samedi 15 juillet 2017

Quand vous aurez cessé de nous entraîner dans des guerres imbéciles et de manipuler nos vies



« Vous serez stupéfié du peu de chose que nous aurons à dire sur vous autres, Américains, quand vous aurez cessé de nous entraîner dans des guerres imbéciles et de manipuler nos vies » écrit Caitlin Johnstone dans un article du 15 juillet 2017 à lire ci-dessous.
 
Bonne lecture

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Voici pourquoi tout le monde sur Terre devrait exprimer son opinion sur les politiques des USA

Par Caitlin Johnstone

Paru sur
Medium.com sous le titre Why Everyone On Earth Should Be Loudly Opinionated About US Politics

Traduction Entelekheia · Publication ·


L‘autre jour, la chaîne nationale Australian Broadcasting Corporation a diffusé « Les Dossiers Afghans », des documents secrets fuités de la défense qui révèlent comment des soldats australiens avaient tué des hommes désarmés et des enfants en Afghanistan et tenté de le cacher. Ces horribles événements s’étaient produits dans le contexte d’une opération militaire qui n’aurait jamais dû exister, et qui n’était d’aucun bénéfice pour l’Australie.

Le 11 novembre 1975, le premier ministre démocratiquement élu Gough Whitlam a été renversé par un coup d’État orchestré par la CIA et le MI6, mettant un terme à une administration qui avait enregistré des progrès considérables en matière d’acquis sociaux, de droits des Aborigènes, de souveraineté nationale, de démilitarisation et d’opposition aux armes nucléaires. Le légendaire journaliste australien John Pilger relate que dans les années 80, il s’était su que la CIA avait discuté « dans l’urgence » de la meilleure façon de résoudre le « problème Whitlam », et qu’avant son renversement, quelqu’un avait montré à Whitlam un message top secret du chef de la CIA en Asie de l’Est, selon lequel le premier ministre « faisait courir un risque à la sécurité de son propre pays ».

J’ai récemment été la cible de nombreuses critiques parce que j’écris beaucoup sur les politiques des USA, et beaucoup moins sur ce qui se passe dans mon continent. « Il n’y a donc pas de problèmes sur lesquels vous pourriez écrire chez vous ? », demandent souvent ces gens. « Vous devriez vous occuper de vos affaires et cesser de vous mêler des affaires de notre pays. »

Si j’ose ainsi m’exprimer, ces gens peuvent tous aller se faire foutre. 
 Vous ne vivez pas dans un pays qui empêche le mien d’avoir un gouvernement souverain pour ensuite me dire que je n’ai pas le droit de critiquer le vôtre. Cela ne se fait tout simplement pas.
Vous ne vivez pas dans un pays qui utilise régulièrement son pouvoir économique et militaire pour manipuler les affaires du monde, pour ensuite chouiner quand les gens d’autres pays émettent leurs opinions sur vous. Vous n’êtes pas l’une des deux principales superpuissances nucléaires pour ensuite me dire que je n’ai pas le droit d’avoir une opinion sur vos escalades délirantes contre la Russie. Vous ne vivez pas dans un pays qui empêche le mien d’avoir un gouvernement souverain pour ensuite me dire que je n’ai pas le droit de critiquer le vôtre. Cela ne se fait tout simplement pas.

Je veux dire, qu’est ce que ces gens imaginent qu’il se passe sur leur planète ? Le système de croyances qui engendre ce type de vision du monde est vraiment ahurissant à observer. Ils doivent réellement croire qu’ils vivent dans une nation séparée qui tente juste de faire sa vie au mieux, comme les autres pays du monde. La sensation de supériorité américaine qui doit sous-tendre une perspective aussi faussée sur les USA est proprement sidérante. [1] 
Si vous remontiez les ficelles de ces pantins jusqu’à leurs maîtres, le plus grand nombre d’entre elles, de très loin, mèneraient aux États-Unis

L’une des raisons les plus innocentes de la surprise des gens face au retour de la Crimée dans le giron russe, à la demande de la population de Crimée, était que les annexions sont passées de mode ; les gouvernements ne font plus ce genre de choses. Au lieu de revendiquer des territoires que chacun peut localiser sur une carte (« Voyez ici, là, là, là et là, tout cette zone, celle-là plus loin, ici, et ici ? C’est la Grande-Bretagne ! »), les gouvernements d’aujourd’hui étendent leur pouvoir et leur influence à travers des traités, des accords commerciaux, des alliances, ces coups d’État, des opérations d’agences de renseignement et d’autres manipulations destinées à développer leur influence mondiale. Si vous remontiez les ficelles de ces pantins jusqu’à leurs maîtres, le plus grand nombre d’entre elles, de très loin, mèneraient aux États-Unis. C’est le nouvel impérialisme – beaucoup plus difficile à percevoir et à définir que l’ancien, mais tout aussi réel.

