dimanche 13 décembre 2015

France: régionales, l'arme (fatale?) anti-FN, le recours massif aux procurations de la part des "jeunes"

B131215

06:30 -
"Avec des queues ininterrompues, notamment de jeunes, qui se sont formées devant les commissariats pour établir des procurations, dont on peut supposer qu’elles sont essentiellement motivées par la volonté de contrer la poussée de l’extrême droite, les deux figures de proue frontistes ne sont pas assurées de l’emporter au second tour tandis que la situation semble plus favorable pour Florian Philippot" rapporte "Le Monde".

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Régionales, un second tour à inconnues multiples 

Par Patrick Roger pour Le Monde, le 13 Décembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 13 Décembre 2015 
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Le scrutin du 13 décembre nourrit de multiples inconnues. Un résultat incertain qui, combiné à la possibilité pour le Front national de conquérir pour la première fois une ou plusieurs régions, pourrait avoir pour premier effet d’inciter les électeurs à se déplacer plus massivement qu’au premier tour.
des queues ininterrompues de jeunes pour établir des procurations
La participation au premier tour, le 6 décembre, se situait juste en deçà de la moitié des inscrits. Lors des deux précédentes élections régionales, en 2004 et en 2010, l’abstention entre les deux tours avait reculé d’un peu moins de 5 points. Le rebond de participation pourrait être plus important cette fois du fait du « choc » provoqué par les résultats du FN au premier tour. Ces derniers jours, des queues ininterrompues, notamment de jeunes, se sont formées devant les commissariats pour établir des procurations, dont on peut supposer qu’elles sont essentiellement motivées par la volonté de contrer la poussée de l’extrême droite.

Lors de l’élection législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, en février 2015, l’abstention avait chuté de près de 10 points entre les deux tours, ce qui avait permis au candidat PS de l’emporter alors qu’un déficit de près de 4 points le séparait au départ de la candidate frontiste. Ce regain de participation avait également été observé, à un moindre degré, lors des élections législatives partielles dans la 3e circonscription de Lot-et-Garonne, en juin 2013 (+6,5 points), ou dans la 2e de l’Oise, en mars 2013 (+2,5 points), qui opposaient alors au second tour des candidats de l’UMP et du FN et avaient également permis aux premiers de l’emporter. Cependant, dans les deux cas, les candidats lepénistes avaient progressé entre les deux tours de plus de 20 points.
  la gauche sera absente dans Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Pour la première fois dans un scrutin de cette nature, la gauche sera absente du second tour dans deux grandes régions, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, après la décision du PS de retirer ses listes. Aux élections départementales de mars, un peu plus de la moitié des électeurs qui avaient voté à gauche au premier tour s’étaient reportés, au second, sur le candidat de la droite dans le cas d’un duel droite-FN, près de quatre sur dix ayant choisi de s’abstenir ou de voter blanc ou nul. La droite avait alors gagné 535 de ses 538 duels avec le FN
les responsables politiques de gauche ont appelé à faire barrage à l’extrême droite
Tant en Nord-Pas-de-Calais-Picardie qu’en PACA, les responsables politiques de gauche ont appelé à faire barrage à l’extrême droite. Toutefois, si les instituts de sondage évaluent aux deux tiers les électeurs du PS qui se reporteront sur les listes de droite, cette proportion est beaucoup plus faible pour ceux qui se sont portés au premier tour sur les listes écologistes et/ou du Front de gauche. En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, où le candidat socialiste, Jean-Pierre Masseret, a décidé de maintenir sa liste, contre les consignes nationales du PS, environ la moitié de ses électeurs, selon un sondage Elabe, se reporterait sur la liste de droite ; en revanche, il récupérerait deux tiers des électeurs du Front de gauche et un tiers des écologistes.

L’autre question concerne la qualité des reports au sein de la gauche, que celle-ci ait réussi à fusionner ses listes entre les deux tours ou non. Même si elle s’est globalement rassemblée au second tour – à l’exception de la Bretagne –, les profondes divergences au plan de la politique économique du gouvernement, et qui se sont exprimées tout au long de la campagne, risquent de laisser des traces.
les deux figures de proue frontistes ne sont pas assurées de l’emporter au second tour
Au premier tour, le FN est arrivé en tête dans six régions : Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (36,06 %), Bourgogne-Franche-Comté (31,48 %), Centre-Val-de-Loire (30,49 %), Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (31,83 %), Nord-Pas-de-Calais-Picardie (40,64 %), PACA (40,55 %). Ses espoirs de conquête au second tour se situent entre zéro et quatre régions. Malgré la confortable avance dont elles disposent sur les listes de droite, respectivement 15 points pour Marine Le Pen dans le nord et 14 points pour Marion Maréchal Le Pen au sud, les deux figures de proue frontistes ne sont pas assurées de l’emporter au second tour après la décision du PS de « sacrifier » ses représentants.
 La situation semble plus favorable pour Florian Philippot
La situation semble plus favorable pour Florian Philippot, arrivé avec 10 points d’avance sur la liste de Philippe Richert (LR) en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, où le maintien de la liste de Jean-Pierre Masseret (PS) pourrait lui permettre de conserver une courte marge sur son concurrent de droite. Le jeu reste très ouvert en Bourgogne-Franche-Comté où la liste du FN a devancé celle de la droite de 7,5 points au premier tour et celle du PS de 8,5 points, avec une liste de Debout la France qui a obtenu plus de 5 % et dont une partie des électeurs pourrait se reporter sur la candidate lepéniste Sophie Montel. Une seule région conquise par le FN serait déjà un coup de tonnerre, même si elle ne tombe pas forcément dans l’escarcelle d’une des deux héritières de la dynastie Le Pen.


A l’issue du premier tour et des fusions intervenues entre les deux tours, la gauche paraît en mesure de l’emporter en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Toutefois, la poussée du FN au détriment de la droite peut aussi lui permettre de rafler la mise in extremis en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Ile-de-France et Normandie. Sur le papier, dans ces quatre régions, le total des voix de gauche dépasse celui de ses rivales mais l’écart reste très serré. La tâche apparaît plus ardue en Auvergne-Rhône-Alpes, quoique pas impossible, alors que la droite semble disposer d’une marge suffisante dans les Pays de la Loire, même si le résultat sera plus disputé qu’attendu.

La Corse présente la particularité de proposer une quadrangulaire entre les listes de gauche, de droite, d’extrême droite et nationaliste dont il est difficile de prévoir l’issue. Outre-mer, si le président sortant de la Guyane, Rodolphe Alexandre, à la tête d’une coalition de droite et de gauche, paraît quasi assuré de conserver son siège, d’improbables coalitions se sont constituées en Martinique et à la Réunion pour faire pièce aux présidents sortants, Serge Letchimy (app. PS) et Didier Robert (LR), qui troublent le jeu, tandis qu’en Guadeloupe Victorin Lurel (PS), devancé au premier tour par Ary Chalus (divers gauche), est en situation délicate.
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