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lundi 11 juin 2018

Traité de Singapour : virer les forces US de la Corée du sud et du Japon

« Le président américain devrait devenir le premier à s’entretenir avec un dirigeant de la Corée du Nord, mardi à Singapour […] Les enjeux, pour Donald Trump, sont multiples. Il s’agit pour lui de marquer l’histoire en réussissant là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Une dénucléarisation réussie lui permettrait aussi de réduire l’empreinte militaire des Etats-Unis dans la région. La Corée du Sud et le Japon abritent deux des trois plus importants contingents de soldats américains dans le monde. Le candidat, puis le président, n’ont cessé de stigmatiser ces déploiements qui détournent, selon lui, les Etats-Unis de leurs priorités intérieures » écrit Gilles Paris pour Le Monde dans un billet du 11 juin 2018 «Sommet avec Kim Jong-un : Donald Trump face au défi de la diplomatie »

http://cacaou3.blogspot.com/Note – Le mot est lâché, par le journal de référence lui-même, Le Monde : « réduire l’empreinte militaire des Etats-Unis dans la région ». 
« Tout le monde joue un jeu » a twitté Kraken Trump et ce jeu consiste encore une fois pour les USA, à perdre victorieusement, comme en Afghanistan, comme en Irak et comme en Syrie.

Avec ou sans sa bombe, Kim va virer Washington de la région en l’obligeant à retirer ses forces de Corée du Sud et du Japon parce que nous sommes dans une transition historique qui nous conduit vers une ère post-occidentale.

Les unités navales stratégiques US (les porte-avions) ont déjà évacué la région puisque Washington n’en possède plus qu’une en Méditerranée pour faire comme si, les autres étant toutes repliées à leur base continentale ou à proximité pour faire des ronds dans l’eau.

Le problème de cette reddition US n’est pas tant pour les Etats-Unis qui ont encore les moyens de se défendre mais pour l’Europe, complètement désarmée, qui se trouve du coup complètement exposée à n’importe quelle attaque, par exemple Turque ou menace, pourquoi pas, chinoise… EG

>> Lire aussi :

Traité de Singapour: la possibilité d’un bouleversement stratégique planétaire (07/06/2018)

Entre guerre économique et guerre nucléaire, la nouvelle « politique de défense » US (01/06/2018)

Corée du Nord, « Tout le monde joue un jeu » (26/05/2018)

>> Mon fil info « TRUMP » sur twitter

Bonnes lectures

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Sommet avec Kim Jong-un : Donald Trump face au défi de la diplomatie

Le président américain devrait devenir le premier à s’entretenir avec un dirigeant de la Corée du Nord, mardi à Singapour. Après deux ans de coups d’éclat, il va devoir lancer un processus complexe.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Gilles Paris (Singapour, envoyé spécial) 

Donald Trump va mettre à l’épreuve ses instincts le 12 juin, à Singapour, en devenant le premier président des Etats-Unis à s’entretenir avec un dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un. « Vraiment confiant », il a jugé samedi matin avant de quitter prématurément un sommet du G7 particulièrement houleux, au Canada, qu’il saurait peut-être « dès la première minute » si cette rencontre sera un succès. Après avoir multiplié au cours de ses seize premiers mois passés à la Maison Blanche les initiatives unilatérales, les coups d’éclat et les attaques verbales sur son compte Twitter, y compris lundi matin à Singapour, il va devoir construire.

Ce président non-conventionnel avait pris de court le monde entier le 8 mars, y compris son entourage proche, en acceptant au pied levé une invitation de Kim Jong-un qui avait transité par le conseiller à la sécurité nationale du président sud-coréen Moon Jae-in, Chung Eui-yong. Ce pari va se matérialiser mardi. Il intervient après deux tentatives américaines infructueuses, au cours des vingt-cinq dernières années, pour parvenir à la dénucléarisation de la Corée du Nord. La situation a changé depuis ces échecs, Pyongyang assure désormais maîtriser l’arme suprême.

Donald Trump a rompu avec la prudence observée par tous ses prédécesseurs vis-à-vis de la Corée du Nord. Tous ont considéré jusqu’à présent que le bénéfice d’une rencontre au sommet ne pouvait que conclure des pourparlers fructueux. Fort de sa conviction d’être un négociateur hors pair, le président des Etats-Unis mise au contraire sur le facteur personnel pour amorcer le « processus » qui doit permettre une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible », selon le mot d’ordre de la diplomatie américaine. Un choix cohérent compte tenu de sa volonté de se démarquer de tout ce qui a été expérimenté avant lui.
Le dossier nord-coréen ne figurait pas parmi les priorités de Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Il ne l’avait mentionné que très brièvement dans son unique discours de politique étrangère, en avril 2016, principalement pour critiquer le président alors en fonction, Barack Obama. Ce dernier avait cependant indiqué qu’il compterait parmi les priorités de son successeur lors d’une entrevue à la Maison Blanche, le 10 novembre, deux jours après l’élection de Trump. Selon Jon Wolfsthal, conseiller de Barack Obama pour la non-prolifération de 2014 à 2017, le président sortant aurait alors suggéré au président élu de modifier le rapport de forces par le biais de sanctions. La politique de « pression maximum » qui s’est traduite par un large front commun aux Nations unies, découlerait directement de ce conseil.

