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vendredi 22 septembre 2017

Lavrov à l’ONU : «Les événements historiques ne doivent pas être instrumentalisés pour encourager la haine»


Sergueï Lavrov à l'ONU

« Rappelant que la Russie avait fait le nécessaire pour tourner la page de la période de guerre froide, Sergueï Lavrov a estimé qu'il était primordial que les «tensions du passé» n'alimentent plus de nouvelles rancœurs. «Les événements historiques ne doivent pas être instrumentalisés pour encourager la haine», a-t-il martelé […] Le discours de Sergueï Lavrov sera-t-il perçu par les pays concernés comme un sermon moralisateur de la part d'une Russie dont ils rejettent le paradigme diplomatique ? Ou y verront-ils au contraire une invitation à reconsidérer des certitudes qui, à force d'être répétées discours après discours, résonnent parfois comme des incantations ayant pour seul effet de s'auto-convaincre ? Quoi qu'il en soit, le monde continuera d'évoluer, assure Sergueï Lavrov, vers davantage de multipolarité – que l'Occident l'accepte ou non. «C'est une tendance objective qui reflète la répartition de l'équilibre global des forces ainsi que le renforcement de l'identité culturelle et civilisationnelle des peuples», a-t-il prévenu, avant de conclure : «Tout le monde devront composer avec cette tendance, même ceux qui avaient l'habitude de se comporter en maître du monde.» rapporte RT dans un article du 21 septembre 2017 à lire ci-dessous.

>>Lire aussi : Discours intégral et en français de Donald Trump à l’ONU

Bonnes lectures
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La diplomatie occidentale mise face à ses contradictions par Sergueï Lavrov à l'ONU

RT, le 21 septembre 2017


Le chef de la diplomatie russe a tenu à mettre à l'épreuve des faits le discours d'une diplomatie européenne et américaine se targuant d’œuvrer pour la paix, de lutter contre les violations des droits humains et d'agir de manière multilatérale.

Lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a évoqué un grand nombre des dossiers qui agitent les relations internationales. Un fil conducteur a néanmoins structuré son discours : il a souligné à de multiples reprises les contradictions qui parcourent la diplomatie occidentale.

Promouvoir la paix... en élargissant l'OTAN vers l'Est

Rappelant que la Russie avait fait le nécessaire pour tourner la page de la période de guerre froide, Sergueï Lavrov a estimé qu'il était primordial que les «tensions du passé» n'alimentent plus de nouvelles rancœurs. «Les événements historiques ne doivent pas être instrumentalisés pour encourager la haine», a-t-il martelé, alors que plusieurs pays abusent de la comparaison entre la Russie et l'URSS pour alimenter un climat de peur.

Or, selon Sergueï Lavrov, la diplomatie occidentale adopterait des positions si ce n'est va-t'en-guerre, tout du moins éminemment porteuses de divisions. L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) en serait l'exemple le plus éloquent : «L'Occident a construit sa politique sur le principe "Qui n'est pas avec nous sont contre nous", en poursuivant l'élargissement de l'OTAN vers l'Est», a-t-il ainsi déploré.
Cette attitude ferait d'ailleurs peser un lourd risque sur la sécurité de l'Europe. Sergueï Lavrov y voit la cause de «l'instabilité dans l'espace post-soviétique». «C'est cette politique qui est à l'origine du conflit dans l'Est de l'Ukraine», a-t-il par ailleurs souligné, déplorant ce qu'il a qualifié de «renaissance d'un climat de guerre froide» dans un contexte où nombre de chancelleries ne cessent pourtant d'invoquer la nécessité d'un dialogue concerté pour maintenir la paix.

Lutter contre le totalitarisme... en tolérant la violence en Europe

Le chef de la diplomatie russe a noté que l'ONU avait été fondée dans une période historique dont il convient, selon lui, de ne pas oublier la leçon. L'esprit qui habitait l'institution à l'époque incarnait la volonté de promouvoir la paix et de s'opposer à la résurgence du totalitarisme, du nazisme et du fascisme. S'il est régulièrement invoqué comme inspiration des décisions internationales, il aurait en réalité été un peu oublié en chemin...

