en quarantaine de la Grèce dans Schengen. Un diplomate grec de haut rang confirme: 
«Avec les Allemands, nous sommes désormais d'accord sur presque tout : la fin de l'exode incontrôlé, la répartition des réfugiés à travers toute l'UE, la nécessité à venir de les acheminer directement depuis la Turquie et l'urgence d'y renvoyer les recalés du droit d'asile.»
dix mois de promesses non tenues
Après dix mois de promesses non tenues, il y a en parallèle quelques frémissements. Pour la première fois, Ankara a accepté mardi de reprendre 300 migrants économiques expulsés de Grèce. Des Marocains, des Algériens et des Tunisiens. La Cour de justice de l'UE vient aussi de dénier aux réfugiés patentés le droit de quitter le pays qui leur accorde l'asile. Cette fuite dans le système refroidissait jusqu'à Calais tout élan en faveur d'un partage européen du «fardeau». Coïncidence ou pas, des pays comme le Portugal se disent prêts aujourd'hui à honorer leur part de la promesse collective d'accueillir 160.000 réfugiés dans l'UE.
Merkel peut brandir de nouvelles images de détresse au cœur de l'Europe
Dans sa croisade, Angela Merkel peut brandir de nouvelles images de détresse au cœur de l'Europe. «Il y a urgence», dit-elle. La photo du petit Aylan, retrouvé noyé sur une plage turque, avait provoqué l'émotion. Six mois ont passé et les foules qui se pressent contre les grillages de la frontière macédonienne pointent cette fois un doigt accusateur. Le pape François exhorte les Européens à se «répartir équitablement la charge». L'ONU et le HCR évoquent une crise que l'UE «a par elle-même largement provoquée».
C'est une illusion de croire que les réfugiés se laisseront enfermer
Sans soupçonner ni Berlin, ni même Athènes de machiavélisme, il est aussi raisonnable de croire que le rideau de fer installé en Macédoine finira par se retourner contre ses concepteurs, une demi-douzaine de pays de l'UE emmené par l'Autriche et par la Hongrie. 
«C'est une illusion de croire que les réfugiés se laisseront enfermer, avertit un ambassadeur en poste à Bruxelles. Ils rejoindront le nord de l'Europe via l'Albanie ou l'est des Balkans. Tout ce que nous aurons gagné, ce sont des troubles en Grèce.»
La doyenne des sommets réussira-t-elle à changer le rapport de forces? 
Matteo Renzi, inquiet de voir la route de l'exode repasser par la Botte, dit à son tour tout haut ce que beaucoup murmurent autour de la chancelière, depuis des mois : la solidarité européenne est à deux sens et si l'Europe orientale la refuse pour les réfugiés «nous l'économiserons aussi» quand viendra l'heure de contribuer aux 300 milliards de fonds «structurels», principalement destinés à l'Europe orientale. La doyenne des sommets réussira-t-elle à changer le rapport de forces? Rien ne le garantit. Beaucoup dépendra du choix d'un président français que certains décrivent, à Bruxelles, comme fixant le bout de ses chaussures en espérant que l'orage passe. Angela Merkel sera dès vendredi à l'Élysée, pour lui dire ce qu'elle croit.
700 millions d'euros pour aider les pays de l'UE à faire face à des urgences humanitaires
La commission Juncker propose de dégager 700 millions sur trois ans, afin d'aider les pays de l'UE à faire face à des urgences humanitaires, comme celle que connaît la Grèce. Confrontée depuis des mois à l'arrivée massive de migrants, Athènes demande à l'Union européenne 480 millions d'euros pour financer l'accueil de 100.000 personnes. Jusqu'ici, l'Europe réservait ce type d'aide aux pays tiers et n'avait rien prévu pour elle-même.

C'est le budget de l'UE qui contribuera, avec 300 millions cette année et 200 millions en 2017, puis 2018.

Les crédits seront dépensés conjointement avec des organisations internationales comme le HCR, et des ONG.
«nous ne savons pas combien de réfugiés l'Europe va accueillir»
Le montant avancé n'est pas un plafond car «nous ne savons pas combien de réfugiés l'Europe va accueillir», indique Christos Stylianides, commissaire en charge de l'Aide humanitaire.
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