lundi 26 octobre 2015

Corse: élections territoriales, tout se jouera au «troisième tour», lors de l'élection du conseil exécutif

C261015

09:20 -
"Tout se jouera au «troisième tour», lors de l'élection du conseil exécutif: la majorité à l'Assemblée de Corse étant quasiment impossible à atteindre, les groupes politiques vont chercher à former des coalitions. Un petit jeu dans lequel Paul Giaccobi, fort de son assise politique, a l'avantage, même si tous les scénarios sont envisageables" rapporte Le Figaro.

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Le Scan des régions : la Corse conserve ses spécificités

Par Jim Jarrassé et Marie Théobald pour Le Figaro, le 26 Octobre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 26 Octobre 2015


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C'est un scrutin un peu particulier auquel les Corses vont participer les 6 et 13 décembre prochains. Ici, pas question de régionales mais d'élections territoriales: les électeurs sont appelés à renouveler l'Assemblée de Corse, l'organe délibérant de l'île de Beauté, au sein duquel neuf membres seront désignés pour composer le conseil exécutif, sorte de gouvernement territorial.
  en décembre 2017 sera installée la collectivité unique
Cette nouvelle mandature ne sera que de courte durée puisque les Corses devront à nouveau se rendre aux urnes en décembre 2017, date à laquelle sera installée la collectivité unique, fusion de l'Assemblée de Corse et des deux départements qui composent l'île.
  mandature de transition, essentiellement technique
C'est donc une mandature de transition, essentiellement technique, qui va débuter en décembre. Pour autant, les candidats ne manquent pas, peut-être encouragés par la règle spécifique à la Corse qui permet aux listes de se maintenir au second tour avec seulement 7% des voix, contre 10% sur le continent.
 Favori des pronostics, Paul Giacobbi
Favori des pronostics, Paul Giacobbi: député de Haute-Corse et président sortant du conseil exécutif, c'est l'homme fort de la gauche. Sa liste, très large, réunit des élus d'horizons divers, allant de la gauche aux nationalistes, que Giacobbi a su séduire en faisant voter des mesures comme l'officialisation de la langue corse ou le statut de résident.
  une opposition de gauche menée par la candidate PS Emmanuelle de Gentili
Paul Giacobbi devra cependant compter avec une opposition de gauche menée par la candidate PS Emmanuelle de Gentili, et sur la concurrence d'une liste Front de gauche incarnée par Dominique Bucchini.
 Les Républicains ont investi José Rossi
À droite aussi, les divisions sont légion. Les Républicains ont investi José Rossi, ex-président de l'Assemblée de Corse et ancien ministre de l'Industrie d'Edouard Balladur, au détriment de Camille de Rocca Serra - fils de l'ex-président de l'Assemblée corse Jean-Paul de Rocca Serra -, leader de la droite et proche de Nicolas Sarkozy. Le député LR mènera tout de même sa propre liste. Malgré les tensions entre les deux hommes, nées d'une division de la droite au conseil départemental de Corse-du-Sud, un accord de rassemblement aurait déjà été négocié pour l'entre-deux-tours. «Nous nous battrons pour qu'on puisse fusionner. C'est vital», commente Laurent Marcangeli, député-maire LR d'Ajaccio, qui figure en 5e position sur la liste de Jean Rossi.
 les nationalistes en embuscade

Vital car les nationalistes sont en embuscade: dans le contexte d'une élection territoriale, ils peuvent peser encore près d'un tiers de l'électorat, occupant l'espace contestataire traditionnellement réservé au Front national.
  l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni (Corsica libera) Gilles Simeoni (Femu a Corsica)
Eux aussi sont divisés entre deux listes principales, menées par l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni (Corsica libera), plutôt favorable à Paul Giaccobbi, et le maire de Bastia Gilles Simeoni (Femu a Corsica). Peuvent-ils se rassembler et diriger la collectivité? «Rien n'est exclu. Ce serait une vraie sensation», assure un observateur. «Depuis que le FLNC a déposé les armes, la différence n'existe plus trop entre les deux», commente un autre spécialiste du paysage politique sur l'île de Beauté.

