vendredi 25 septembre 2015

UE: migrants, la vague n'est une déferlante qu'au regard d'une psychologie étriquée

B250915

09:10 -
" Que laisserons-nous demain à ces jeunes générations si l'Europe n'accepte pas d'exister comme une Europe «européenne» et non atlantiste? Si les migrants sont aujourd'hui une vague, celle-ci n'est une déferlante qu'au regard de la psychologie étriquée des peuples européens créée par ceux qui ont laissé croire qu'il n'y avait pour eux pas d'avenir, pas assez de travail, un «assistanat» générateur de ressentiment sur fond de déni de démocratie?" rapporte Le Figaro citant Marie-Françoise Bechtel.

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Migrants : l'Europe désorientée, la France déboussolée

Par Marie-François Bechtel pour Le Figaro, le 25 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 25 Septembre 2015


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Marie-François Bechtel déplore l'absence de vision politique de l'Union européenne en général, sur les migrants en particulier.
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Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et ancienne directrice de l'ENA, est vice-présidente du mouvement République Moderne, présidé par JP Chevènement.

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Au grand vent des migrations, fille de nos erreurs diplomatiques, la France tourne sur elle-même comme si la conscience collective n'avait plus ni axe ni pivot. Au sens propre elle perd littéralement la boussole.
 Seuls les citoyens gardent dignité et bon sens en proposant leur aide
Fermeture égoïste contre ruissellement de bons sentiments, les responsables politiques font étalage de scènes mille fois jouées avec une dimension seulement accrue par la taille et surtout la brusquerie des événements. Seuls les citoyens gardent dignité et bon sens en proposant leur aide comme ils ont souvent su le faire dans notre histoire riche en exodes et en déplacement de populations. La charité personnelle est dans cette affaire bien dans son rôle, indifférente à la récupération politique et au grand brouillard des discours.
La solidarité européenne ne peut être solidement organisée qu'avec une vision de l'avenir
Quant à l'action publique, elle doit raison garder. La solution du problème posé par l'afflux subi des migrants se situe certes à l'échelle européenne même si cette dernière est bien mal armée, comme on l'a vu, pour la mettre en œuvre. Mais lorsqu'on ne pose pas les problèmes en ce qui concerne l'avenir, lorsqu'on se borne à pousser le chariot de la «solidarité» sans perspective et sans but autre que de parer aux besoins immédiats, faut-il s'étonner de n'être ni suivi ni compris? La solidarité européenne ne peut être solidement organisée qu'avec une vision de l'avenir, celle d'un monde méditerranéen et moyen-oriental voisin où la reconstruction d'Etats serait la priorité incontournable, celle aussi d'une Afrique pour laquelle on ne plus se borner à en appeler au co-développement.
  la répartition des populations déplacées -problème très différent de l'immigration traditionnelle
Il fallait en premier lieu que les Etats qui comptent en Europe -et d'abord une France fidèle à ses valeurs, oublié le sinistre repliement de ceux qui n'ont jamais su que tendre la sébile - en appellent à l'ONU, afin qu'une réunion du Conseil de sécurité soit organisée et que dans un premier temps le HCR, doté s'il le faut par ces mêmes Etats de moyens supplémentaires, procède à la répartition des populations déplacées -problème très différent de l'immigration traditionnelle.
 Les erreurs criminelles commises par les Etats-Unis
Car la question des migrants érythréens, irakiens et syriens n'est pas une question européenne. C'est une question mondiale. Les erreurs criminelles commises par les Etats-Unis notamment avec la seconde guerre d'Irak,
 la manière irresponsable dont a été menée l'expédition en Libye par MM. Sarkozy et Cameron
la manière irresponsable dont a été menée en 2011 l'expédition en Libye par MM. Sarkozy et Cameron, cause directe d'une grande partie de l'afflux des migrants, la diabolisation de la Russie et jusqu'à ces derniers temps de l'Iran, qui pouvaient aider à une solution dans le conflit syrien, sans oublier le jeu pervers joué par les Etats du golfe et la Turquie dans la montée des terrorismes, tout cela est directement à l'origine d'une «crise» qui n'a pas poussé selon la génération spontanée des physiologistes du XIXème siècle.