Les sanctions sans précédents appliquées depuis un an ont joué leur rôle. Tout comme la conjonction de l’aboutissement de la quête nucléaire de Pyongyang, et de l’arrivée au pouvoir à Séoul d’un président désireux de multiplier les ouvertures en direction du voisin du nord pour éviter le « feu et la fureur » promis en août par Donald Trump. Cette situation favorable offre à ce dernier une opportunité historique.

Au crédit de l’administration américaine, les interférences qui avaient pu expliquer la brève annulation de la rencontre, le 24 mai, ont cessé. Selon Jon Wolfsthal, qui a participé à un rapport de l’International Crisis Group consacré à la négociation à venir, le sommet de Singapour est un « Pompeo show », du nom du secrétaire d’Etat, qui a rencontré à deux reprises Kim Jong-un au cours des derniers mois, tout d’abord en tant que directeur de la CIA, puis comme chef de la diplomatie américaine.
Réputé sceptique par rapport aux intentions de Pyongyang, le secrétaire à la sécurité nationale du président, John Bolton, s’est placé en retrait, conscient de l’importance accordée par Donald Trump au sommet, « même s’il espère peut-être que le processus s’effondre sous son propre poids », selon Jon Wolfsthal. Ce retrait favorise manifestement une plus grande souplesse de Washington. A la quasi-reddition hic et nunc initialement envisagée a succédé une approche graduelle, même si, officiellement, les Etats-Unis n’ont pas encore fait leur un autre principe, celui de la réciprocité demandée par Pyongyang.
Le « processus » va ensuite tester l’intérêt de Donald Trump sur la durée. Comme l’assure Joseph De Trani, ancien négociateur pendant le mandat de George W. Bush, il doit en effet passer par de multiples étapes, dont « une déclaration initiale de la Corée du Nord sur son programme nucléaire, puis un accord sur un protocole de vérification et de contrôle par des inspecteurs ».

Enjeux multiples

« Ce n’est qu’après que la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible aura été effective, et que la Corée du Nord aura reçu des assurances sur sa sécurité, une assistance économique et l’établissement de liens conduisant à une normalisation formelle que l’on pourra considérer comme accompli le règlement pacifique de ce dossier », ajoute-t-il, en écartant toute possibilité de « succès rapide » mais en affichant sa confiance dans la détermination du président.
Que peut proposer en échange Washington sans amoindrir le régime de sanctions ? La presse américaine avançait avant la rencontre une reconnaissance diplomatique sans que l’on sache si elle est recherchée à ce stade par Pyongyang.

Dans une tribune publiée par le site Politico, Wendy Sherman, l’une des principales négociatrices de l’accord nucléaire conclu par le démocrate Barack Obama avec l’Iran en 2015, estime qu’en reniant la parole des Etats-Unis et en se retirant de ce compromis, Donald Trump a rehaussé la barre pour la Corée du Nord. Qu’il s’agisse du régime d’inspection jugé insuffisant en Iran alors qu’il est le plus rigoureux de l’histoire de la lutte contre la prolifération, de l’interdiction du moindre programme nucléaire civil pour Téhéran, ou encore l’interdiction des missiles à courte et à moyenne portée. « Si Donald Trump n’exige pas cela également de la Corée du Nord, il aura failli à ses propres critères », estime Wendy Sherman.

Les enjeux, pour Donald Trump, sont multiples. Il s’agit pour lui de marquer l’histoire en réussissant là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Une dénucléarisation réussie lui permettrait aussi de réduire l’empreinte militaire des Etats-Unis dans la région. La Corée du Sud et le Japon abritent deux des trois plus importants contingents de soldats américains dans le monde. Le candidat, puis le président, n’ont cessé de stigmatiser ces déploiements qui détournent, selon lui, les Etats-Unis de leurs priorités intérieures.

Washington suspend indéfiniment ses provocations militaires contre Pyongyang (qui conserve ses armes nucléaires intactes)

“Le ministère américain de la défense a annoncé vendredi 22 juin suspendre indéfiniment de nouveaux exercices militaires conjoints entre le...