dimanche 27 septembre 2015

Catalogne: la liste commune des forces catalanes est donnée victorieuse par les sondages

A270915

07:10 -
" Pour la première fois, les deux principales forces politiques catalanes, le parti nationaliste de droite Convergence démocratique de Catalogne (CDC) et les indépendantistes de la Gauche républicaine (ERC), ont décidé de présenter une liste commune. Si cette liste, que les sondages donnent victorieuse, obtient la majorité absolue des sièges, elle s’est engagée à faire sécession du reste de l’Espagne dans les dix-huit mois suivant le scrutin" rapporte Le Monde.

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En Catalogne, les indépendantistes tentent un nouveau coup de force

Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance) pour Le Monde, le 27 Septembre 2015

Titre et inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 27 Septembre 2015


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« Le vote de ta vie. » Le slogan choisi par la liste électorale Ensemble pour le oui s’affiche partout sur la place Can Fabra dans le quartier de Sant Andreu, à Barcelone, en Espagne.
 cela fait trois cents ans que nous souffrons…
Ce 21 septembre, plusieurs centaines de personnes écoutent Carme Forcadell, numéro deux de la liste et ancienne présidente de la puissante plate-forme indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC). « Ce que nous allons faire dimanche prochain est la chose la plus importante de notre histoire, explique-t-elle. Parce que cela fait trois cents ans que nous souffrons… »
 une liste commune que les sondages donnent victorieuse
Dimanche 27 septembre, les Catalans sont de nouveau appelés aux urnes pour élire, pour la troisième fois en cinq ans, leur Parlement régional. Convoquées de manière anticipée par le président de la Généralité (le gouvernement catalan), Artur Mas, ces élections revêtent une importance particulière puisque, pour la première fois, les deux principales forces politiques catalanes, le parti nationaliste de droite Convergence démocratique de Catalogne (CDC) et les indépendantistes de la Gauche républicaine (ERC), ont décidé de présenter une liste commune. Si cette liste, que les sondages donnent victorieuse, obtient la majorité absolue des sièges, elle s’est engagée à faire sécession du reste de l’Espagne dans les dix-huit mois suivant le scrutin.
ces élections font ainsi office de référendum d’autodétermination
Pour M. Mas, ces élections, qu’il définit comme « plébiscitaires », font ainsi office de référendum d’autodétermination, référendum que Madrid ne lui avait pas permis d’organiser en 2014. Celui-ci s’était finalement transformé en une consultation sans garantie légale le 9 novembre, qui lui a valu une plainte du parquet pour « désobéissance grave ».
  parvenir à l’indépendance pour obtenir le pouvoir de décider pour nous-mêmes
« Cela fait longtemps que nous essayons de voter pour l’indépendance et celle-ci est notre seule chance, » explique, dans la foule, un ancien militant du Parti socialiste catalan (PSC), Eduardo Alonso, qui s’est rallié à l’indépendantisme ces dernières années « par radicalité démocratique et pour permettre la régénération de la politique ». De sensibilité de gauche, il aurait préféré des listes séparées, « pour ne pas avoir à voter pour Artur Mas », mais pense que « le plus important, c’est de parvenir à l’indépendance pour obtenir le pouvoir de décider pour nous-mêmes ».
 une manœuvre politique pour forcer une confrontation avec Madrid
Pour les partis non indépendantistes, ces élections représentent le dernier coup de poker de M. Mas, une manœuvre politique pour forcer une confrontation avec Madrid qui lui permet au passage d’éviter de faire le bilan de sa législature et de répondre des scandales de corruption qui affectent son parti. Car M. Mas n’est pas la tête de liste, bien qu’il ait négocié avec ses partenaires d’être le candidat à la présidence de la région en cas de victoire.
  « l’indépendance, c’est plus de travail et de meilleures retraites »
La campagne électorale s’est déroulée dans une tension très vive. Les indépendantistes ont basé la leur sur la foi en un « futur meilleur », comme le clame sur le podium un candidat d’ERC, Oriol Amoros. Partout dans les rues, on peut lire que « l’indépendance, c’est plus de travail et de meilleures retraites », de la « dignité », du « progrès ». Plus riche, plus juste, dépourvue de corruption, avec moins de violences sexistes, le portrait d’une hypothétique Catalogne indépendante brossé par les indépendantistes a tout pour faire rêver.
  tensions entre indépendantistes et unionistes
De l’autre côté, le Parti populaire (PP, droite au pouvoir), le PSC et le jeune parti « anti-indépendantiste » Ciudadanos (Citoyens) ont appelé les Catalans à « la raison », évoquant les risques économiques, politiques et sociaux d’une sécession, brandissant ce que les indépendantistes qualifient de « discours de la peur. » Podemos, qui défend le droit des Catalans à décider s’ils veulent ou non l’indépendance, a essayé, tant bien que mal, de recentrer le débat sur les thèmes sociaux. Mais c’est l’escalade des tensions entre indépendantistes et unionistes qui a marqué la campagne.

Avec des scènes inattendues. Le président de la Généralité, Artur Mas, a ainsi déclaré lors d’un meeting qu’il faisait « un bras d’honneur » au PP, au PSOE et à Podemos. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a lui douté de la possibilité, pour les habitants d’une Catalogne indépendante, de conserver la nationalité espagnole. Enfin, le gouverneur de la Banque d’Espagne, Luis Maria Linde, a évoqué le risque d’un corralito (« contrôle des capitaux ») en cas de sécession.
risque de sortie de l’Union européenne (UE) et de la zone euro
Une grande partie de la campagne a tourné autour du risque de sortie de l’Union européenne (UE) et de la zone euro d’une Catalogne indépendante. Une possibilité balayée par les indépendantistes, qui ont assuré que l’UE n’expulserait pas l’une des « régions les plus riches du sud de l’Europe », malgré les déclarations en pleine campagne d’un porte-parole de la Commission européenne expliquant que « si une partie d’un Etat membre cessait de faire partie de cet Etat parce qu’elle devient indépendante, les traités ne s’appliqueraient pas à ce territoire (…). Il serait automatiquement hors de l’UE. »
  la seule chose que nous irons négocier avec Madrid, c’est l’indépendance
« Nous sommes prêts à prendre le risque, assure Joan, employé de marketing de 35 ans. D’ailleurs le Canada et la Suisse ne s’en portent pas moins bien… » « Cela ne va pas se passer », est convaincu de son côté Ramon Talamos, un économiste de 36 ans décidé à voter en faveur de la liste Ensemble pour le oui, bien qu’il ne pense pas que l’indépendance soit possible. « Ces élections vont surtout nous permettre d’avoir plus de force pour négocier. » La tête de liste des indépendantistes, Raül Romeva, a pourtant été claire sur ce point : « Si nous gagnons, la seule chose que nous irons négocier avec Madrid, c’est l’indépendance. »
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