Il s'agirait là d'une nouvelle contradiction entre les principes affichés par la diplomatie occidentale et les positions concrètement adoptées par celle-ci. Sa manifestation la plus évidente résiderait dans la tendance à fermer les yeux sur certains mouvements politiques que de nombreux observateurs n'hésitent pourtant pas à qualifier de néonazis. Sergueï Lavrov faisait plus spécifiquement référence à l'Ukraine, où des groupuscules violents opèrent dans l'indifférence de l'Union européenne, voire avec la bienveillance de l'OTAN.

Plus largement, c'est à un Occident friand de discours célébrant à juste titre la mémoire que Sergueï Lavrov a tendu un miroir, l'incitant à prendre la mesure de certains révisionnismes qui prospèrent, notamment dans les pays de l'Est européen. Il a ainsi évoqué le cas de la Pologne, où un mémorial consacré aux soldats soviétiques qui se sont battus pour libérer le pays de l'occupation nazie a récemment été détruit, en violation des accords bilatéraux entre Varsovie et Moscou. Ces exemples posent à une Europe en quête d'identité la question de son histoire sous un angle qu'elle ne semble que trop rarement envisager.

Résoudre des crises... en votant des sanctions unilatérales

Enfin, sans jamais évoquer le cas des sanctions contre la Russie, pourtant sous-jacent tout au long de son intervention, Sergueï Lavrov a envoyé un message clair aux pays les ayant votées, au premier chef desquels les Etats membres de l'Union européenne, à reconsidérer leur position. Pour ce faire, il a invoqué l'exemple de sanctions votées contre d'autres Etats, afin de mettre en avant leur inefficacité ainsi que leur illégitimité.

«Les sanctions envers l'Iran sont extraterritoriales», a ainsi martelé le diplomate russe, alors que l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien signé en 2015 fait plus que jamais l'objet d'une remise en cause par les Etats-Unis et Israël. Sergueï Lavrov a fait de ces mesures de sanctions, que Washington menace régulièrement de durcir, l'exemple même d'une politique n'atteignant pas sa cible et se retournant même contre ceux qui la mettent en place. L'argument risque d'être d'autant mieux entendu que la plupart des pays européens s'opposent à l'intransigeance israélo-américaine envers Téhéran et estiment avoir été déjà suffisamment lésés sur le plan économique par la fermeture des portes du marché iranien.
Sur la même lancée, Sergueï Lavrov a rappelé que «la quasi-totalité des Etats membres de l'ONU demand[aient] la levée des sanctions contre Cuba depuis des années», sans que leurs voix ne soient jamais entendues. Insistant sur le caractère «unilatéral» d'une politique quasi-exclusivement décidée à Washington, il a interrogé la contradiction qu'elle constituait au regard des volontés affichées par la diplomatie occidentale, et encore réaffirmées par Emmanuel Macron le 19 septembre dernier à la même tribune, de d'inscrire son action dans un cadre multilatéral.

Le discours de Sergueï Lavrov sera-t-il perçu par les pays concernés comme un sermon moralisateur de la part d'une Russie dont ils rejettent le paradigme diplomatique ? Ou y verront-ils au contraire une invitation à reconsidérer des certitudes qui, à force d'être répétées discours après discours, résonnent parfois comme des incantations ayant pour seul effet de s'auto-convaincre ? Quoi qu'il en soit, le monde continuera d'évoluer, assure Sergueï Lavrov, vers davantage de multipolarité – que l'Occident l'accepte ou non. «C'est une tendance objective qui reflète la répartition de l'équilibre global des forces ainsi que le renforcement de l'identité culturelle et civilisationnelle des peuples», a-t-il prévenu, avant de conclure : «Tout le monde devront composer avec cette tendance, même ceux qui avaient l'habitude de se comporter en maître du monde.»

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