lundi 15 février 2016

Allemagne: Schengen, il y avait une vie avant, y aura-t-il une vie après?

A150216

09:30 -
"Il y avait aussi une vie avant la réunification allemande. À ce moment-là, les frontières étaient bien protégées!" a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel cité par le Figaro.


Mai 68 a-t-il été la première révolution colorée de l'histoire moderne? Avec le recul, la réponse est manifestement oui et il n'aura fallu qu'une vingtaine d'années pour faire chuter l'URSS et le Mur de Berlin. Tout était donc bien parti pour imposer à la planète l'hégémonisme du néo-libéralisme déchainé anglo-saxon et son corporate power lorsqu'a surgi un homme non calculé dans le projet, un certain Vladimirovich alias Vladimir Poutine. 

L'humour grinçant de Merkel met en évidence son complexe d'Allemande de l'Est enviant par dessus les barbelés la vie des Allemands de l'Ouest transformés en zombies consommateurs-pollueurs-empoisonneurs à cause de qui la crise des réfugiés d'aujourd'hui n'est encore rien à comparer avec celle de demain, celle des réfugiés climatiques, le climat jouant le rôle des terroristes et devenant le nouveau Golem de ce néo-libéralisme outrancièrement déchainé. 

En tout cas, pour l'heure, plus d'un million de réfugiés sont arrivés en Allemagne en 2015, ce qui ouvre le droit via le regroupement familiale à l'arrivée prochaine de 6 à 7 millions de nouveaux arrivants à partir de mi 2016 auxquels il faut rajouter tout ceux - ils sont déjà 100 000 à avoir franchi la frontière allemande en Janvier - qui vont débarquer d'ici l'été et entraineront, à leur tour, leur famille élargie.

Tout cela fait que nous allons devoir compter non pas en millions, mais en dizaines de millions et pour en faire une centaine, il ne faut, après tout, qu'une dizaine de dizaine: fortement improbable? Nous verrons mais si l'Europe ne ferme pas ses frontières - or, comment pourrait-elle le faire?- et si la Turquie ne coopère pas - or pourquoi le ferait-elle? -, la centaine de millions de réfugiés en Europe - entre ceux qui sont déjà là et ceux qui auront le droit d'y être par regroupement familiale - pourrait être virtuellement actée en 2017.
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Migrants : Merkel en position d'accusée

Par Nicolas Barotte pour Le Figaro, le 14 Février 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 15 Février 2016


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À quatre jours d'un Conseil européen, de nombreux responsables, dont Manuel Valls, ont pris leurs distances.
La crise des migrants s'est transformée en piège pour la chancelière
Une semaine décisive s'ouvre pour Angela Merkel. La crise des migrants s'est transformée en piège pour la chancelière. L'opinion publique allemande ne la soutient plus et son propre parti, la CDU, gronde et réclame encore un durcissement du droit d'asile. Les dernières mesures adoptées en Conseil des ministres n'ont pas été votées par le Bundestag mais la direction du parti va étudier dès lundi de nouvelles dispositions.
 Allemagne, 100.000 à avoir franchi la frontière en janvier
Mais le rendez-vous principal se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. Le prochain Conseil européen s'annonce tendu. Angela Merkel et ses interlocuteurs sont pourtant apparemment d'accord sur les priorités: sécurisation des frontières extérieures de l'Union, partenariat avec la Turquie pour réduire le flux des arrivées. Mais les autres États membres ne veulent partager ni ce fardeau ni son coût financier. «Un continent de 500 millions d'habitants ne peut pas capituler devant 1,5 ou 2 millions de réfugiés», s'était emportée, en vain, vendredi la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen. Mais l'urgence concerne avant tout l'Allemagne et son million de demandeurs d'asile enregistrés en 2015. Et ils sont déjà 100.000 à avoir franchi la frontière en janvier.
 La position de la France n'a jamais été de dire “venez tous”!
La chancelière fait figure d'accusée dans la crise: ses partenaires européens lui reprochent sa politique d'ouverture et l'appel d'air qu'elle aurait créé. Lundi, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie ont prévu de discuter d'un verrouillage de la route des Balkans. Même la France a pris ses distances. «La position de la France n'a jamais été de dire “venez tous”!», a lâché sévèrement le premier ministre Manuel Valls samedi lors d'un déplacement à Munich. Le chef du gouvernement rejette en l'état la proposition de contingents de demandeurs d'asile qui seraient répartis au sein de l'Union. La France n'acceptera pas plus que les 30.000 personnes décidées l'automne dernier. Seule une poignée est déjà arrivée.
 Le gouvernement socialiste français et celui de droite nationaliste polonais utilisent presque les mêmes arguments
Vendredi à Berlin, la première ministre polonaise Beata Szydlo a déclaré la même chose: «Nous n'accepterons pas un tel mécanisme», a-t-elle déclaré. Le gouvernement socialiste français et celui de droite nationaliste polonais utilisent presque les mêmes arguments: les sociétés sont arrivées au maximum de leur tolérance, le climat de menace terroriste, les agressions de Cologne qui ont choqué les opinions publiques... «Tout cela est ensuite utilisé par l'extrême droite», a regretté Manuel Valls.
Le soutien de George Clooney
il n'y a plus beaucoup de différences entre ceux qui causent leur fuite et nous
Les soutiens de la chancelière ne comptent pas dans le rapport de force européen. Que ce soit l'acteur américain George Clooney, engagé en faveur des réfugiés, qui s'est entretenu avec elle vendredi. Ou bien le secrétaire général d'Amnesty International Salil Shetty, qui a mis en garde dimanche à Munich: 
«Quand nous commençons à traiter les réfugiés qui fuient la guerre comme des criminels, il n'y a plus beaucoup de différences entre ceux qui causent leur fuite et nous.»
 C'est la nature du courage politique
Ou encore le secrétaire d'État américain John Kerry, qui lui a rendu hommage samedi. «La chancelière Angela Merkel a fait preuve d'un courage remarquable», a-t-il déclaré en assurant savoir «combien celà lui a coûté»: «C'est la nature du courage politique», a-t-il ajouté.
Merkel semble vouloir défendre sa ligne
Apparemment, Angela Merkel semble vouloir défendre sa ligne, la seule selon elle capable de sauvegarder le principe des accords de Schengen: une solution européenne à la crise, avec les solidarités nécessaires. Sinon, ce sont des solutions nationales qui s'imposeront. Dans l'entourage de la chancelière, on ne fait pas de mystère de son impatience: sans solution rapide pour réduire le flux de réfugiés, l'Allemagne devra en tirer des conséquences. Mais une fermeture des frontières allemandes risquerait de déstabiliser ses voisins, fait-on comprendre. Vendredi, Angela Merkel a ironisé sur ceux qui lui parlent «de la vie avant les accords de Schengen».
 Il y avait aussi une vie avant la réunification allemande
«Il y avait aussi une vie avant la réunification allemande. À ce moment-là, les frontières étaient bien protégées!», a-t-elle lancé. Humour grinçant.
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Le seul événement compréhensible est l’allongement des files des patients qui vont consulter leurs psychiatres

« Tout le monde est angoissé ou dans l’incompréhension des choses et les événements eux-mêmes suivent leurs cours sans aucun frein, dan...