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dimanche 2 septembre 2018

A peu près un tiers de toutes les forces armées russes participeront à Vostok-18...


« [Vostok-18] verra la participation d’à peu près 300 000 hommes, 36 000 pièces d’équipements militaires d’artillerie, blindés et motorisés, plus de 1 000 avions de combat, l’implication de deux Flottes [celles du Pacifique et de la Mer du Nord] et toutes les unités aéroportées. A peu près un tiers de toutes les forces armées russes participeront à Vostok-18... [...] La contribution chinoise [à cet exercice russe] est très significative, avec 3 200 hommes, 900 pièces d’équipements d’artillerie, blindés et motorisés, et une trentaine d’avions de combat et d’hélicoptères. » écrit Philippe Grasset citant Andrei Akoulov dans un billet du 31 août 2018 «Vostok-18 : à bon entendeur, salut ».


Note – Par la force des choses et du principe de réalité, Macron veut faire ami-ami avec Poutine et « en même temps » menace de bombarder son protégé Assad en Syrie où il vient pourtant de livrer, grâce aux Russes, de l’aide humanitaire que la France ne peut pas livrer directement étant personna non grata à Damas qui l’accuse – à juste titre - de soutenir les terroristes (intérêts pétroliers et cimentiers obligent). EG


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Bonne lecture

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Vostok-18 : à bon entendeur, salut

Par Philippe Grasset, le 31 août 2018

En Syrie, dans la région d’Iblid, et en Méditerranée orientale au large de la Syrie, se poursuivent les péripéties de la tragédie-bouffe autour du dernier montage d’une Attaque-Chimique-Bidon, sous “faux-drapeau” largement déployé et extrêmement identifié, – les Russes ne cessant de diffuser informations et matériels de communication divers, y compris des images, sur les activités de la chose ; jusqu’à les communiquer à leurs “partenaires” du département d’État pour les informer de ce qu’ils (ces susdits-“partenaires”) sont en train de préparer eux-mêmes. Pendant ce temps, les Russes affutent leurs forces aériennes pour soutenir avec force l’attaque syrienne contre cette région devenue un point de rassemblement massif pour les djihadistes extrémistes soutenus par les USA, comme il se doit, et dernière région de la Syrie hors du contrôle du gouvernement. Du point de vue naval, les flottes US et russe se renforcent au large de la Syrie, avec semble-t-il un net avantage numérique et une technologie très avancée du côté russe, où l’on effectue des manœuvres...

(Cette situation renouvelle la surprise horrifiée du CNO de l’US Navy d’alors, l’amiral Zumwalt, en septembre 1970, lors de la crise jordano-palestinienne dite “Septembre noir”. Dans une audition au Congrès peu après, Zumwalt avait déclaré que, pour la première fois depuis que l’US Navy avait une présence globale, depuis 1945, elle s'était trouvée en Méditerranée, lors d’une crise, face à une flotte russe [soviétique] supérieure numériquement et en puissance de feu.)

Mais pour l’instant, – avec à l’esprit la possibilité de changements très rapides de situation stratégique, – le point stratégico-militaire essentiel se trouve plutôt à Omsk, à partir d’où l’on pourra suivre l’exercice Vostok-2018, ou Vostok-18, dans la région Trans-Baïkal de la Sibérie Orientale, du 11 au 15 septembre. Andrei Akoulov nous donne, dans Sytrategic-Culture.org ce 31 août une idée de la massivité de cet exercice, qui peut prétendre être le plus “grand exercice de toute l’histoire militaire” (qualification à débattre, mais qui a nombre d’arguments en sa faveur) :

« [Vostok-18] verra la participation d’à peu près 300 000 hommes, 36 000 pièces d’équipements militaires d’artillerie, blindés et motorisés, plus de 1 000 avions de combat, l’implication de deux Flottes [celles du Pacifique et de la Mer du Nord] et toutes les unités aéroportées. A peu près un tiers de toutes les forces armées russes participeront à Vostok-18... [...] La contribution chinoise [à cet exercice russe] est très significative, avec 3 200 hommes, 900 pièces d’équipements d’artillerie, blindés et motorisés, et une trentaine d’avions de combat et d’hélicoptères. »

On jugera remarquable de l’évolution de la puissance militaire russe que la Russie puisse ainsi tenir deux points stratégiques d’activité militaire, – bien sûr pour deux buts très différentes, – avec autant de moyens et autant de capacités de coordination et d’organisation. Même si la stratégie russe insiste sur sa posture défensive et son peu de goût pour la projection de forces, les circonstances poussent sinon obligent la Russie à manifester sa puissance militaire dans le sens de l’expansion et, au moins, d’une “projection de communication” de ses capacités militaires. Au reste, Vostok-18 aura un complément stratégico-économique puisque se tiendra les 11-13 septembre le Eastern Economic Forum, à Vladivostok, où Poutine tiendra sommet avec l’allié Xi Jinping et saluera le président sud-coréen Moon et le premier ministre japonais Abe qui seront également présents. Tout cela vu dans les jumelles à infra-rouges otaniennes-BAO, c’est du lourd...

