mardi 29 décembre 2015

France: déchéance, l'inexplicable revirement du couple exécutif

C291215

12:40 - "Alors député socialiste de Corrèze et maire de Tulle, F Hollande avait cosigné une tribune dans Libération dénonçant notamment « une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation ». « Est-ce que c’est ça qui empêchera les meurtres ? » s’interrogeait Manuel Valls sur l’antenne de RMC en 2010" rapporte "Le Monde" qui s'abstient d'expliquer pourquoi le couple exécutif défend aujourd'hui cette mesure.

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Quand Hollande et Valls conspuaient la déchéance de nationalité au nom de grandes valeurs 

Par Lucie Soullier pour Le Monde, le 29 Décembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 29 Décembre 2015
 
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De plus en plus isolé à gauche, le couple exécutif défend son projet d’étendre la déchéance de nationalité à tous les binationaux, y compris ceux « nés Français ». Une mesure que les deux hommes dénonçaient pourtant il y a quelques années lorsqu’ils étaient dans l’opposition.
une  mesure annoncée trois jours après les attentats de Paris
Malgré les rumeurs d’abandon, alimentées par la ministre de la justice, Christiane Taubira elle-même, le chef de l’Etat compte bien étendre la déchéance de nationalité pour les binationaux « nés Français » reconnus coupables de faits de terrorisme. Cette mesure figure dans le « projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation », présenté le 23 décembre en conseil des ministres et qui sera soumis au Parlement. Cette mesure, le chef de l’Etat l’avait annoncée le 16 novembre devant le Congrès réuni à Versailles, soit trois jours après les attentats de Paris.
en aucune façon protecteur pour les citoyens
Pourtant, en 2010 sur France 5, François Hollande jugeait l’extension voulue par le chef de l’Etat d’alors « attentatoire à ce qu’est finalement la tradition républicaine et en aucune façon protecteur pour les citoyens ». Nicolas Sarkozy avait en effet proposé, dans son discours de Grenoble, prononcé en juillet 2010, de retirer la nationalité française « à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique ».

Invité sur France 5, le François Hollande d’opposition posait alors une série de questions qui lui sont aujourd’hui renvoyées par son propre camp :
  • « Est-ce que ça va améliorer en quoi que ce soit la protection et la sécurité de nos concitoyens ?
  • Est-ce que c’est conforme à notre histoire, nos traditions, notre Constitution, quand on sait que depuis 1889, la nationalité française s’exerce par la naissance et s’acquiert par mariage au bout de quelques années après un contrôle ? »
une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation 
Alors député socialiste de Corrèze et maire de Tulle, il avait également cosigné une tribune dans Libération dénonçant notamment « une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation ». Un appel pour « un traitement digne et égal pour tous », signé également par Charb, directeur de la publication de Charlie Hebdo assassiné lors des attentats de janvier 2015, Martine Aubry, alors première secrétaire du parti socialiste et toujours opposée au projet, ou encore Manuel Valls.
un jeu politique où on essaie de faire croire qu’immigration et insécurité, c’est lié
Le Manuel Valls d’opposition multipliait, en 2010, les arguments contre l’extension de la déchéance de nationalité voulue par la droite au pouvoir. Il expliquait ainsi sur BFM que la possibilité de déchoir de sa nationalité une personne qui avait « porté atteinte aux intérêts de la Nation » existait déjà dans la loi. « Il faut en rester là », assénait-il alors, dénonçant « un jeu politique où on essaie de faire croire qu’immigration et insécurité, c’est lié. C’est insupportable et ce n’est pas la France ».
l’acte n’a pour autre but que d’être « symbolique »
« Est-ce que c’est ça qui empêchera les meurtres ? » s’interrogeait encore Manuel Valls sur l’antenne de RMC. Une critique sur l’efficacité sécuritaire de l’extension de la déchéance de nationalité que le maire d’Evry, devenu premier ministre, balaye désormais, affirmant que l’acte n’a pour autre but que d’être « symbolique ».
c’est contraire à nos principes républicains, à nos valeurs 
Pourtant, il expliquait en 2010 sur RTL ne pas y être favorable « parce que c’est contraire à nos principes républicains, à nos valeurs ». Des valeurs justement mises en avant en 2015 par les opposants de gauche au projet de révision constitutionnelle… mais désormais également écartées par Manuel Valls, qui affirmait dans le Journal du dimanche le 27 décembre qu’« une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de guerre, et le discours du président devant le Congrès ».
 Rien de moins, rien de plus
Cinq ans plus tard, Manuel Valls ne ménage pas sa peine pour défendre l’extension de la déchéance de la nationalité. Après une première déclaration à la sortie du Conseil des ministres le 23 décembre et un entretien au JDD, le premier ministre justifiait à nouveau cette décision dans une tribune publiée sur Facebook, lundi 28 décembre :
« Priver de la nationalité française ceux qui tuent aveuglément d’autres Français au nom d’une idéologie de terreur est un acte symbolique fort qui sanctionne ceux qui se sont eux-mêmes exclus de la communauté nationale. Rien de moins, rien de plus. »
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