€CALYPSE NEWS

jeudi 3 septembre 2015

UE: réfugiés, "dix jours pour rattraper deux ans d'atermoiements et de politique de l'autruche"

R030915

22:30 -
" «Les Européens ont peur, parce qu'ils voient leurs dirigeants, et parmi eux les présidents et les premiers ministres, incapables de contrôler la situation». De fait, le tocsin a commencé de sonner dans les capitales et l'UE a dix jours pour rattraper deux ans d'atermoiements et de politique de l'autruche" rapporte Le Figaro.

~~~~~~~~~~~~~~
Migrants : sous le choc, l'Europe tente de surmonter ses divisions

Par Jean-Jacques Mevel pour Le Figaro, le 3 Septembre 2015

Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 3 Septembre 2015


________***__________

Sur fond de crispations croissantes entre pays européens, Paris et Berlin ont décidé de passer à l'action en lançant une initiative commune.
 Dix jours pour reprendre le contrôle d'une crise des réfugiés
Dix jours, c'est ce qui reste aux 28 gouvernements de l'UE pour reprendre le contrôle d'une crise des réfugiés qui les dresse les uns contre les autres, ballotte les opinions entre la résignation et la révolte et finit par saper les principes d'humanité que l'Europe entend prescrire au reste de la planète.
 la confirmation de l'inanité, jusqu'ici, du discours des Européens
La photo du cadavre d'Aylan Kurdi, le naufragé syrien en culotte courte retrouvé le visage enfoncé dans le sable près de Bodrum (Turquie), n'est pas le révélateur du drame. Tout le monde sait depuis l'automne 2013 et les 700 noyés de Lampedusa, sauf ceux qui ont réussi à détourner le regard. C'est plutôt la confirmation de l'inanité, jusqu'ici, du discours des Européens.
les Européens ont peur, parce qu'ils voient leurs dirigeants incapables de contrôler la situation
Le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban, qui est loin d'être un saint en terme d'hospitalité pour les étrangers, a trouvé des mots justes: aujourd'hui, dit-il, «les Européens ont peur, parce qu'ils voient leurs dirigeants, et parmi eux les présidents et les premiers ministres, incapables de contrôler la situation». Difficile de ne pas être d'accord, que l'on soit pour ou contre l'accueil massif de réfugiés sur le Vieux Continent.
 le tocsin a commencé de sonner dans les capitales
De fait, le tocsin a commencé de sonner dans les capitales un peu avant que la photo de Bodrum n'électrise les réseaux sociaux. D'abord les chiffres. La Grèce, première étape européenne de ceux qui fuient l'enfer syrien, a confirmé hier que 230.000 hommes, femmes et enfants ont débarqué dans ses îles depuis le début de l'année, selon le ministère de la Marine marchande. C'est trente fois plus qu'en 2014 et il s'agit «à plus de 80 % de réfugiés» que l'UE ne pourra renvoyer chez eux ni en conscience, ni en droit. À l'autre extrémité du calvaire, l'Allemagne a dénombré en août 104.460 arrivées de demandeurs d'asile. Depuis le 1er janvier, le décompte s'établit à 413.535, d'après le ministère bavarois des Affaires sociales. C'est à peu près la population de Nuremberg.
Tout ceci réduit à un cautère dérisoire les plans successifs - et inappliqués - arrêtés ces derniers mois au sommet de l'UE. En juin, les 28 chefs d'État et de gouvernement se sont entendus sur la répartition «volontaire» d'un total de 60.000 réfugiés syriens et érythréens d'ici à l'été 2017 (40.000 déjà arrivés dans l'UE et 20.000 à «réinstaller» sous l'égide du HCR de l'ONU). À ce sommet, les échanges furent encore plus âpres que sur le sauvetage financier de la Grèce. À la rentrée, le compte n'y est toujours pas et tout est en panne.

Jeudi, les hauts responsables européens ont semblé se rendre à l'évidence. Le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen et maître des sommets, a pris sur lui d'affirmer qu'il faut relever la barre à «au moins 100.000 réfugiés». Côté Commission européenne, Jean-Claude Juncker garde le silence sur le plan qu'il dévoilera d'ici à cinq jours devant les eurodéputés. Son entourage ne dément plus qu'il faille au bas mot doubler la cible, bref se partager 120.000 réfugiés.

À Berlin et surtout à Paris - où l'on n'a pas vu le coup venir -, l'heure est aussi aux révisions déchirantes. Au début de l'été, le président Hollande excluait encore tout «quota» par pays imposé par l'UE. Mercredi, il a annoncé qu'il rejoint Angela Merkel sur un «mécanisme permanent et obligatoire» d'accueil des réfugiés. Au printemps, Jean-Claude Juncker avait lâché l'idée d'un système contraignant, sous la réprobation de toutes les capitales, sauf Berlin. Quatre mois lui ont donné raison. Si les clefs de répartition restent les mêmes, la France devrait ainsi prendre en charge 13.000 réfugiés parvenus en Italie, en Grèce, voire en Hongrie, et près de 5000 inscrits hors d'Europe sur les listes du HCR.
  L'UE a dix jours pour rattraper deux ans d'atermoiements
Le sursaut européen, s'il est confirmé, se précisera mercredi lorsque le chef de la Commission exposera à Strasbourg sa batterie de mesures concrètes et législatives. Le 14 septembre - cinq jours plus tard -, ce «plan Juncker» servira de base à un rendez-vous que l'on espère décisif des ministres de l'Intérieur et de la Justice des Vingt-Huit. L'UE a dix jours pour rattraper deux ans d'atermoiements et de politique de l'autruche. Dans la foulée, un sommet annoncé par le président Hollande ponctuera l'électrochoc.

Outre la répartition «obligatoire» entre les Vingt-Huit, il s'agira de mettre en place et de financer des centres d'accueil en Italie, en Grèce ainsi qu'en Hongrie, pour faire le tri entre réfugiés, acceptables, et migrants économiques, à renvoyer. D'harmoniser les conditions d'asile, droit au travail compris dans le cas de la France. Et, enfin, de dresser une liste de pays «sûrs» dont les ressortissants ne pourront plus prétendre à l'asile dans l'UE (Balkans et Afrique de l'Ouest), sauf exceptions individuelles et argumentées.
la fin programmée d'une règle cardinale de l'espace Schengen
En filigrane, c'est la fin programmée d'une règle cardinale de l'espace Schengen: l'obligation faite aux pays dits de la «ligne de front» de prendre en charge les réfugiés qui réussissent à franchir leur part de la frontière extérieure de l'UE.
  le principe est intenable quand les guerres et les persécutions cernent l'Europe
En Italie et surtout en Grèce, nation ruinée, l'été a montré que le principe est intenable quand les guerres et les persécutions cernent l'Europe. Pire, par effet domino, c'est toute l'architecture qui est menacée dans la récrimination mutuelle.
La nouvelle règle du jeu fera remonter le juge de paix à l'étage européen.
En pratique, l'Allemagne a déjà donné le coup de grâce à ce paradigme en décrétant qu'elle acceptera tout Syrien arrivé chez elle en sautant les frontières de ses voisins. La nouvelle règle du jeu fera remonter le juge de paix à l'étage européen. Il va falloir en convaincre ceux qui, en Europe centrale notamment, y voient une atteinte intolérable à leur souveraineté comme à leur identité.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~

L'article 155 : possibilité pour les autorités centrales de destituer ou de nommer les responsables de TV3 et de Catalunya Radio

« La chaîne de télévision publique catalane TV3 a exprimé son désaccord suite à la décision des autorités espagnoles d'exercer des ...