vendredi 18 septembre 2015

France: Syrie, la doctrine française des frappes humanitaires au nom de la légitime défense

F180915

12:00 -
" Nous ne ciblons personne en particulier. Nous combattons non des individus mais un groupe terroriste composé de ressortissants de différentes nationalités, dans le respect du droit international humanitaire" rapporte Le Monde.

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La France attaquera des « centres de formation de combattants étrangers » en Syrie 

Le Monde, le 18 Septembre 2015 

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 18 Septembre 2015 
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La France dispose de « beaucoup d’éléments » prouvant que l’Etat islamique dispose de « centres de formation de combattants étrangers », y compris français, en Syrie destinés à frapper en Europe, et en France en particulier, confirme le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian dans un entretien au Monde, paru vendredi.
  Tous ceux qui menacent la France sont visés
Cette menace a contribué à « l’inflexion » de la politique française en Syrie, avec l’annonce de vols de reconnaissance français en vue d’éventuelles frappes dans les prochains jours. « Tous ceux qui menacent la France » sont visés, explique M. Le Drian, qui précise qu’aucune nationalité en particulier ne sera ciblée.



Le Figaro - Pourquoi la France a-t-elle changé de stratégie en Syrie ?
Si cette percée se produit, c’est le Liban qui sera menacé
Le Drian - Il y a une inflexion, mais pas un changement de doctrine. Et ce pour trois raisons. Depuis les débuts de la coalition et de notre opération « Chammal » en Irak, Daech [acronyme arabe de l’Etat islamique (EI)] a beaucoup progressé vers l’ouest et sur le territoire syrien. Au point, aujourd’hui, d’être en situation de menacer Alep et l’existence même des groupes liés à ce que l’on appelle encore l’Armée syrienne libre. Cette progression va jusqu’à inquiéter l’axe Damas-Homs, sur la partie toujours tenue par les forces de Bachar Al-Assad. Si cette percée se produit, c’est le Liban qui sera menacé.
formation des combattants étrangers pour intervenir en France 
Ensuite, nous avons beaucoup d’éléments qui montrent qu’existent désormais des centres de formation des combattants étrangers non plus uniquement en vue de contribuer aux combats de Daech au Levant, mais pour intervenir en Europe, en France en particulier.
 un angle mort sur la Syrie
Enfin, le périmètre d’action des forces loyalistes à Bachar s’est réduit et aujourd’hui, frapper Daech ne signifie pas militairement favoriser Bachar. Nous ne pouvons donc pas accepter d’avoir pour la France, dans sa vision des menaces et des risques, un angle mort sur la Syrie.

Le Figaro - C’est la justification légale de l’opération française ?
article 51  sur la légitime défense
Le Drian - Le cadre légal est l’article 51 de la Charte des Nations unies qui porte sur la légitime défense.

Le Figaro - Dans ce cadre, la France frapperait Daech uniquement ? Pas le Front Al-Nosra ou d’autres groupes salafistes ? Comment allez-vous faire la distinction ?
 Nous agirons dans le cadre du droit international humanitaire
Le Drian - Nous n’avons pas frappé encore. Nous agirons dans le cadre du droit international humanitaire qui s’applique à la situation de conflit armé que connaît la Syrie.

Le Figaro - Ce seront donc des groupes qui ont déjà visé la France ?

Le Drian - Tous ceux qui menacent la France.

Le Figaro - Comment se fait la coordination avec les autres acteurs ?
hors de la coalition 
Le Drian - Il nous faut, pour l’heure, faire l’acquisition nécessaire d’informations, pour établir ce que l’on appelle, en termes militaires, des « dossiers d’objectifs » afin d’être en situation, le cas échéant, de frapper si nécessaire. Ces opérations de renseignement sont menées avec les capacités militaires qui sont déjà sur place, six Rafale, six Mirage 2000 et un Atlantique 2. Nous les menons en toute autonomie. Evidemment, nous sommes en coordination avec les Américains, mais nous avons une posture autonome dans le dispositif, hors de la coalition.

Le Figaro - Nos avions sont sous le commandement américain ?
nous avons notre liberté 
Le Drian - Non. Nous sommes intégrés à la sécurisation du ciel syrien faite par les Américains, mais nous avons notre liberté d’appréciation, de nos cibles de renseignement et de nos actions si la question devait se poser. La situation est différente en Irak, où nous sommes intégrés dans une coalition et où nous frappons dans ce cadre.

Le Figaro - Et avec les Russes et les Syriens, y a-t-il un échange d’informations ?

Le Drian - Aucune.

Le Figaro - Quelle implication juridique aurait une frappe sur un ressortissant français ?
Nous ne ciblons personne en particulier
Le Drian - Nous ne ciblons personne en particulier. Nous combattons non des individus mais un groupe terroriste composé de ressortissants de différentes nationalités, dans le respect du droit international humanitaire que j’ai évoqué à l’instant.

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