lundi 25 janvier 2016

France: La Nouvelle Jungle de Calais, une ébauche de l'ex-France du jour d'après

A250116

06:00 - "La Nouvelle Jungle" de Calais est une zone extra-territorialisée qui passe progressivement sous le joug des organisations criminelles internationales de type No Borders dont le but est de prendre le contrôle, peut-être dès le lendemain du référendum sur le Brexit, du trafic entre le continent européen et le Royaume Uni.

L'Etat français, qui n'a plus d'Etat que le nom et de français que le drapeau, n'est pas en mesure d'assurer la sécurité, sans parler de l'application du droit français, sur une grande partie du territoire national. Lors de l'effondrement de l'UE, qui entrainera celui de l'Etat, les enclaves du type Nouvelle Jungle de Calais se révolteront partout en France un peu dans le style de la révolte des banlieues de 2005.

Toutes les grandes métropoles seront alors assiégées et prises d'assaut par des bandes armées que les forces de sécurité ne seront pas en mesure de contenir. Les évènements de Cologne montrent que ce scénario est parfaitement crédible, probable et même inéluctable, (presque?) partout en Europe.


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Calais - quelle issue et quand ?

Stratediplo, le 24 Janvier 2016

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 25 Janvier 2016


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On demande où va Calais, comme si ce petit épiphénomène importait plus que la chicane d'un PC de compagnie dans les Ifoghas ou la peinture de la grille d'un consulat à Tegucigalpa.
  une enclave extra territorialisée
Le gouvernement a démontré son désintérêt pour une enclave extra territorialisée de quelques milliers d'humains de nationalités et allégeances indéterminées, minuscule en comparaison avec les milliers de zones de droit non-français (imposé à des citoyens français) de dizaines ou centaines de milliers d'habitants chacune, qui parsèment maintenant le territoire national et ceinturent même certaines métropoles majeures.
  l'application d'un autre droit
Il y accepte l'application d'un autre droit, que ce soit en matière de mouvement, propriété et occupation, habitat, normes sanitaires, bromatologie, taxes (personne ne s'imagine que la direction des camps laisse ouvrir des restaurants et commerces sans les taxer), statuts des personnes et relations interpersonnelles, détention d'armes etc. et finalement le principal scandale administratif est qu'il y déverse des milliers d'allocations de présence illégale à des personnes dont il ne cherche pas à connaître l'identité, et qui n'ont aucune vocation à revenir sur le territoire français administré.
 usurpation et la ré-allocation des maisons abandonnées à la nouvelle population
Il y a immobilisé le dixième des forces de maintien de l'ordre de deuxième catégorie françaises (pour une simple contention à distance sans velléité de restauration de l'ordre), ce qui n'est évidemment tenable que tant qu'il ne se produit pas le moindre petit événement ailleurs, sacrifice peut-être consenti pour éviter une réaction populaire des Calaisiens, le temps que les quartiers les plus proches du chancre se vident de leurs habitants, dans l'acceptation semble-t-il de l'usurpation et la ré-allocation des maisons abandonnées à la nouvelle population, par des organisations subversives que le préfet du Pas-de-Calais Fabienne Buccio et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve ont nommément désignées sans pour autant fermer leurs comptes bancaires d'approvisionnement indéterminé ou inculper leurs dirigeants.
la Nouvelle Jungle comme une sortie du territoire sous souveraineté française
On ignore si les coûteuses mesures d'éloignement physique pour moins de cinq jours dénoncées par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (Adeline Hazan) et le non gouvernemental Comité inter-mouvements auprès des évacués (CIMADE) visent des agitateurs déterminés ou simplement un pourcentage aléatoire de surnuméraires volontaires pour un tourisme de haut vol de quelques jours dans d'autres régions, puisque ces mesures de rétention administrative sont systématiquement annulées au bout de quelques jours et les procédures de décision d'obligation de quitter le territoire français (obligatoires pour détourner l'usage des Centres de rétention administrative) abandonnées... peut-être justement parce que la préfecture du Pas-de-Calais considère le retour immédiat des intéressés à la Nouvelle Jungle comme une sortie du territoire sous souveraineté française, ou parce qu'elle n'a aucun moyen d'obtenir le nom et la nationalité de personnes pratiquement toutes sans papiers d'identité, bien que récipiendaires des allocations de présence illégale en espèces, en plus de la nourriture en excès qui, elle, est servie en nature.