Pour explorer la chose (Vostok-18) plus en détails, nous avons choisi le texte d’un vieux renard du commentaire sur les choses russes et de la sphère euro-asiatique avec un intérêt penchant vers l’Est, l’ancien diplomate indien M.K. Bhadrakumar. C’est du point de vue de la grande stratégie politique que Bhadrakumar observe l’exercice, notamment en explorant les aspects politiques du fait que Vostok-18 marque la réalisation opérationnelle de l’alliance russo-chinoise, – et Bhadrakumar insiste bien sur ceci : Russes et Chinois ne sont, ni des “partenaires”, ni des “partenaires stratégiques”, mais bien des “alliés” ; cela implique de facto un engagement stratégique conséquent, qui se retrouve dans l’exercice certes, mais qui se manifeste d’une façon concrète voire opérationnelle sur les “théâtres” de la Corée du Nord, de l’Iran avec l’accord sur le nucléaire, et bien entendu de la Syrie.
Bhadrakumar expose l’avancement de la formidable “alliance” entre la Chine et la Russie d’une façon détaillée et convaincante, impliquant en contrepartie l’effrayante nullité stratégique du bloc-BAO qui, depuis 2007-2010, et à fond la caisse depuis 2014, porte la responsabilité quasi-directe de ce rapprochement stratégique décisif.

Bhadrakumar, comme nombre de commentateurs, met d’autre part en évidence que Vostok-18 est le plus grand exercice de l’armée russe bien entendu, mais surtout le plus grand de l’armée rouge/russe depuis Zapad-81, avec plus de 100 000 hommes, dans la partie occidentale de l’URSS, avec des forces de pays du Pacte de Varsovie, à la fin de l’automne 1981 comme un avertissement donné à la Pologne en pleine révolution-Solidarnosc sur les capacités d’intervention de l’URSS. Les Polonais comprirent le message et le général Jaruzelski déclara l’état de siège fin-décembre 1981, empêchant l’intervention soviétique et jouant un rôle remarquable pour éviter dans les années qui suivirent l’irréparable (l’intervention soviétique) et préparer la transition démocratique. On ne fait certes pas une comparaison de situation, qu’on verrait presque inversée, mais une comparaison sur la teneur du message : comme l’URSS en 1981, pour la mauvaise cause dira-t-on, il y a des choses que la Russie, pour la bonne cause estime-t-elle cette fois, n’acceptera pas. Pechkov, porte-parole de Poutine, a observé que Vostok-18 se déroule dans le contexte d’« une situation internationale courante qui est fréquemment marquée par une grande agressivité et un caractère inamical pour notre pays » ; cela, sans le moindre doute à destination de l’OTAN...

... On espère que c’est informé de ce contexte que nous avons développé, – ce qui impliquerait qu’il est au courant des choses de la stratégie du monde, – que le président français Macron a lancé l’idée de la nécessité d’un « “aggiornamento complet de notre relation avec la Russie” pour ne pas rester sur “des erreurs ou des incompréhensions des deux dernières décennies”. “Notre intérêt est d'avoir des partenariats stratégiques, y compris en matière de défense, avec nos voisins les plus proches”, a-t-il ajouté en évoquant notamment la relation entre l'UE et la Russie. » (L’intervention de Macron, lors de sa visite en Finlande, est notamment développé ici, sur le pourvoyeur spécialisé de FakeNews en France, soit RT-français du 31 août.)
Ci-dessous, le texte MK Bhadrakumar, sur Strategic-Culture.org, le 31 août 2018.

dedefensa.org

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Russia and China in Alliance Conditions

Three things stand out in the remarks made by the Kremlin spokesman Dmitry Peskov on Tuesday in the context of Russia’s forthcoming Vostok-2018 military exercise in the Trans-Baikal Region in East Siberia during September 11-15.

At the obvious level, Peskov was speaking from the picturesque southwestern city of Omsk where he was accompanying President Vladimir Putin. Nothing that Peskov says can be unintentional and his remarks from Omsk carried added resonance, because he was also speaking from a vantage point in Russian history – from a garrison town founded by the Siberian Cossacks four centuries ago.

