vendredi 29 janvier 2016

UE: guerre des réfugiés, 20 à 30 fois plus d'arrivées qu'il y a un an

D290116

21:15 -
"Chaque jour 2.000 à 3.000 migrants arrivent en Europe soit 20 à 30 fois plus qu'en janvier 2015 selon l'Organisation internationale pour les migrations et les mesures restrictives d'accueil jusqu'aux programmes annoncés d'expulsions massives sont complètement illusoires et ne sont que des messages politiques pour rassurer les citoyens européens" rapporte Sputnik citant Jean-François Quantin du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP.

Un formidable cover-up a été instauré depuis le début de l'année, en particulier suite aux évènements de Cologne en Allemagne, sur cette guerre des réfugiés par l'ensemble des médias subventionnés par nos impôts ce qui fait que plus les gens s'intéressent à cette question, moins ils sont informés car ils financent, sans le savoir, une logique d'information perverse qui joue sur deux tableaux contradictoires:

- D'un côté, les médias rapportent des évènements graves qui font monter l'angoisse

- De l'autre, ils relayent des informations sur des mesures sécuritaires qui viseraient à protéger les citoyens.

Résultat: les citoyens en question ne savent plus s'ils doivent avoir peur ou faire confiance à leur gouvernement. Et c'est donc l'angoisse qui s'installe sournoisement, une angoisse paralysante qui ne laisse aucune autre réaction possible que la compassion qui n'est évidemment pas une réponse adéquate pour faire face à cette crise.

Du coup, toutes les autres crises s'estompent artificiellement, comme si elles n'existaient plus. Pire, il devient indécent de se plaindre de quoi que ce soit car avec ces milliers de réfugiés qui, eux, fuient la mort, de quoi pouvons-nous nous plaindre, nous, qui habitons un pays qui n'est pas en guerre civile et où nos vies ne sont tout de même pas en danger permanent?

Autrefois - il n'y a pas si longtemps que ça -, la misère était loin, à l'autre bout du monde. Aujourd'hui, elle est là, sous nos yeux et nous en sommes responsables à double titre: d'abord pour en être en grande partie à l'origine et ensuite parce que la proximité des réfugiés que nous devons accueillir ne nous permet plus de prendre le prétexte de l'éloignement pour détourner le regard et vivre comme si elle ne nous concernait pas.

En sommes, notre misère - celle que nous avons fabriquée ET fait venir chez nous - s'impose à nous et nous sommes totalement désarmés pour la gérer à notre façon habituelle, c'est à dire en ne la gérant pas du tout. Non seulement elle s'impose à nous, mais elle le fait avec violence selon des règles qui nous remettent en question dans notre quotidien. L'époque Charlie a fait long feu, les illusions sont tombées, restent une réalité qui nous dépasse et, finalement, nous écrase.

Pour nous remettre d'aplomb, il n'y a pas 36 voies mais une seule: refuser la compassion et traiter la crise des réfugiés comme une guerre. 
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Bruxelles veut mettre en place des politiques de retour des migrants économiques

Par Gaëlle Nicolle pour Sputnik, le 29 Janvier 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 29 Janvier 2016