Tout se jouera au «troisième tour», lors de l'élection du conseil exécutif: la majorité à l'Assemblée de Corse étant quasiment impossible à atteindre - elle ne l'a jamais été -, les groupes politiques vont chercher à former des coalitions. Un petit jeu dans lequel Paul Giaccobi, fort de son assise politique, a l'avantage, même si tous les scénarios sont envisageables.

LE FOCUS ÉCO

Véritable «montagne dans la mer», la géographie de la Corse conduit l'ile de Beauté à de nombreuses spécificités et notamment comme une destination touristique de choix. Sa particularité influe aussi sur l'enjeu économique qui se dessine autour de la réforme territoriale: réclamer une plus grande autonomie fiscale. «Par exemple, observe un journaliste de Corse Matin, l'instauration d'une taxe sur le mouillage (obligation pour les plaisanciers de payer cette taxe lorsqu'ils jetaient l'ancre dans les zones marines protégées de France, ndlr) serait pertinent, particulièrement en Corse».

La région compte sept ports (Bastia, Ajaccio, Calvi, Ile-Rousse, Porto Vecchio, Bonifacio et Propiano) et quatre aéroports internationaux (Bastia, Ajaccio, Figari, Calvi) qui favorisent son accès. En 2013, 3,2 millions de passagers ont transité dans les aéroports de l'ile et 1,9 million de tonnes de marchandises ont été transportées par voie aérienne. Fin 2011, 6600 salariés travaillent dans les transports, peut-on lire sur le site de l'Insee. D'ailleurs, la compagnie Air Corsica fait partie des grosses entreprises de la région. La majorité des 1060 établissements qui composent le secteur des transports relève du transport terrestre. Le réseau routier insulaire dépasse les 8000 kilomètres, dont seulement 600 kilomètres de routes nationales.

Économie tertiarisée

D'ailleurs, le secteur de la construction, qui pèse davantage en Corse qu'au niveau national en terme de création de richesse, 10,8 % contre 6,1 %, est le plus porteur après les activités tertiaires. Dans ces dernières, on trouve le secteur marchand, qui concentre la moitié de la richesse créée dans la région, et non marchand (les services administrés pèsent pour un tiers de la valeur ajoutée créée).

Les activités liées au tourisme comptent beaucoup dans le secteur tertiaire marchand. Durant l'année 2013, l'Insee enregistre 2,9 millions de nuitées dans les hôtels et 4,1 millions dans les campings. La clientèle française est majoritaire.

La Corse est de loin la région française la moins industrialisée. Ce secteur représente 5,9 % de la valeur ajoutée totale, contre 16,2 % dans les autres régions du continent (hors Ile de France). On y trouve d'ailleurs une entreprise emblématique spécialisée dans l'aéronautique, qui développe des pièces pour des clients comme Airbus ou Safran, Corse Composites Aéronautiques. Quant à l'agriculture, elle pèse moins qu'ailleurs(1,5 % contre 2,6 %).

L'artisanat y est également très répandu. Le nombre d'entreprises artisanales (10.000) rapporté au nombre d'habitants place l'île en tête des régions françaises. Les micro-entreprises sont prédominantes: 70,7 % des établissements, hors secteur de la défense, n'ont aucun salarié, d'après l'Insee.

La grande distribution est le plus gros employeur de l'île. Mais la dégradation du marché du travail se poursuit pour atteindre 10,3 % de chômeurs fin 2014 contre 9,9 % en France métropolitaine. En 2012, le salaire annuel moyen s'élève à 22.812 euros contre 25.860 en France (y compris les Dom-Tom). Un habitant sur cinq vIt sous le seuil de pauvreté (un peu moins de 1000 euros), un record.

Apports migratoires

En 2014, la population de la Corse atteint les 323.000 habitants qui se regroupent pour 44 % d'entre eux, dans les communautés d'agglomération d'Ajaccio et de Bastia. L'île bénéficie de la plus forte croissance démographique parmi les régions françaises. En revanche, celle-ci ne provient absolument pas d'une belle fécondité (0 %) mais des apports migratoires: retraités mais également jeunes actifs.

Le vieillissement démographique est plus important sur l'île qu'au niveau national et l'Insee suppose que le poids élevé de population âgée se renforcera dans les années à venir. Néanmoins, la population active progresse même si la proportion d'actifs reste en deçà du taux national: 68,7 % des 15-64 ans en 2011 contre 72,6 % en France.
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