mercredi 25 novembre 2015

Belgique: les écoles rouvrent leurs portes, malgré le maintien de l’état d’alerte au niveau 4

C251115
07:40 - Selon "Le Monde", "le gouvernement a annoncé que les écoles rouvriraient mercredi leurs portes, malgré le maintien de l’état d’alerte au niveau 4, le niveau maximum. Une circulaire a précisé les mesures de sécurité qui s’appliqueront dans les établissements scolaires : 
  • accueillir des enfants à la grille par des personnes capables d’identifier les accompagnateurs, 
  • limiter les rassemblements devant l’école, 
  • fermer les accès à l’établissement pendant les cours
  • créer des « safe rooms », pièces où « tant les professeurs que les élèves pourraient se protéger en cas d’incident ».
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A Bruxelles, la réouverture des écoles va permettre de « penser à autre chose » 

Par Morgane Tual (Bruxelles, envoyée spéciale) pour Le Monde, le 25 Novembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 25 Novembre 2015 
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« Ce matin, ça a été très dur au moment de partir au travail. La grande était en pleurs, elle avait peur pour sa mère. »
 composer avec l’état d’alerte maximal en vigueur dans la ville
Pendant quatre jours, les parents bruxellois, comme Christopher, ont composé avec l’état d’alerte maximal en vigueur dans la ville, par crainte d’un attentat semblable à ceux commis à Paris le 13 novembre. Une situation inédite, d’autant plus compliquée pour les familles que les écoles sont restées fermées lundi 23 et mardi 24 novembre.
gérer l’émotion des enfants
Comme les autres, la famille de Christopher, installée dans le quartier d’Anderlecht, dans l’ouest de la capitale belge, a dû s’organiser entre télétravail, coups de main des grands-parents et entraide entre parents. Mais il a fallu aussi, et surtout, gérer l’émotion des enfants, confinés dans leur domicile depuis samedi. Celhia, 8 ans, et Capucine, 5 ans, « posent beaucoup de questions. Il faut les rassurer, alors que moi-même, je ne suis pas rassuré », admet leur père. Pour la première fois depuis le début de l’état d’alerte, les deux parents se sont rendus au travail mardi. Et ce, malgré les protestations de la plus grande. 
 Elle était inconsolable
« Elle était inconsolable, on a essayé de la rassurer, on lui a expliqué les mesures de sécurité, on lui a dit qu’on l’appellerait plusieurs fois dans la journée, qu’on garderait nos téléphones près de nous. Ça ne suffit pas. »
La petite, quant à elle, « ne comprend pas trop ». 
  des terroristes risquent de nous tirer dessus
« Au début, elle trouvait ça chouette de ne pas aller à l’école, mais là elle voit bien qu’on est tous tendus. D’autant plus que la grande a des mots très durs, elle lui dit que des terroristes risquent de nous tirer dessus. »

