€CALYPSE NEWS

lundi 1 février 2016

Belgique: terrorisme, Bruxelles est-elle un "trou à rats"?

A010216

11:20 -
"Le candidat républicain Donald Trump parle de Bruxelles comme d’un « trou à rats »… C’est à ce point injurieux et excessif que cela rend ridicule l’auteur d’un tel amalgame" rapporte Le Monde citant le premier ministre belge, Charles Michel.

Charles Michel est l'exemple archétypique de cette élite européenne absolument coupée des réalités et donc incapable de supposer que Donald Trump puisse gagner les élections américaines alors qu'il est déjà bien parti pour gagner les primaires républicaines et pas seulement d'après les sondages puisque tous ses adversaires se comportent déjà avec lui comme s'il était le favori.

C'est pourquoi il ne faut pas attendre de Charles Michel une quelconque analyse objective de la question du terrorisme et pas plus lui que ses prédécesseurs n'améliorera en rien la sécurité de son pays. 

Il ne cesse pourtant de constater, mais seulement pour s'en désoler, que toutes les mesures prises au niveau européen sont inefficaces par l'absence de volonté des Etats membres à jouer pleinement le jeu du collectif. Mais, plutôt que d'en tirer les conclusions qui s'imposent, à savoir d'abandonner cette illusion de l'Unité européenne, il persiste à en vouloir davantage sans être gêné le moins du monde par la contradiction de son discours. 
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« La Belgique a des difficultés avec le fanatisme, mais pas plus que les banlieues françaises » 

Propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) pour Le Monde, le 1er Février 2016 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 1er Février 2016 
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Les responsables gouvernementaux, ainsi que les services judiciaires et de renseignement français et belges devaient se rencontrer lundi 1er février, à Bruxelles. A la veille de ce « sommet » inédit, qui réunira notamment, côté français, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas, le premier ministre belge, Charles Michel, un libéral qui dirige depuis seize mois une coalition de trois partis – dont un seul francophone, le Mouvement réformateur –, a répondu aux questions du Monde.

Le Monde - Paris a accusé votre pays d’être à la traîne de la lutte antiterroriste.
Nous voulons prendre des engagements plus opérationnels et plus concrets
Charles Michel - Très vite après mon entrée en fonctions, je me suis rendu à l’Elysée et j’y ai indiqué que notre coopération en matière de sécurité était cruciale. Et quoi qu’on ait pu dire, elle fonctionne plutôt bien. Les échanges sont les plus systématiques possibles, des équipes d’enquête conjointes sont en place. Nous voulons toutefois prendre des engagements plus opérationnels et plus concrets. Nous pouvons aussi améliorer notre lutte conjointe contre la radicalisation.

Le Monde - Pour les attentats de novembre 2015, des individus repérés comme radicaux sont passés entre les mailles du filet…
Il faut davantage harmoniser les échanges de renseignement
Charles Michel - Il faut davantage harmoniser les échanges de renseignement, au niveau bilatéral comme au plan européen. J’ai plaidé pour la création d’une plate-forme européenne plus structurée au niveau du renseignement, pas seulement au niveau policier et judiciaire. Ces échanges-là restent essentiellement bilatéraux, or ils devraient concerner tous les membres de l’espace Schengen. Tous n’apprécient pas de la même manière le moment où une information doit être communiquée à l’ensemble des pays membres. Quant au PNR européen, le fichier des passagers aériens, approuvé après de scandaleuses lenteurs, il ne fonctionnera que si les échanges entre les pays fonctionnent vraiment.

Le Monde - Au niveau belge, que projetez-vous alors que Molenbeek est désormais inscrite sur la carte du djihadisme mondial ?
Je veux tordre le cou aux exagérations, aux caricatures, aux raccourcis, aux dérapages
Charles Michel - Je veux d’abord tordre le cou aux exagérations, aux caricatures, aux raccourcis, aux dérapages auxquels nous avons assisté. Mais je suis lucide : la Belgique et Bruxelles connaissent-elles des difficultés liées à la montée en puissance du fanatisme ? Oui. Mais pas plus que les banlieues françaises ou d’autres pays. Nous avons affirmé, avant les attentats contre Charlie Hebdo, que la lutte contre le radicalisme était l’une de nos très grandes priorités. Nous avons pris une douzaine de mesures structurelles après le démantèlement d’une cellule à Verviers en 2014, et nous avons pris à bras-le-corps le problème de Molenbeek, étendu la durée de la garde à vue, facilité les écoutes, élargi les possibilités de perquisitions, etc. Mais nous sommes confrontés à un terrorisme qui a tiré les leçons de ses échecs antérieurs.

