mercredi 23 septembre 2015

Hongrie: "La « doctrine » Orban, c’est la négation du projet européen dans ce qu’il a de plus noble"

H230915

14:30 -
"Pour ces pays du front de l’Est, l’UE semble se réduire à deux éléments : fonds structurels et grand marché. Tant pis pour le socle commun de valeurs humanistes et démocratiques censé former le pilier de l’intégration européenne. La « doctrine » Orban, celle de ce front de l’Est, c’est la négation du projet européen dans ce qu’il a de plus noble. Inquiétant en ce premier chapitre du XXIe siècle" écrit Le Monde.

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L’étrange Europe de Viktor Orban

Editorial du Monde, le 23 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 23 Septembre 2015


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Depuis qu’il est revenu au pouvoir en 2010, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, sait très habilement jouer des faiblesses européennes.
  M. Orban questionne les valeurs de l’Union européenne
Il alterne provocations et reculs calculés, tout en avançant sur le principe efficace du « deux pas en avant, un pas en arrière ». Reprise en main de la justice et des médias, attaques sur les investissements européens en Hongrie, menace de rétablissement de la peine de mort. A chaque fois, M. Orban questionne les valeurs de l’Union européenne, même s’il finit par renoncer, comme dans le cas de la peine capitale.
  diatribes et raccourcis à l’encontre de migrants qui menaceraient l’Europe chrétienne
Avec la crise des réfugiés, le premier ministre hongrois multiplie diatribes et raccourcis à l’encontre de migrants qui menaceraient l’Europe chrétienne : « Ils nous submergent. Ils ne frappent pas à notre porte, ils l’enfoncent sur nous. »
  Ses nouvelles lois criminalisent l’entrée illégale en Hongrie
Le tout-puissant dirigeant hongrois ne se contente pas de paroles. Ses nouvelles lois criminalisent l’entrée illégale en Hongrie et le Parlement vient d’autoriser l’armée à utiliser des armes non létales contre des gens qui, pour une très large majorité, fuient un pays, leur pays, la Syrie, où ils sont la cible d’attaques de leur propre gouvernement : barils de TNT lancés depuis des hélicoptères, roquettes, obus de tous calibres.
C’est comme si la France avait dû accueillir plus de 800 000 réfugiés
La Hongrie s’est trouvée dans une situation plus que difficile à sa frontière avec la Serbie, là où elle a érigé une barrière d’une centaine de kilomètres. Avant même les événements de ces dernières semaines, elle a dû absorber un flux de quelque 140 000 réfugiés – de Syrie, mais aussi d’Irak et d’Afghanistan. Il faut rapporter ce chiffre à sa population, quelque 10 millions d’habitants. C’est comme si la France avait dû accueillir plus de 800 000 réfugiés sur la même période – il est permis de penser que Paris aurait pris certaines mesures de protection.
avec ses homologues tchèque, slovaque et roumain, M.Orban a formé un front 
Mais, avec ses homologues tchèque, slovaque et roumain, qui le surpassent dans la véhémence verbale contre les migrants, M.Orban a formé un front. Ceux-là ont voté, mardi 22 septembre à Bruxelles, contre la politique d’accueil et de répartition des réfugiés adoptée par une majorité de ministres de l’intérieur des Vingt-Huit de l’Union européenne.
  vanter les mérites des modes de gouvernement autoritaires, ceux de Moscou ou de Pékin
Un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, ce front de l’Est résonne étrangement, et, plus encore la petite musique ultranationaliste qui émane des propos de Viktor Orban. Il arrive à l’ancien jeune avocat libéral, qui a courageusement contribué à faire tomber le rideau de fer en 1989, de vanter les mérites des modes de gouvernement autoritaires, ceux de Moscou ou de Pékin. Il étendrait volontiers la clôture qui ferme la frontière avec la Serbie à d’autres pays de l’UE.
Tant pis pour le socle commun de valeurs humanistes et démocratiques de l’intégration européenne
Aucune de ses outrances ne suscite la réprobation du Parti populaire européen dont la formation de M. Orban, la Fidesz, est membre au Parlement européen. Pour ces pays du front de l’Est, l’UE semble se réduire à deux éléments : fonds structurels et grand marché. Tant pis pour le socle commun de valeurs humanistes et démocratiques censé former le pilier de l’intégration européenne.
  La « doctrine » Orban, celle de ce front de l’Est, c’est la négation du projet européen
Confrontée à une vague migratoire comme le continent n’en a pas connu depuis 1945, l’UE n’aurait aucune action collective à entreprendre, aucune aide à apporter, enfin rien à faire, sinon se barricader. La « doctrine » Orban, celle de ce front de l’Est, c’est la négation du projet européen dans ce qu’il a de plus noble. Inquiétant en ce premier chapitre du XXIe siècle.

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