Pour cette raison, j’insiste sur le fait que chaque non-Américain a la responsabilité de parler contre les transgressions du gouvernement des USA, à chaque fois qu’il en a l’occasion. Tant que les oligarques qui ont installé leur base d’opérations en Amérique du Nord tireront les ficelles du monde, nous devrons les dénoncer et faire du bruit sur leurs manigances. D’expérience, je peux dire que mes humbles commentaires ont été grandement servis par ma perspective d’étrangère, et j’encourage tous les non-Américains trop timides pour emboucher un mégaphone à s’avancer et à apporter leur vision d’étrangers au débat politique des USA. Les USA vous ont eux-mêmes invités à avoir une opinion claire et nette sur eux à travers leurs manoeuvres perpétuelles pour s’assurer une domination mondiale, et vous avez donc le droit de la partager aussi largement que possible.
Dites ce que vous avez à dire, dites-le comme vous le sentez, et plongez vos idées droit dans le coeur de la Bête. Le monde ne peut qu’en bénéficier.

J’aime les Américains (tellement que j’en ai épousé un), mais parce qu’ils ne sortent que très peu de leur pays et qu’ils sont quotidiennement saturés de propagande, ils ne savent réellement pas distinguer le haut du bas sur beaucoup de sujets. [2] Ils pourraient mettre à profit les perspectives d’étrangers pour s’aider à s’orienter, non seulement sur les questions de politique étrangère, mais sur des sujets comme l’exploitation débridée inscrite dans leur système de santé ou la mascarade que représente leur système électoral. Comme tout ce qui se passe en Amérique du Nord finit par se répercuter sur nos politiques, nous devrions en discuter chaque aspect. Les nouveaux médias ont apporté beaucoup plus d’occasions de le faire en nous permettant de partager des opinions avec des gens qui vivent à l’autre bout du monde, mais je pense que nous devons beaucoup plus mettre cette capacité à profit que nous ne l’avons fait jusqu’à présent. Dites ce que vous avez à dire, dites-le comme vous le sentez, et plongez vos idées droit dans le coeur de la Bête. Le monde ne peut qu’en bénéficier.
Vous serez stupéfié du peu de chose que nous aurons à dire sur vous autres, Américains, quand vous aurez cessé de nous entraîner dans des guerres imbéciles et de manipuler nos vies.

Ceux d’entre nous qui vivons dans des États vassaux des USA avons, de fait, encore plus le droit de commenter les politiques américaines que les Américains eux-mêmes, parce que c’est le seul droit que nous ayons. Au moins, les citoyens des USA ont un faux bulletin de vote qu’ils peuvent gaspiller dans leurs simulacres d’élections ; nous n’avons même pas ça. De sorte que je vais continuer à écrire sur les politiques des USA, merci beaucoup. Si un Américain y trouve à redire, qu’il ne dise pas à des gens comme moi de se taire, qu’il dise aux ploutocrates qui dirigent son pays d’arrêter de nous escroquer. Vous serez stupéfié du peu de chose que nous aurons à dire sur vous autres, Américains, quand vous aurez cessé de nous entraîner dans des guerres imbéciles et de manipuler nos vies.

Notes de la traduction :

[1] Nombre d’entre eux expliquent effectivement, et c’est saisissant, que les USA « défendent » juste leurs intérêts, comme tous les autres pays, rien de plus… Comme si les guerres perpétuelles, les coups d’État, les ingérences répétées dans les affaires d’autres pays, les révolutions de couleur orchestrées à travers le monde étaient normales — du moins à leurs yeux.

[2] Un exemple, il est assez consternant d’en voir certains, et en nombre, décrire des politiciens aussi ouvertement néolibéraux qu’Obama ou Hillary Clinton comme des « communistes » – ce qui n’est pas juste pour les insulter ; ils n’ont réellement pas la plus faible idée de ce dont ils parlent. Et ce n’est pas leur faute : en matière de politique, des décennies de propagande de Guerre froide ont brouillé les définitions jusqu’à l’incompréhensibilité.

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