Le Monde - Vos prédécesseurs ont-ils mesuré l’ampleur du problème ?
des tabous sont tombés et l’opinion a pris conscience de ce qui se déroule
Charles Michel - Je ne fais pas le procès du passé mais des courants politiques étaient sans doute moins préoccupés par les questions de sécurité et le rôle de l’Etat. Quand mon parti ouvrait le débat sur l’intégration, les valeurs fondamentales ou la ghettoïsation de certains quartiers, des responsables, des intellectuels ou des journalistes le taxaient vite de raciste ou de xénophobe. Le seul mérite de ce qui s’est déroulé est que des tabous sont tombés et que l’opinion a pris conscience de ce qui se déroule.

Le Monde - Le candidat républicain Donald Trump parle de Bruxelles comme d’un « trou à rats »…
C’est à ce point injurieux et excessif que cela rend ridicule l’auteur d’un tel amalgame
Charles Michel - C’est à ce point injurieux et excessif que cela rend ridicule l’auteur d’un tel amalgame.

Le Monde - Un échec de l’intégration a-t-il contribué au développement du phénomène djihadiste ?
On se trompe en cherchant des causes sociales à ce qui n’est rien d’autre qu’une idéologie fanatique
Charles Michel - Même si je ne suis pas de gauche, je partage l’opinion de Manuel Valls : rien n’excuse ou ne justifie un passage à l’acte à ce point abject. On se trompe en cherchant des causes sociales à ce qui n’est rien d’autre qu’une idéologie fanatique qui veut imposer par la violence extrême sa vision obscurantiste. Nous devons la combattre, sans toutefois renoncer à nos valeurs fondamentales.

Le Monde - Le niveau d’alerte 3, sur une échelle 4, est maintenu en Belgique. Vous redoutez un prochain attentat ?
la menace sur l’Europe n’est pas écartée
Charles Michel - On sait que la menace sur l’Europe n’est pas écartée et le risque zéro n’existe pas. Cela nous oblige à être plus actifs au plan de la sécurité mais aussi pour la résolution des conflits qui alimentent le terrorisme.

Le Monde - Votre ministre de l’intérieur, Jan Jambon, a jugé que Salah Abdeslam, en fuite, bénéficiait sans doute de soutiens au sein de la communauté musulmane. Vous partagez ce point de vue ?
Ce qui nous frappe, c’est que les auteurs de ces attentats sont nés chez nous, y ont été éduqués, y ont connu notre mode de vie.
Charles Michel - Nous avons toujours invité à éviter les amalgames. Ce qui nous frappe, c’est que les auteurs de ces attentats sont nés chez nous, y ont été éduqués, y ont connu notre mode de vie. On ne peut nier, par ailleurs, des phénomènes apparus après les attentats, comme les « Je ne suis pas Charlie » ou, chez certains, une absence de rejet de ce qui s’était déroulé. Si le ministre de l’intérieur veut souligner qu’il n’y a pas de complète unanimité pour condamner les attentats, il ne se trompe pas.

Le Monde - Vous comptez aussi évoquer la question de la « jungle » de Calais avec vos interlocuteurs français. Pourquoi ?
nous ne voulons pas que s’installent chez nous des camps temporaires et des zones de non-droit
Charles Michel - Nous sommes confrontés, pour la première fois en Belgique, à des problèmes compte tenu de l’aggravation de la situation sur place et nous ne voulons pas que s’installent chez nous des camps temporaires et des zones de non-droit. Nous avons, il y a quelques jours, pris les premières mesures pour éviter cela et nous voulons voir quelles sont les intentions du gouvernement français. Je ne stigmatise personne mais je constate que ce problème existe depuis des années. A Bruxelles, nous avons empêché, sans violence, le développement d’un camp de demandeurs d’asile dans un parc. 
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