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vendredi 16 février 2018

Bitcoin est une monnaie car « la monnaie est ce contre quoi tous les autres biens et services sont échangés »


« Les récentes innovations financières ne créent pas de nouvelles formes de monnaie, mais de nouvelles manières d’employer la monnaie existante dans le cadre des transactions. Quelles que soient ces innovations financières, la nature de la monnaie ne change pas. Elle est ce contre quoi tous les autres biens et services sont échangés » écrit Frank Shostak dans un billet du 21 décembre 2016 «Sur l’importance d’une définition correcte de la monnaie »

Note – C’est après avoir visionné la vidéo de Paul Jorion « Le temps qu’il fait le 16 février 2018 – Le Bitcoin pour les nuls » que je me suis dit : ce n’est pas possible de ne pas réagir et c’est cet article de Frank Shostak qui m’en donne l’occasion car sa définition est simple, courte et facile à comprendre par tout le monde, y compris par « les nuls ».

Paul Jorion, également auteur de « L’argent mode d’emploi » (disponible en format de poche), explique dans sa vidéo pourquoi les cryptos ne sont pas des monnaies, se fondant pour cela sur la définition que fait Aristote (le philosophe grecque) de la monnaie à partir de trois conditions.

De mon point de vue, pour une définition fondamentale de la monnaie, trois conditions, c’est deux de trop.

Donc, pour moi, « La monnaie est ce contre quoi tous les autres biens et services sont échangés », point barre.

A partir de là, il devient possible de répondre à la question de savoir si une crypto est une monnaie est ma réponse est… ça dépend de la crypto.

Cela veut dire que le problème n’est pas la définition de la monnaie mais la définition d’une crypto et là tout se complique car le terme générique « crypto » recouvre aussi bien des cryptos qui répondent à la définition de la monnaie que des cryptos qui n’y répondent pas.
Le concept "crypto" s'applique à toutes les cryptos car ce concept a à voir avec la technologie cryptographique qui les fabrique - une crypto est un objet numérique crypté -.

Comme je ne suis pas en train d’écrire une encyclopédie, je vais faire court et me limiter à Bitcoin : vous pouvez faire le tour du monde avec des bitcoins et acheter aussi bien votre café à New-York (1), un tour en montgolfière à Châteaubriant (2) ou un studio à Dubaï (3).

Ce sont des biens et services achetés aux Etats-Unis, en France et aux Émirats arabes unis. Il n’y a même pas besoin de changer de crypto comme on change nos devises conventionnelles d'un pays à l'autre, tout peut se faire avec des Bitcoin.

Maintenant, à vous de juger si Bitcoin est une monnaie ou pas.

Ce qui fait la différence entre une crypto qui a un statut de monnaie et une crypto qui ne peut pas l’avoir, c’est la différence entre ce qu’on appelle à tort une « monnaie locale » et à juste titre une « monnaie libre ».
Je ne développerais pas « ici et maintenant », nom d’une fameuse et regrettée radio libre française que les jeune de vingt ans d’aujourd’hui n’ont pas pu connaître mais qui était produite via le téléphone par les auditeurs eux-mêmes… comme Bitcoin ?

EG

Lire aussi : 

(1) A New York, le sandwich glacé au chocolat à cinq dollars revenait jeudi à 9,29 dollars en bitcoin (03/12/2017)

(2) Oui, il y a des Français qui ont tellement confiance en la monnaie virtuelle qu’ils souhaitent participer activement à l’aventure (15/02/2018)

(3) Dubaï délivre une licence à une société de cryptos et 50 appartements de luxe sont aussitôt vendus en bitcoin (15/02/2018)

>> Mon fil info « CRYPTO » sur twitter

Bonnes lectures

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Sur l’importance d’une définition correcte de la monnaie

Par Frank Shostak, le 21 décembre 2016


Les économistes ont tendance à penser que, depuis les années 1980, les corrélations entre les différentes définitions de la monnaie et le revenu national se sont brisées. La raison en est, à leurs yeux, que la dérèglementation financière a rendu la demande monétaire instable. En conséquence, l’utilité de la monnaie en tant qu’indicateur des évènements économiques a considérablement diminué.

Pour répondre à cette instabilité de la demande monétaire, les économistes ont introduit une mesure de la masse monétaire connue sous le nom de méthode d’agrégation monétaire de Divisia (après son fondateur, François Divisia).

En attribuant des variables plutôt que des poids égaux aux composants de la masse monétaire, nous dit-on, il est possible de remédier à l’instabilité de la demande monétaire. (En leur attribuant des poids égaux, la corrélation entre la jauge monétaire pondérée et les divers indicateurs économiques se trouve améliorée). En conséquence, nous pouvons employer cet indicateur pour déterminer les évènements économiques futurs. 1

Notez que selon une majorité d’économistes, la validité des diverses définitions de la monnaie peut être établie par un simple exercice statistique. Pour eux, la validité de la définition de la monnaie – M1, M2 et autres – dépend de leur corrélation avec d’autres données économiques telles que le PIB.

Le problème de la définition de la monnaie

Aucune définition ne peut, en revanche, être établie par simple exercice de corrélation. L’objectif d’une définition est de présenter l’essence, les caractéristiques distinctes du sujet à identifier. Une définition nous apprend les bases fondamentales d’une entité particulière.