Capucine s’inquiète surtout pour ses amies, alors son père a organisé une conversation par Skype pour la rassurer. Une manière, aussi, d’occuper ces longues journées à la maison. Mais malgré l’état d’alerte, il faut bien prendre l’air de temps en temps.
« Hier, elles avaient besoin de sortir. D’habitude, on va dans les parcs de Bruxelles, mais là, j’ai préféré prendre la voiture et me rendre dans un bois en dehors de Bruxelles. Ça leur a fait du bien. »
De l’air, Pauline en manque
De l’air, Pauline en manque. Cette petite fille de 7 ans vit dans le quartier des arts, plus central. Dans l’appartement familial, situé dans un bâtiment public où officient ses parents comme concierges, elle se roule par terre d’ennui, escalade le canapé, rampe sous la table, et poursuit Vicky, le yorkshire griffon et Chloé, le chihuahua de six mois tout juste adopté.
aujourd’hui, je dois aller chercher le pain, sinon on n’a plus rien à manger ! 
« Depuis samedi, on n’est quasiment pas sorti, à part pour promener le chien. Et aujourd’hui, je dois aller chercher le pain, sinon on n’a plus rien à manger ! », pouffe sa mère, Carine, emmitouflée dans un gros pull. « Je m’ennuie, je regarde la télé, je mange, je flemmarde », lâche la petite, aussitôt réprimandée par ses parents, agacés par son vocabulaire. A l’heure qu’il est, Pauline devrait être dans les Ardennes, en voyage scolaire. Mais cette sortie, comme celles de toutes les écoles, a été annulée. La grosse valise noire à pois blancs attend toujours dans l’entrée.
 Elle est passée du monde des bébés au monde des plus grands
« Elle a vraiment compris qu’il y avait quelque chose de grave quand le voyage a été annulé. On a dû tout lui expliquer, que des méchants étaient dans la nature. Elle est passée du monde des bébés au monde des plus grands. »
J’ai peur que mes parents se fassent tuer
Leur autre fille, Charlotte, une adolescente de 15 ans, loge quelques jours chez sa marraine, qui habite près de son école d’horticulture, à 70 kilomètres de là. Habituellement, elle fait l’aller-retour en train dans la journée, « mais là elle panique un peu », explique sa mère. « On doit la calmer, sinon elle ne dormirait pas », soupire Philippe, son père. Elle a néanmoins insisté pour revenir le lendemain à Bruxelles, auprès de ses parents et de sa petite sœur, pour qui elle s’inquiète. Il y a quelques jours, les forces de l’ordre ont mené des perquisitions à côté de leur domicile. Charlotte, anxieuse, avait alors évoqué le risque d’une balle perdue. Quelques jours plus tard, Pauline répète les peurs de sa grande sœur : « J’ai peur que mes parents se fassent tuer. Une balle pourrait entrer par la fenêtre ! » 
Malgré ses angoisses, elle attend avec impatience la réouverture des écoles, mercredi. « Faites que Maxime, mon petit copain, soit là ! », piaffe-t-elle entre deux découpages de pull à destination de sa poupée.
les mesures de sécurité qui s’appliqueront dans les établissements scolaires
Lundi, le gouvernement a annoncé que les écoles rouvriraient mercredi leurs portes, malgré le maintien de l’état d’alerte au niveau 4, le niveau maximum. Une circulaire a précisé les mesures de sécurité qui s’appliqueront dans les établissements scolaires
  • accueillir des enfants à la grille par des personnes capables d’identifier les accompagnateurs, 
  • limiter les rassemblements devant l’école, 
  • fermer les accès à l’établissement pendant les cours
  • créer des « safe rooms », pièces où « tant les professeurs que les élèves pourraient se protéger en cas d’incident ».
intégrer au mieux la nouvelle organisation
A l’école communale Emile-André, vers le quartier populaire des Marolles, en voie de « boboïsation », le directeur Philippe Ector s’est préparé sereinement. Mardi, l’école était bien vide, mais la sonnerie a continué à retentir toutes les heures, pour personne. « J’ai l’oreille qui chauffe ! », affirmait le directeur en mimant un appel téléphonique. Depuis lundi, les coups de fil n’ont pas cessé, avec les parents, les enseignants et le personnel de cette école de 400 élèves de maternelle et de primaire. Mercredi, le personnel devait venir plus tôt, pour intégrer au mieux la nouvelle organisation.
 ça va casser leurs habitudes
« Chaque jour, environ 170 parents entrent dans l’établissement pour accompagner leurs enfants en classe. Mais là, l’interdiction est très claire, ils ne pourront pas entrer. Il faut donc quelqu’un à l’entrée, qui connaisse les enfants et les parents, quelqu’un qui les accompagne. Le tout en évitant d’encombrer le petit trottoir de la rue. Ça va être difficile pour les plus petits, ça va casser leurs habitudes. »
L’idée de la safe room n’a pas de sens
En revanche, toutes les mesures ne sont pas applicables, juge Philippe Ector : 
« L’idée de la safe room n’a pas de sens. Les écoles manquent de place, elles n’ont pas de salle où les enfants seraient plus en sécurité que dans leur classe. »
Souriant et bienveillant, il se réjouit de reçevoir à nouveau les enfants : « Ça va leur permettre de reprendre une vie normale et de penser à autre chose. »
  pourquoi les écoles ouvrent alors que le niveau 4 d’alerte est maintenu?
Néanmoins, tout le monde ne partage pas sa tranquillité. « Les parents ont du mal à comprendre pourquoi les écoles ouvrent alors que le niveau 4 d’alerte est maintenu », explique Joëlle Lacroix, secrétaire générale de la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel. 
« En quoi les enfants seront-ils plus en sécurité mercredi que lundi, puisque les opérations de police n’ont rien donné de tangible ? Et comment seront mises en place les consignes de sécurité, notamment dans les grand établissements, qui peuvent recevoir jusqu’à 900 élèves ? »
comment les écoles vont gérer l’émotionnel?
Qui plus est, certains seront privés de récréation, si la cour donne sur la rue par exemple. 
« Comment les enfants vont-ils vivre ce confinement ?, s’inquiète-t-elle. Les cours de récré sont une soupape pour se défouler. Les parents se demandent aussi comment les écoles vont gérer l’émotionnel. »
Si les parents de Pauline refusent de céder à la peur et ont prévu d’accompagner leur fille mercredi à l’école, Christopher, quant à lui, hésite toujours, hanté par de nombreuses questions. 
  • « Certaines mesures de sécurité ne peuvent pas être mises en place: 
  • Les petites barrières peuvent être escaladées. 
  • Et si les portes sont fermées, que se passe-t-il en cas d’incendie ? 
  • Et si l’école doit être évacuée, par qui seront encadrés les enfants dehors ? 
  • Y aura-t-il assez d’effectifs ? »
 Elle veut d’abord que les méchants soient arrêtés
Sa fille Celhia lui a déjà signifié qu’elle ne voulait pas retourner tout de suite à l’école : 
« Elle veut d’abord que les méchants soient arrêtés. »
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