 empêcher les seules actions hors enclave qui sont de nature à nuire aux relations avec le Royaume-Uni
Ce qui est certain, c'est que si le gouvernement envisageait une réduction à terme de la colonie il interdirait l'arrivée de nouveaux colons, ce qui ne doit pas être techniquement insurmontable s'agissant de quelques dizaines d'hectares en une seule emprise facilement isolable par quelque enceinte grillagée, et s'il envisageait une intégration à terme il y réintroduirait les lois françaises, en commençant par arrêter et présenter à la justice, à titre éducatif, d'abord les chefs et membres des commandos effectuant des opérations à l'extérieur de l'enclave (recherche de femmes, pillage de commerces, abordage de camions, intrusion dans les installations binationales et maintenant capture de bateaux), puis les membres du service de sécurité périmétrique de l'enclave, puis les professionnels des métiers illégaux (consultants en clandestinité, entraîneurs paramilitaires, trafiquants d'armes, extorqueurs) ou pratiqués illégalement (restauration, commerce), au lieu de se limiter à tenter d'empêcher les seules actions hors enclave qui sont de nature à nuire aux relations avec le Royaume-Uni, objet de plus d'attention que la population du Calaisis.
 l'Etat feint la passivité
Or l'Etat feint la passivité, en particulier par l'absence de réponse au téléphone (préfecture comme services centraux du ministère de l'Intérieur) chaque fois qu'un commandant d'unité sur le terrain demande des instructions face à une situation qu'on considèrerait ailleurs comme anormale, obligeant les officiers de gendarmerie mobile et cadres de compagnies républicaines de sécurité à prendre leurs propres décisions, à savoir retraite, défense ferme ou contre-attaque et interpellations, et introduisant ainsi un élément de subjectivité qui, loin d'être un aléa ou une incertitude, permet aux commandants d'unité adverses (qui sont européens voire français, que leurs troupes soient érythréennes ou afghanes) d'établir des profils psychologiques afin de savoir à quelle réaction s'attendre selon quelle CRS ou quel escadron de gendarmerie est de service à telle heure dans telle zone.
  opérations d'intimidation visant à chasser la population calaisienne
Mais, simultanément, le gouvernement laisse entreprendre tous les travaux de pérennisation et durcissement des camps, de la viabilisation à l'installation d'administrations non étatiques (ou du moins non françaises) en passant par la construction d'installations sanitaires et de confort en dur, et laisse passer les opérations d'intimidation visant à chasser la population calaisienne afin d'étendre l'enclave vers des quartiers ex-résidentiels en cours d'abandon.
prendre le contrôle, à terme, des terminaux trans Manches 
Tout cela signifie que le gouvernement n'a l'intention ni de prendre subitement ou résorber progressivement l'enclave, ni de la normaliser pour la réintégrer dans le tissu régional souverainement administré. Il la laisse prospérer, s'endurcir et croître, sachant évidemment que son objectif est de prendre le contrôle, à terme, des terminaux trans Manches d'où seule une opération militaire sanglante (évidemment exclue) permettrait ensuite de la repousser.
 la chute des installations côtières et l'accès à la mer de la zone d'extraterritorialité
La timide contention semble donc n'avoir pour objet que de retarder (et présenter comme inéluctable) l'issue apparemment déjà acceptée, la chute des installations côtières et l'accès à la mer de la zone d'extraterritorialité qui cessera ainsi d'être une enclave et pourra donc se transformer en une sorte de capitainerie de Bodrum (du nom de la plus célèbre base turque d'assaut vers la Grèce).
Si le referendum (Brexit) se tient le 16 juin, les installations portuaires, routières et côtières pourront "tomber" dès le lendemain 
Si l'issue semble certaine, puisque permise, on peut s'interroger sur sa date. On ne voit qu'une raison pour laquelle le gouvernement français, si impérieux envers d'autres peuples (y compris les siens), veuille ménager ceux de Grande-Bretagne, c'est pour éviter d'influencer négativement le referendum sur le rétablissement de la souveraineté britannique. Si le referendum se tient le 16 juin, les installations portuaires, routières et côtières pourront être abandonnées (ou "tomber" malencontreusement) dès le lendemain.

La question de la reconnaissance de la sécession d'une portion de territoire déjà de facto indépendante est traitée dans le Septième Scénario, la question de l'abandon ou de la violation par l'exécutif des textes votés par le législatif est traitée dans la Huitième Plaie. La France va mal parce que son régime fait mal.
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