lundi 5 octobre 2015

UE: un morceau de Syrie pour Ankara contre moins de réfugiés en Europe

I051015

20:30 -
"Pour endiguer le flot de réfugiés en provenance de Turquie, les Européens «sont prêts à discuter» la création de la zone-tampon qu'Ankara veut installer le long de la frontière avec la Syrie pour protéger des dizaines de milliers de réfugiés... hors de Turquie" rapporte Le Figaro.

~~~~~~~~~~~~~~~~
Les Européens cherchent l'aide de la Turquie pour endiguer le flot de réfugiés

Par Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 5 Octobre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 5 Octobre 2015


________***__________

Le président Erdogan a été reçu lundi à Bruxelles pour des négociations difficiles sur le contrôle de la frontière.
  la Turquie est le boulevard qui conduit tout droit à l'embarquement.
Si les îles de la mer Égée sont le port d'entrée dans l'UE pour des centaines de milliers de réfugiés syriens, la Turquie est le boulevard qui conduit tout droit à l'embarquement.
 Les Européens souffrent d'états d'âme devant une escouade de réfugiés
En recevant lundi soir le président Recep Tayyip Erdogan, les Européens ont pris la mesure du défi qui les attend, s'ils comptent reprendre le contrôle de leur frontière avec l'aide du grand voisin oriental. Le numéro un turc, à quatre semaines d'élections décisives, semble d'abord soucieux de poursuivre sa campagne électorale en public, avant de répondre aux demandes de ses interlocuteurs. Et face à un cénacle bruxellois habitué à ménager vingt-huit susceptibilités, le président Erdogan n'a pas mâché ses mots: «Les Européens souffrent d'états d'âme devant une escouade de réfugiés, a-t-il lancé à peine arrivé. Et que nous disent-ils? Mon Dieu, gardez votre porte close, ne les laissez pas venir, qu'ils restent chez vous!»
 création de la zone-tampon que la Turquie veut le long de la frontière avec la Syrie
À huis clos, la discussion a pris un tour plus sérieux. Et du côté de l'UE, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a choisi de faire d'entrée un geste à destination de l'homme fort d'Ankara: les Européens, finalement, «sont prêts à discuter» la création de la zone-tampon que la Turquie veut installer le long de la frontière avec la Syrie en guerre.
 «zone de sécurité» en territoire syrien
«On ne peut pas commencer à négocier avec un non sans appel» au projet fétiche du président Erdogan, laisse entendre un responsable européen. Pour Ankara, cette «zone de sécurité» en territoire syrien devrait permettre de protéger des dizaines de milliers de réfugiés, hors de Turquie.
 une manœuvre turque destinée à stopper l'avancée des Kurdes syriens
Elle serait défendue au sol par l'Armée syrienne libre et dans les airs par les avions de l'US Air Force. Jusqu'ici, l'UE avait refusé tout soutien même tacite, y discernant une manœuvre turque destinée à stopper l'avancée vers la frontière des Kurdes syriens, eux-mêmes engagés contre Daech.
  L'entrée en scène des bombardiers russes complique encore l'équation
Collectivement, les Européens hésitent toujours à mettre le doigt dans le sanglant engrenage syrien. Contre la zone-tampon, Angela Merkel est allée jusqu'à invoquer le mauvais souvenir de Srebrenica, où 8 000 musulmans censément protégés par l'ONU furent massacrés en 1995 par l'armée serbe de Bosnie. L'entrée en scène fracassante des bombardiers russes complique encore l'équation. La concession de Donald Tusk pourrait se résoudre à la simple création d'un groupe de travail, lâche-t-on à Bruxelles.
ne pas se laisser enfermer dans un débat militaire 
Il s'agit avant tout de gagner du temps et de ne pas se laisser enfermer dans un débat militaire qui concerne moins l'UE que le Conseil de sécurité de l'ONU, pour revenir au cœur du problème européen: 383 000 réfugiés sont entrés en Grèce depuis le début de l'année d'après le HCR et, dans le même temps, la Turquie n'en a retenu qu'à peine 50 000 à sa frontière, d'après des chiffres européens.
Bruxelles fait miroiter un partage du fardeau
Juste avant de recevoir le président Erdogan, la Commission Juncker a lancé un grand seau d'eau froide sur la proposition phare d'un «plan d'action» européen distillé durant tout le week-end: l'accueil légal et organisé dans l'UE de centaines de milliers de réfugiés - peut-être jusqu'à 500 000 - choisis parmi les 2,2 millions qu'héberge aujourd'hui la Turquie. «Il s'agit d'ordre de grandeur, il est trop tôt pour mettre des chiffres sur la table», concède un responsable. Bruxelles fait miroiter un partage du fardeau, voire une aide financière allant jusqu'à un milliard d'euros. À Ankara maintenant de mettre des offres précises sur la table.
L'UE veut que la Turquie freine à sa manière l'exode vers l'Europe
L'UE veut obtenir d'Ankara qu'il contrôle mieux sa frontière - peut-être en liaison avec Frontex et la Grèce elle-même - et surtout qu'il cesse de fermer les yeux sur l'activité florissante des passeurs en mer Égée. Elle souhaite aussi que la Turquie freine à sa manière l'exode vers l'Europe, en améliorant sinon l'intégration, du moins les conditions de survie des réfugiés qu'elle accueille: octroi de permis de travail, scolarisation des enfants et accès à la santé. La négociation ne fait que commencer.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Un Su-35S est apparu, le F-22 s’est retiré

«… le 23 novembre, deux avions d’attaque russes Su-25 étaient en mission pour détruire un bastion terroriste lorsqu’un F-22 américain es...