  les remèdes doivent être à la mesure des responsabilités
En vérité tout le monde le sait. Ce que le Conseil de sécurité a donc maintenant à dire c'est que les remèdes doivent être à la mesure des responsabilités, impliquant tous les Etats à l'origine de la situation que nous vivons.
 traiter rationnellement un mal qui a des causes pour ne pas parler des responsabilités
Ainsi, plutôt que de se battre dans l'arène des bons ou des mauvais sentiments -sans compter les calculs économiques-donnant à leur population le sentiment ou de manquer de cœur et de courage ou de courir derrière les refus alimentés par l'extrême-droite, les principaux Etats européens auraient dû- et pourraient encore- traiter rationnellement un mal qui a des causes pour ne pas parler des responsabilités.
 une Europe «européenne» et non atlantiste
Encore faudrait-il pour cela que l'Europe accepte d'exister comme une Europe «européenne» et non atlantiste, comme un continent et non une simple Union hétérogène politiquement, malthusienne économiquement et incohérente monétairement.
  la crise des migrants est un révélateur
A cet égard, la crise des migrants est un révélateur de la profondeur de nos incertitudes que les réactions irrationnelles ne font qu'aggraver.
 la France n'a jamais voulu (ou pu) penser son avenir méditerranéen
Il n'est que de voir le contre-exemple de l'Allemagne, un jour modèle de vertu sur fond d'inquiétudes pour son marché du travail, le lendemain débordée par ses propres décisions. Quant à la France, elle n'a jamais voulu (ou pu) penser son avenir méditerranéen et elle en paie aujourd'hui un prix élevé.
  convaincre l'Europe de se projeter dans un avenir
Ce que montre cette crise, c'est que la France ne retrouvera sa boussole que si elle parvient à convaincre l'Europe de se projeter dans un avenir. Elle ne peut se satisfaire d'une l'Europe qui refuse de se penser comme une puissance continentale pour se mirer dans les eaux glacées d'un marché subordonné au grand allié d'outre-Atlantique.
 se fermer aux investissements productifs au nom d'une vision stupide de la dette
Preuve par l'inverse: si l'Europe se voulait un avenir européen, elle retrouverait confiance en elle et notre pays avec. Elle saurait reconstruire dans les conditions du monde d'aujourd'hui un modèle de civilisation fondé sur la prospérité ; elle saurait ouvrir à ses peuples des espaces de coopération porteurs d'avenir -fusées, satellites, recherche biomédicale, grandes infrastructures, technologies de demain- au lieu de se fermer aux investissements productifs au nom d'une vision stupide de la dette: il ne faudrait pas, nous dit-on, -laisser celle-ci aux générations futures. Fort bien. Voilà qui est moral en diable.
que laisserons-nous demain à ces jeunes générations
Mais que laisserons-nous demain à ces jeunes générations si ce n'est la charge accrue d' investissements différés, ceux que n'aurons pas fait dans l'éducation, la formation et la recherche, la rénovation d'équipements d'infrastructures devenus obsolètes, la charge de retraites qui pèseront d'autant plus lourd que les salaires seront insuffisants à l'assurer? Boussole bloquée là encore.
  celle-ci n'est une déferlante qu'au regard de la psychologie des peuples européens
Nous ne sommes pas loin de la question des migrants. Car si ces derniers sont aujourd'hui une vague, celle-ci n'est une déferlante qu'au regard de la psychologie des peuples européens. Or cette psychologie du rétrécissement, qui l'a créée sinon ceux qui ont laissé croire à ces mêmes peuples qu'il n'y avait pour eux pas d'avenir, pas assez de travail, un «assistanat» générateur de ressentiment sur fond de déni de démocratie?
  l'identité de tout un continent pourrait tant apporter au monde
Quand l'identité nationale est niée dans ce qu'elle a de sain et de positif -la souveraineté populaire source des valeurs de la République- il n'est pas surprenant que cette identité se dégrade en repliement dans une vision frileuse qui n'est finalement que le répondant de la frilosité avec laquelle nos gouvernants d'aujourd'hui comme d'hier pensent l'avenir: fermé à l'initiative des peuples, aux coopérations vertueuses, à l'identité de tout un continent qui au lieu de se faire la guerre à l'intérieur de ses frontières pourrait tant apporter au monde.
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