En ce sens, la monnaie est ce contre quoi sont échangés tous les autres biens et services. La caractéristique distincte de la monnaie est de servir de moyen d’échange. Elle a évolué à partir de la marchandise la plus commercialisable.

Cette caractéristique fondamentale de la monnaie doit être comparée à celles des autres biens. Les biens alimentaires, par exemple, apportent aux êtres humains l’énergie qui leur est nécessaire pour survivre, alors que les biens d’équipement permettent l’expansion des infrastructures qui, à leur tour, permettent la production d’une plus grosse quantité de biens et services.

Au travers d’un long processus de sélection, les humains ont historiquement décidé d’utiliser l’or comme monnaie. En d’autres termes, l’or a servi de norme monétaire.

Au sein du système monétaire actuel, la masse monétaire n’est plus composée d’or, mais des billets et pièces émises par les gouvernements et leurs banques centrales.

En conséquence, les billets et pièces constituent la norme monétaire, connue sous le nom d’espèces employées lors de transactions. En clair, les biens et services sont échangés contre des espèces.

Une définition correcte de la monnaie est nécessaire à tous ceux qui cherchent à tirer des informations correctes d’indicateurs monétaires. Malheureusement, les moyens les plus populaires de définir la monnaie sont incorrects.

Définitions incorrectes de la monnaie

Prenons par exemple la définition de la masse monétaire M2, qui inclut les comptes de dépôt des marchés monétaires. Mais investir sur un fonds du marché monétaire est en fait un investissement sur divers instruments du marché monétaire.

La quantité de monnaie en existence n’est pas altérée en conséquence de cet investissement : seule la propriété de la monnaie a temporairement changé.

Ainsi, si Joe investit 1.000 dollars sur un fonds du marché monétaire, la monnaie en existence au sein de l’économie de change pas en conséquence de cette transaction. De la monnaie se trouve déplacée depuis le compte de dépôt à vue de Joe vers le compte de dépôt à vue du marché monétaire. Incorporer les 1.000 dollars investis sur le fonds du marché monétaire dans la définition de la monnaie en plus des 1.000 dollars d’origine revient donc à un double comptage.

Le problème du double comptage, c’est qu’il ne peut pas être résolu par la définition monétaire de la « monnaie à zéro maturité » - une définition monétaire assez récente.

La monnaie à zéro maturité englobe tous les actifs financiers à zéro maturité, échangeables au pair sur simple demande. Cette définition exclut tous les titres sujets à des pertes de capital, et les dépôts à terme qui font l’objet de pénalités en cas de retrait anticipé. La monnaie à zéro maturité inclut tous types d’instruments financiers qui peuvent être aisément convertis en monnaie sans pénalité ou risque de perte de capital. 2

Elle inclut des actifs qui peuvent être convertis en monnaie. C’est précisément là le problème de cette définition, puisqu’elle n’identifie pas la monnaie, mais plutôt un ensemble d’actifs pouvant être convertis en monnaie. Elle ne nous dit pas ce qu’est réellement la monnaie, ce qui est précisément ce que devrait faire une définition de la monnaie.

De la même manière, le problème de définition n’est pas résolu par l’agrégat monétaire de Divisia qui, comme nous l’avons vu, n’essaie pas d’établir une définition de la monnaie, mais plutôt d’améliorer la corrélation entre la monnaie telle que M2 et un indicateur d’activité économique. En ce sens, la jauge de Divisia est un exercice d’ajustement des courbes.

Une fois qu’une définition claire est établie, il est nécessaire de la préserver, qu’elle soit corrélée ou non avec les autres données économiques.

Le déterminant de la validité d’une définition de la masse monétaire ne devrait pas être une corrélation statistique, mais le bien-fondé de la définition.

Le bien-fondé d’une définition ne peut pas être établi au travers d’une analyse technique, mais de la compréhension de ce qu’est vraiment la monnaie.

La monnaie électronique est-elle une monnaie digne de ce nom ?

L’introduction de la monnaie électronique a remis en question l’idée selon laquelle les billets et pièces représentent la monnaie.

Néanmoins, les diverses formes de monnaie électronique n’ont pas une existence propre. La monnaie électronique ne peut exister que tant que les individus savent qu'ils peuvent l'échanger contre des espèces sur simple demande.


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Les récentes innovations financières ne créent pas de nouvelles formes de monnaie, mais de nouvelles manières d’employer la monnaie existante dans le cadre des transactions.

Quelles que soient ces innovations financières, la nature de la monnaie ne change pas. Elle est ce contre quoi tous les autres biens et services sont échangés.
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Les récentes innovations financières ne créent pas de nouvelles formes de monnaie, mais de nouvelles manières d’employer la monnaie existante dans le cadre des transactions.

Quelles que soient ces innovations financières, la nature de la monnaie ne change pas. Elle est ce contre quoi tous les autres biens et services sont échangés.
  • 1. Barnett, W. A., 1980. « Economic Monetary Aggregates: An Application of Aggregation and Index Number Theory, » Journal of Econometrics 14: 11–48.
  • 2. John B. Carlson, et Benjamin D. Keen, « MZM: a monetary aggregate for the 1990’s?, » Banque fédérale de Cleveland, Economic Review (1996).

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