Second, Peskov was speaking about the forthcoming Vostok-2018, which is already being noticed in the international opinion, including in western media, as a military exercise of strategic significance. Peskov indirectly referred to the NATO’s belligerent military posturing toward Russia when he said that Vostok-2018 is taking place in the backdrop of “the current international situation, which is frequently quite aggressive and unfriendly for our country.” 

Only a few hours before Peskov spoke, Russian Defense Minister Sergey Shoigu had said that the drills will be unprecedented in their scope and will involve about 300,000 troops and over 1,000 aircraft. The Vostok-2018 will focus on “traditional security” (read wars, external territorial aggression) as against “non-traditional security” (terrorism, separatism, religious extremism, etc.) and it is billed as the biggest Russian exercise since the famous Zapad-81 drills. Of course, the former Soviet Union’s Warsaw Pact allies had participated in the Zapad-81.

Taking all of the above into account, it was Peskov’s remark regarding China’s participation in the Vostok-2018 strategic drills that acquires salience. Peskov said, "This (China’s participation) speaks about the expansion of interaction of the two allies in all the spheres."

Now, this is a profoundly significant choice of words. In all these decades since the 1960s, it is impossible to recall a top Kremlin official characterizing Russia and China as “two allies in all the spheres.” The common idiom is that they are “partners”. Officially, the Sino-Russian relations are described as “comprehensive strategic partnership of coordination.”

But there is no big surprise that the Sino-Russian relations have reached alliance conditions. The fashionable western interpretation is that the Kiev Euromaidan (2014) and the sanctions against Russia that followed had pushed Russia reluctantly into a Chinese embrace. But this is more of a self-serving western notion, since Russia’s “pivot to China” by far predates the regime change in Ukraine and had much to do with Moscow’s strategic focus on the global shift in power to the East and about turning Russia into a hub of intra-Asian trade and cooperation.

Equally, Western analysts faltered in their estimation that “Unfortunately for Putin, Moscow has limited capacity to make its pivot dreams a reality” – to quote from a 2013 essay by Fiona Hill who presently serves in the National Security Council in the White House. 

But then, these alliance conditions have been consciously fostered through sustained efforts, often at the highest levels of leadership in Moscow and Beijing, and it is all too obvious today that they stand on firm foundations of mutual understanding and a rapidly expanding economic cooperation that is to mutual advantage.

What is the kind of alliance that Russia and China could have? For a start, what the two countries will not have is at once obvious if the obsolete North Atlantic Treaty Organization (NATO) is taken as the readily available benchmark. Evidently, no alliance headquarters is going to be built at a cost of 1.17 billion euros and there isn’t going to be any interest to define the casus foederis of the Russian-Chinese alliance. Nor is there going to be anything like NATO’s $6 billion defence budget in 2017 (which is expected to jump to $7.8 billion in 2020.)

Most certainly, the Russia-China alliance will not be riveted on cost-accounting principles of the sort US President Donald Trump is constantly dinning into the ears of his European allies. Needless to say, there aren’t going to be any “standing forces” on active duty on a permanent basis – or any grandiose notions that some day the Russian-Chinese alliance will blossom into a global security organization, with its tentacles reaching out into the heart of Africa.

On the other hand, the Russia-China alliance will also be a “unique community of values”, as NATO keeps proclaiming itself. Conceivably, these “values” will include strict adherence to international law and the UN Charter, respect for national sovereignty – no Libya or Iraq-style interventions, for example – and the peaceful resolution of disputes and differences without the use of force. However, one cardinal difference with the NATO will be that unlike the latter, which takes cover behind inchoate “values” such as “liberty”, “rule of law”, “democracy”, et al, the Russian-Chinese alliance will be focused and purposive on the strengthening of a multipolar world order.

Arguably, the Russian-Chinese alliance will be in sync with the spirit of our times – unlike NATO, which must constantly justify its raison d’etre through the juxtaposition of an “enemy”, caught up in the tragic predicament of having to stir up paranoia and xenophobia among member states in order to simply keep the herd from wandering away toward greener pastures.

Where the Russia-China alliance has an advantage is that it is a new type of alliance that allows the two countries to pursue their national interests while also creating space for each other through mutual support and foreign-policy coordination to maneuver optimally in the prevailing volatile international environment where it is no longer possible for any single power to exercise global hegemony. Indeed, the Sino-Russian coordination is working well in the Syrian conflict, the situation on the Korean Peninsula, Iran nuclear issue or the struggle against terrorism and has become a factor of peace and regional stability.

Peskov’s meaningful description of China as Russia’s ally provides a new perspective on the forthcoming visit by Chinese President Xi Jinping to Russia and his expected participation in the Eastern Economic Forum summit in Vladivostok next month.

MK Bhadrakumar

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