mercredi 19 juillet 2017

Pourquoi le président craint-il que son autorité sur la fonction militaire soit mise en cause ?




« Sa décision était attendue et, comme sans doute bien d'autres personnes, je l'espérais. ( ) Le coup est très fort. Dans l'opinion publique – même si en France il y a toujours des relents d'antimilitarisme – et face à un pouvoir qui s'affirme comme très ferme, je pense que les Français et les militaires vont apprécier le geste du général de Villiers. ( ) La question que je me pose est de savoir pourquoi le président craint-il que son autorité sur la fonction militaire soit mise en cause ? Les Français aiment l'autorité, mais ils ont horreur de l'autoritarisme » estime le contre-amiral (2s) Claude Gaucherand dans une interview du 19 juillet 2017 avec RT à lire ci-dessous.

Bonne lecture

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Démission de Villiers : Emmanuel Macron a fait «acte d'autorité gratuite, voire d'autoritarisme»

RT France : En présentant sa démission, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, a-t-il, selon vous, pris la bonne décision ?

Claude Gaucherand (C. G.) : Sa décision était attendue et, comme sans doute bien d'autres personnes, je l'espérais. Il n'avait le choix qu'entre avaler des couleuvres et se soumettre – il aurait alors perdu toute crédibilité auprès des militaires – ou attendre son rendez-vous le 21 juillet avec le président et être limogé. La seule position convenable, à mon sens, était celle de la dignité : laisser passer le 14 Juillet, avaler une couleuvre en descendant les Champs-Elysées après avoir été tancé publiquement par le président la veille, puis démissionner. Aujourd'hui sa dignité est parfaitement préservée. Le coup est très fort. Dans l'opinion publique – même si en France il y a toujours des relents d'antimilitarisme – et face à un pouvoir qui s'affirme comme très ferme, je pense que les Français et les militaires vont apprécier le geste du général de Villiers.

Le général de la gendarmerie Bertrand Soubelet avait lui aussi vu ses propos tenus devant une commission parlementaire être sortis sur la place publique

RT France : La réaction du président de la République dans cette affaire a été beaucoup critiquée notamment par ses opposants politiques, qui ont estimé qu'elle n'était pas celle d'un chef des armées. Partagez-vous cette position ?

C. G. : Ce que je trouve anormal est que les propos tenus devant la commission de la Défense à l'Assemblée nationale à huis-clos et de manière confidentielle aient été sortis de cet espace. Ce qui me paraît également anormal est que le président de la République, chef des armées, accuse par la suite son chef d'état-major d'avoir tenus de tels propos publiquement, ce que le général de Villiers n'a jamais fait. Il est au contraire tout à fait normal que le chef d'état-major des armées dise sa vérité, son analyse de la situation devant les députés.

Il y a quelques mois, le général de la gendarmerie Bertrand Soubelet avait lui aussi vu ses propos tenus devant une commission parlementaire être sortis sur la place publique à son corps défendant. Immédiatement après, il avait été non pas limogé mais expédié de l'autre côté de la planète. On retrouve dans ces deux cas une même façon de faire que j'analyse surtout comme une façon pour le politique d'affirmer son autorité. La question que je me pose est de savoir pourquoi le président craint-il que son autorité sur la fonction militaire soit mise en cause ?
Les Français aiment l'autorité, mais ils ont horreur de l'autoritarisme

RT France : Quelles seront selon vous les conséquences dans l'opinion publique et au sein l'armée de cette démission ?

C. G. : Je pense que pour le président, cela entraînera une perte de crédibilité. Les Français aiment l'autorité, mais ils ont horreur de l'autoritarisme. Il ne faut pas non plus oublier que le président de la République n'a été élu que par 40% de l'électorat français. Or, dans cette affaire, il a fait acte d'autorité gratuite, voire d'autoritarisme, car le chef d'état-major des armées n'a jamais mis en cause son autorité de président.

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