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vendredi 17 novembre 2017

Un bitcoin non sulfureux, une aubaine pour les banques en quête d'un second souffle


« Le futur du bitcoin et des crypto-monnaies dépendra de la patience des gouvernements face à un outil qui facilite l'anonymat et l'évasion fiscale. Comme rien n'est plus simple que cloner le bitcoin ou en améliorer la technologie, des États plus audacieux pourraient créer leur propre crypto-monnaie, afin de mêler les vertus d'une monnaie officielle aux innovations des cryptomonnaies […] un bitcoin non sulfureux va permettre aux investissements de se lâcher, une aubaine pour les banques en quête d'un second souffle » écrivent JJ Quisquater et Ch Cuvelliez dans un billet du 15 novembre 2017 – Les "crypto-euros", la monnaie bitcoin du futur – à lire ci-dessous.

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Bonnes lectures

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Les "crypto-euros", la monnaie bitcoin du futur

Par JJ. Quisquater et Ch. Cuvelliez, le 15 novembre 2017



Le futur du bitcoin et des crypto-monnaies dépendra de la patience des gouvernements face à un outil qui facilite l'anonymat et l'évasion fiscale. Comme rien n'est plus simple que cloner le bitcoin ou en améliorer la technologie, des États plus audacieux pourraient créer leur propre crypto-monnaie, afin de mêler les vertus d'une monnaie officielle aux innovations des cryptomonnaies.


Le futur du bitcoin et des crypto-monnaies dépendra de la patience des gouvernements face à un outil qui facilite l'anonymat et l'évasion fiscale. Comme rien n'est plus simple que cloner le bitcoin ou en améliorer la technologie, des États plus audacieux pourraient créer leur propre crypto-monnaie, afin de mêler les vertus d'une monnaie officielle aux innovations des cryptomonnaies. Par Jean-Jacques Quisquater, École Polytechnique de Louvain, Université de Louvain et Charles Cuvelliez, École Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles.

N'en déplaise aux contempteurs du Bitcoin qui prédisent sa chute, la Bourse de Chicago lui donne un sérieux coup de pouce en honorabilité, en proposant fin 2017, des contrats à terme en bitcoin. Elle a déjà lancé un instrument de cotation du bitcoin en agrégeant les données des plus importantes plateformes d'échanges, mais elle se garde bien d'être une plateforme elle-même. Sa stratégie est de proposer des produits dérivés du bitcoin pour lisser sa volatilité.

L'anonymat et l'évasion fiscale, pour combien de temps encore ?

Parallèlement, le régulateur financier européen a émis une mise en garde sur les ICO (Initial Coin Offering) en bitcoin, un droit d'utiliser un service d'une startup qui n'existe pas encore  (un moyen de lever des fonds hors de tout cadre régulé).

Le futur du bitcoin et des crypto-monnaies dépendra de la patience des gouvernements face à un outil qui facilité l'anonymat et l'évasion fiscale. Comme rien n'est plus simple que cloner le bitcoin (en témoigne la multitude de concurrents) ou en améliorer la technologie, des États plus audacieux pourraient créer leur propre crypto-monnaie, dans le but de mêler les vertus d'une monnaie officielle aux innovations des cryptomonnaies. Bref, que donneraient des crypto-euros ?

Stopper la dérive des trois briques de base

Tout d'abord, au lieu de laisser dériver les trois briques de bases des paiements en crypto-monnaie (les clés publique et privée, l'équivalent d'adresse email pour valider et recevoir les transferts en bitcoin) dans le réseau du bitcoin qui les génère automatiquement, on peut les confier aux banques qui les créeraient pour vous. Un premier principe de base serait respecté : know your customer, à savoir l'obligation pour une banque de connaitre son client avant de lui ouvrir un compte. La clé privée reste sous le contrôle de l'utilisateur final et elle suffit aux paiements en bitcoins. On n'enlève pas son âme au bitcoin : on peut toujours se passer des banques mais en cas de requête judiciaire, avec la clé privée, on peut remonter à la clé publique que la banque conserve. Elle n'identifie l'utilisateur final qu'en cas de besoin. L'anonymat des paiements bitcoin n'est plus irréversible.

