lundi 15 février 2016

Allemagne: Conseil européen du 18-19 Février, les enjeux pour Merkel

F150216

21:20 -
"La chancelière devrait demander un vote de confiance [du Bundestag, ndlr] si elle ne parvient pas à obtenir une solution européenne à la crise migratoire lors du prochain sommet des dirigeants européens prévu les 18 et 19 février à Bruxelles" rapporte Sputnik.


 Autrement dit, si Merkel n'obtient pas un communiqué final au sommet de Bruxelles très largement favorable à sa politique, cela pourrait entrainer une crise politique en Allemagne via le vote de confiance, la majorité dont bénéficie Merkel s'érodant rapidement et pouvant même se révéler illusoire, sait-on jamais?

Les chiffres pour le début de cette année 2016 sont affolants: plus de 100 000 entrées illégales en Allemagne rien que pour le mois de Janvier! A ce rythme-là, ce sont plusieurs millions d'entrées illégales qu'il faut prévoir d'ici la fin de l'année. 

Or Merkel table tout sur la Turquie dont le souci principal est ailleurs et exige toujours davantage de la part de Merkel obligée d'outrepasser ses compétences pour y répondre d'une façon parfaitement illégitime, n'ayant aucun mandat de la part des membres de l'UE pour décider au nom de l'Union. 

En obtiendra-t-elle un, avec effet rétroactif pour les décisions qu'elle a déjà prises, lors du prochain Conseil à Bruxelles?
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Crise migratoire: la CDU menace d'exclure la Grèce de l'espace Schengen
Sputnik, le 15 Février 2016
Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 15 Février 2016
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Sur fond de crise migratoire, l'élite politique allemande est partagée: la CDU juge que la Grèce, plaque tournante de l'exode, devrait être exclue de Schengen, le président du SPD met en garde contre cette mesure. De son côté, le FDP propose à Angela Merkel, initiatrice de la politique des frontières ouvertes, de demander un vote de confiance.

  soutenir la Macédoine dans la fermeture de sa frontière avec la Grèce
Aujourd'hui, les chefs de gouvernement de Hongrie, de Pologne, de République tchèque et de Slovaquie — pays du groupe de Visegrad — examinent à Prague des mesures visant à soutenir la Macédoine dans la fermeture de sa frontière avec la Grèce. Ils semblent être résolus à bloquer l'itinéraire des migrants passant par les Balkans.
  la Grèce risque de se retrouver en dehors de l'espace Schengen
Or, suite à la mise en œuvre de cette mesure la Grèce risque de se retrouver en dehors de l'espace Schengen, écrit le journal Spiegel Online.
 "Il ne faut pas isoler la Grèce"
La veille de la rencontre, le vice-chancelier allemand et président du SPD Sigmar Gabriel a lancé un appel aux pays de l'Union européenne. Dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung il a écrit:
"Il ne faut pas isoler la Grèce".
Toute exclusion ou isolement d'un Etat-membre de l'UE ne s'avérera être qu'une solution illusoire "envenimant la discussion européenne".
  murs anti-migrants construits à la frontière gréco-macédonienne
Or, la menace d'un tel isolement surgit si les "idées des conservateurs" sont mises en œuvre et si des murs anti-migrants sont construits à la frontière gréco-macédonienne.
  prendre en compte l'avis des pays concernés
"Il est impossible de redéfinir les frontières de l'Europe sans prendre en compte l'avis des pays concernés", écrit Sigmar Gabriel. Selon lui, les mesures qui importent le plus sont l'enregistrement des migrants, des moyens suffisant pour leur hébergement et une répartition ordonnée dans les pays de l'UE.
La lettre signée par M. Gabriel et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et adressée aux sympathisants européens du Parti social-démocrate (SDP) contenait un message similaire. Il y a été notamment indiqué que "l'Europe traverse une des épreuves les plus pénibles de son histoire".
Pendant ce temps, le secrétaire général du conseil économique de la CDU Wolfgang Steiger a déclaré ce qui suit dans un entretien au journal Die Welt
la Grèce devrait être exclue de l'accord de Schengen
"Faute d'une entente européenne sur le dossier des réfugiés, la Grèce devrait être exclue de l'accord de Schengen".
Pour l'Allemagne, le prix d'une fermeture provisoire des frontières est inférieur à celui de la politique des portes ouvertes, a-t-il fait savoir. Selon M. Steiger, pas tous les pays membres de l'UE ont assuré les prémices de l'ouverture des frontières internes.
Il assure que la Grèce méprise ses engagements relatifs à la protection des frontières extérieures de l'UE et l'Union européenne en a déjà subi les conséquences:
Nous n'avons pas le temps d'attendre 
"Nous n'avons pas le temps d'attendre que la Grèce se mette à respecter les standards européens. Si le pays n'accomplit pas ses devoirs, (l'espace, ndlr) Schengen doit être recentré sur l'Europe centrale".
Le gouvernement fédéral envisage de renforcer la frontière entre la Grèce et la Turquie
Le gouvernement fédéral envisage de renforcer la frontière entre la Grèce et la Turquie. La chancelière fédérale Angela Merkel veut obtenir que — au moins à moyen terme — un certain nombre de réfugiés syriens affluant en Turquie soient répartis entre les pays de l'UE. Or, cette politique est jugée controversée.
  la politique de portes ouvertes menée par l'Allemagne est une erreur
Le chef du gouvernement slovaque Robert Fico a, par exemple, déclaré que la politique de portes ouvertes menée par l'Allemagne était une erreur, d'autant plus que l'Allemagne voulait entraîner d'autres pays dans la résolution de ce problème.
  la chancelière devrait demander un vote de confiance
La politique d'Angela Merkel concernant les migrants est tellement controversée que, selon le président du Parti libéral-démocrate (FDP) Christian Lindner, la chancelière devrait demander un vote de confiance si elle ne parvient pas à obtenir une solution européenne à la crise migratoire lors du prochain sommet des dirigeants européens prévu les 18 et 19 février à Bruxelles.
Débat autour des mesures d'intégration
Le conseil fédéral de la CDU envisage d'adopter aujourd'hui un concept relatif à l'intégration des réfugiés, prévoyant notamment: 
  • des exceptions à la loi sur le salaire minimum
  • un seuil administratif plus élevé dans leur voie vers le titre de résidence à durée indéterminée. 
  • des mesures de rétorsion sont prévues pour les migrants refusant l'intégration au sein de la société d'accueil. 
Le SPD a émis des critiques aiguës à l'égard des mesures en question.
"Ne pas investir dans les cours de langue, mais punir les gens ne parlant pas la langue est une politique dénuée de toute raison", a déclaré le député SPD Matthias Miersch.
Thomas Oppermann, président du groupe parlementaire du parti, et d'autres sociaux-démocrates se sont également prononcés contre les projets de la CDU.
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