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lundi 25 septembre 2017

« Une victoire cauchemardesque » pour la chancelière, de nouvelles élections pourraient être convoquées




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Bonnes lectures

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Merkel quand une victoire vaut presque une défaite, analyse

Par Bruno Bertez, le 25 septembre 2017

https://brunobertez.com/2017/09/25/merkel-quand-une-victoire-vaut-presque-une-defaite/

Victorieuse mais affaiblie par un score électoral décevant, Angela Merkel s’attelle lundi à la tâche difficile de former une nouvelle majorité dans un paysage politique éclaté, sous l’effet de la percée historique de la droite nationaliste.

Dès lundi matin, l’état-major de son parti conservateur CDU se réunit pour tirer les premières leçons d’un scrutin législatif où il n’a recueilli que 32,9% des voix, son plus mauvais score depuis 1949.

La victoire a un goût amer pour elle. Et elle equivaut presque à une défaite. Les premiers signes de contestation sont apparus du côté de ses alliés conservateurs bavarois de la CSU, qui militent depuis deux ans pour que Merkel entame un virage à droite.

Car une partie de l’électorat conservateur –un million de personnes selon les sondages– a rejoint l’AfD. Un mouvement qui a pris en compte la demande des électeurs de modérer la politique d’accueil massif des migrants décidé par la chancelière en 2015 son grand cheval de bataille.

« Nous avons délaissé notre flanc droit et il nous appartient à présent de combler le vide avec des positions tranchées », a lâché le chef de la CSU, Horst Seehofer.

AfD , 21% en Ex Allemagne de l’Est !

L’AfD a pris quelque 13% des suffrages après une campagne particulièrement efficace prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Si la campagne avait été normale , sans diabolisation, l’AfD aurait fait certainement beaucoup plus que 13%. On notera que AfD , a réalise un score surpérieur à 21% en ex Allemagne de l’Est ce qui est à notre sens très important. Continuer à diaboliser, marginaliser et rejeter ces électuers serait une faute politique historique. Hélas en politique les idioties sont malheureusement les hypothèses les plus probabables.

Une implacable dialectique est à l’oeuvre et ce ne sont pas les penseurs de la gauche et des mondialistes qui seront capables de la dépasser; il ya contradiction majeure entre l’unification du monde global que veulent ces gens et le mintien de l’unité nationale! Plus ils unifient le monde et plus ils divisent leur peuple. Ce qui est gagné d’un coté est perdu de l’autre et c’est la question majeure qu’aucun leader n’est capable de percevoir clairement à ce stade: la mondialisation produit , est responsable de la division, du clivage interne.  Et ce n’est ni en  niant le problème ni en le nommant faussement comme on le fait que l’on résoudra cette contradiction majeure. C’est en faisant une pause consciente et en remettant en chantier les critères, les conditions et les orientations de la mondialisation que l’on réussira à résorber les divisions.

L’entrée du parti AfD dans la chambre des députés est un vrai choc pour de nombreux Allemands, l’identité d’après-guerre reposant justement sur la lutte contre les extrêmes, la quête du compromis et la repentance pour les crimes du IIIe Reich.
 
« Il y a eu une percée de l’extrême droite (…) l’entrée de l’AfD au Bundestag est un scandale », a jugé Dietmar Bartsch, de la gauche radicale Die Linke.
Le quotidien Bild évoque « un séisme » et Die Welt un « triomphe de la campagne de la peur » .

Le camp du bien n’entend pas reculer 

On le voit, les analyses et commentaires en Allemagne ne sont guère plus brillants que ceux qui ont été produits aux USA, en France, aux Pays Bas, en Grande Bretagne: il y a une convergence internationale afin de nommer tout ce qui n’est pas bien pensant comme « nazi » ou « dur » ou « extrême ».

Le camp du bien n’entend pas changer de politique pour refaire les unités nationales, l’unité nationale il s’en fiche: ce qu’il veut c’est poursuivre l’intégration mondiale par le centre et la sociale démocratie. Pour poursuivre dans cette direction il a un atout , atout qui lui donne une créneau d’opportunité grace à  l’embellie économique. En sens inverse le camp du bien est géné par Trump car même si  il est quasi paralysé par les menaces sur sa légitimité, il est un frein à une intégtation plus poussée.  Dans le grand combat en cours dans le monde vers l’ouverture et l’intégration, nous persistons dans notre analyse que rien n’est joué. La dislocation est ralentie, la mondialisation heureuse a un coup dans l’aile.

Les problèmes de Merkel ne s’arrêtent pas là. La formation d’un gouvernement s’annonce très compliquée. Laminés, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de quitter la coalition avec la chancelière et de rejoindre les bancs opposition.

Une coalition hétéroclite

Ne reste qu’une solution majoritaire dans le nouveau Bundestag: une alliance inédite au niveau national réunissant les conservateurs, les Libéraux du FDP et les Verts.

Cette coalition, dite « Jamaïque » – référence aux couleurs noir-jaune-vert des trois partis – n’existe actuellement qu’au niveau régional, dans le petit Etat nordique du Schleswig-Holstein.

Problème, ces deux derniers partis s’opposent sur bien des dossiers clés comme l’immigration, l’avenir du diesel et la sortie du charbon. Ils ont aussi chacun des désaccords de fond avec les conservateurs.

« Nous allons voir dans le calme, après analyses et possibles pourparlers, si on peut arriver à une collaboration », a dit, prudente, Katrin Göring-Eckardt, co-tête de liste écologiste aux législatives.

Claque à Macron

Le chef des libéraux, Christian Lindner, a lui déjà fixé une condition pour entrer au gouvernement: le rejet des idées de réforme de la zone euro portées par le président français Emmanuel Macron. Un budget commun est ainsi « une ligne rouge », car Berlin ne doit pas se retrouver à payer les dérapages financiers des autres. 

Les négociations pourraient donc prendre des mois. Depuis les premières élections d’après-guerre en 1949, le parti vainqueur a toujours réussi à former une majorité. Et la chancelière a exclu un gouvernement minoritaire s’appuyant sur des majorités changeantes.

Ce n’est qu’après l’officialisation d’une nouvelle coalition que  Merkel pourra formellement être désignée chancelière une quatrième fois. Autrement, de nouvelles élections pourraient être convoquées.

« Une victoire cauchemardesque », donc, pour la chancelière, résume Bild.

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