Confier un rôle de gardien aux banques

C'est bien un rôle de gardien de bitcoin qu'on confie aux banques qui, pour ce faire, recevraient une autorisation-licence de la banque centrale. Elles forment les nœuds du réseau pair-à-pair dont le rôle est la validation des transactions en bitcoin. Les banques joueraient donc, par elles-mêmes, le rôle de chambre de compensation...sans devoir en créer une. C'est un autre avantage du bitcoin qu'on garde.

Les nœuds, les banques, ne sont pas des PC anonymes de particuliers.  Ils sont connus, identifiés, dignes de confiance : il n'est plus nécessaire de passer par ce couteux et stupide défi mathématique à résoudre (aléatoirement) par les ordinateurs (une étape nécessaire pour éviter qu'un groupe d'ordinateurs ne prenne le contrôle pour fabriquer de la fausse monnaie) puisque on opère en cercle fermé. C'est ce qui rendait le bitcoin peu écologique et rentable au vu de la puissance de calcul commune nécessaire. La transaction en bitcoin validée se retrouverait, comme avant, sur le blockchain du bitcoin, transparente, visible de tous, auditable et irréversible, comme tout paiement.

Les protagonistes de ce transfert garderaient la discrétion tant qu'une  requête ne force pas la banque à établir un lien entre la clé publique et l'utilisateur. Car les bitcoin ont uniquement besoin de la clé privée. Ceci dit, rien n'empêche l'épargnant en bitcoin d'ouvrir un compte à sa banque et y transférer ses avoirs : des sites existent déjà pour héberger des portemonnaies en bitcoin. Ils en sont d'ailleurs le maillon sulfureux (le stockage de bitcoins par des tiers n'est pas prévu dans le protocole de son inventeur).

Bitcoin ou crypto-euro ?

On peut pousser la réflexion plus loin : pourquoi faut-il créer une crypto-monnaie ex-nihilo ? Qu'est-ce qui empêcherait l'arrivée d'euros bien réels, transformés en leur équivalent crypto, injectés par la banque centrale au sein du blockchain du bitcoin.  On élimine ainsi un autre de ses défauts récurrents pour en faire une vraie monnaie : sa volatilité. La banque centrale a alors, dans ce schéma, sa propre clé privée, comme tout autre utilisateur. Elle la manie pour transformer des euros en crypto-euros. Elle les introduit ensuite dans le blockchain.

Rien ne l'empêche de pratiquer ensuite sa politique monétaire, ici, comme dans le monde réel : les banques auraient, en plus de leur compte traditionnel auprès de la banque centrale, un compte blockchain pour lesquels la banque centrale  imposerait ratios et autres obligations de dépôts. Elle peut même imposer des taux d'intérêts différentiés entre euros et crypto-euros pour contrôler la masse monétaire dans l'un et l'autre système. L'effet sur l'inflation serait détonnant.

Rendre le bitcoin "crypto-euro" respectable ? Tout le monde y gagnerait

Il ne faut pas grand-chose pour rendre le bitcoin « crypto-euro » respectable et tout le monde y gagnerait : les banques, au lieu de subir, pourront développer de nouveaux services liés au crypto-euro. Elles s'assurent une rémunération sur les transactions de validation des paiements entre utilisateurs. Les bitcoins « crypto-euros » viendront  garnir le portefeuille de produits de la banque. Si elle cherche à se distinguer devant le tsunami de solutions de paiements mobiles, qui font intervenir énormément d'intermédiaires, qui déferle, voilà un moyen idéal : c'est une affaire entre la banque et l'utilisateur... sans compte en banque.


Enfin, un bitcoin non sulfureux va permettre aux investissements de se lâcher, une aubaine pour les banques en quête d'un second souffle.


Qui dit mieux ? En plus,  gérer un blockchain est bien moins cher que de participer à des chambres de compensation (d'où la mauvaise humeur de JP Morgan). Les gouvernements des pays qui reposent sur le cash peuvent y réduire leur dépendance sans avoir à bancariser d'abord la population.

Enfin, un bitcoin non sulfureux va permettre aux investissements de se lâcher, une aubaine pour les banques en quête d'un second souffle.

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