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60% des migrants arrivés en Europe au mois de décembre sont des migrants économiques. C’est la Commission européenne qui livre ce chiffre, établi par Frontex. L’Europe doit donc se concentrer sur les politiques de retour, selon le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans.
Les retours, effectués en charters, pourraient prendre des années, selon le premier ministre
La Suède et la Grèce, par exemple, sont déjà confrontées à ce problème: la Suède a l'intention d'expulser 80.000 migrants arrivés en 2015 et dont la demande d'asile a été ou sera rejetée. Les retours, effectués en charters, pourraient prendre des années, selon le premier ministre. La Grèce, de son côté, peine à renvoyer les migrants économiques vers le Pakistan ou le Maroc: les pays d'origine ne se montrant pas toujours coopératifs. Miguel Puente, porte-parole de la Commission Européenne en France, pointe les difficultés:
pas d'accord de réadmission 
"En ce moment de crise migratoire, il faut travailler sur deux axes. C'est-à-dire l'axe de l'asile, d'accepter les réfugiés et les redistribuer au sein de l'union européenne mais aussi travailler sur l'axe du retour. Et là, franchement, c'est vrai que l'on n'a pas eu beaucoup de succès dans le sens où l'on n'a pas conclu d'accord de réadmission avec plusieurs pays, par exemple le Pakistan ou le Maroc. Ces accords sont en train d'être négociés et malgré ces chiffres que vous mentionnez, en réalité, il faudrait renvoyer beaucoup plus de migrants irréguliers dans leur pays d'origine. Et en ce moment, les procédures bureaucratiques et le manque d'accord de réadmission avec certains pays d'origine empêche ce retour."
L'espace Schengen est mis à mal, et ça pourrait être pire
L'espace Schengen est mis à mal, et ça pourrait être pire. Face au flux de réfugiés, certains pays européens ont réintroduit des contrôles à leurs frontières. Sur les 26 États membres de l'espace Schengen, la Suède, le Danemark, l'Allemagne, l'Autriche et le France ont réinstauré des contrôles à leurs frontières pour six mois. Deux autres pays y songent: la Norvège, et la Pologne. Le 25 janvier, les ministres de l'Intérieur européens ont appelé la Commission à allonger la période durant laquelle les pays sont autorisés à suspendre Schengen. Les accords peuvent effectivement être suspendus 2 ans si les frontières extérieures sont vulnérables, comme c'est le cas actuellement de la Grèce. Elle dispose d'un sursis de trois mois pour prouver qu'elle arrive effectivement le flux de migrant qui arrivent sur ses côtes: mais n'est-ce pas trop demander à un pays déjà en crise, ne se dirige-t-on pas inexorablement vers une suspension de 2 ans des accords Schengen? Si c'est le cas, la Grèce ne serait pas de facto suspendue de Schengen, comme annoncé par plusieurs médias.
c'est une situation difficile
"Il y a toute une série d'instruments financiers, d'aides pour la Grèce, pour essayer de reconstruire la meilleure gestion de la frontière, l'agence Frontex est en train de déployer beaucoup de moyens en Grèce. On a mis en place des « hot spots », c'est-à-dire des centres de triage de réfugiés sur les îles de la mer Égée et là des agents européens coopèrent et aident au maximum les autorités grecques. Elles aussi nous ont demandés de l'aide, mais c'est une situation difficile."
message politique pour rassurer les citoyens de l'UE
Le retour les migrants dans leur pays d'origine: message dissuasif pour les prétendants à l'asile ou message politique pour rassurer les citoyens de l'UE? Selon Frans Timmermans, ce chiffre fourni par Frontex doit servir d'accélérateur à la mise en place d'une politique de retour « efficace et harmonisée », car il en va de la sympathie des citoyens envers les demandeurs d'asile. Effectivement, selon un récent sondage Ifop commandé par Atlantico, 60% des français se montrent défavorables à l'accueil des réfugiés. Jean-François Quantin du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) est plus circonspect sur la volonté et l'efficacité des déclarations de la Commission:
c'est totalement illusoire
"Il y a déjà les pays qui sont clairement en guerre, vers lesquels on ne peut pas vraiment renvoyer, qui sont l'Erythrée, la Syrie, le Soudan et d'où viennent la majorité des demandeurs d'asile. Là, on sait qu'ils sont en guerre et qu'on ne peut pas y renvoyer des êtres humains: ce serait commettre un crime. Pour les autres, il faut des procédures comme celles de l'Ofpra en France, qui mettent des mois à instruire les dossiers, à rencontrer les personnes, pour établir si elles sont réellement en danger dans leur pays. Donc à la va vite déclarer en quelques heures ou quelques jours que c'est un migrant économique ou un réfugié, c'est totalement illusoire."
Chaque jour 2.000 à 3.000 migrants arrivent en Europe soit 31 fois plus qu'en janvier 2015
Chaque jour 2.000 à 3.000 migrants arrivent en Europe. L'Organisation internationale pour les migrations estime que 45 361 migrants sont arrivés en Grèce par la mer entre le 1er et le 26 janvier, soit 31 fois plus que pour tout le mois de janvier 2015. Le prochain Conseil européen doit faire le point sur la mise en œuvre des décisions qu'il a prises pour faire face à la crise des migrants et des réfugiés: nous verrons si elles sont adaptées aux réalité du terrain.
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