jeudi 27 juillet 2017

Le moment de la découverte des prix


« Le Deep State pourrait gagner cette guerre contre le très pathétique président Trump, mais il ne gagnera pas la guerre contre les impératifs de l’univers et la manière dont il s’exprime dans la valeur de toute chose. Quand le moment sera venu de clarifier la situation – le moment de la découverte des prix – les élites ignorantes devront véritablement commencer à s’inquiéter pour leurs têtes » écrit James Howard Kunstler dans un article du 27 juillet 2017 à lire ci-dessous.

Bonne lecture
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La valeur de toute chose





Par James Howard Kunstler, le 27 juillet 2017


Les Etats-Unis ressemblent de plus en plus à la France à l’aube de la révolution de 1789. Les classes sociales y sont distribuées différemment, mais les inégalités y sont tout aussi prononcées. L’aristocratie américaine, autrefois strictement basée sur les comptes en banque, devient de plus en plus héréditaire à mesure que la progéniture insignifiante des stars de la politique, du show-biz, des affaires et des arts font valoir leurs prérogatives de célébrité, de pouvoir et de richesse – pensez-vous que les électeurs n’ont pas saisi le caractère sinistre du message de Mme C’est-mon-tour ?

Ce qui est particulièrement frappant, ce sont les similarités qui existent entre la cour des Bourbons et l’ignorance absolue de l’élite américaine au regard de l’agonie des masses qui grouillent en-dessous d’elle, loin des villes côtières. Tout ce qui leur était cher leur a été volé, bien qu’il leur reste encore beaucoup des emblèmes matériels de leur existence : un toit, des semblants de nourriture, des voitures, et des écrans de toutes les tailles. 

Mais les endroits où tous ces gens sont supposés vivre sont aujourd’hui en délabrement – les premières petites villes des Etats-Unis – ou ont été remplacées par de nouveaux « développements » si dépourvus d’histoire, de caractère et de charme qu’il est impossible d’y vivre en communauté, et que l’idée même de « foyer » y prend des airs de mauvaise blague. 

Ces endroits étaient déjà dans un état suffisamment déplorable dans les années 60 et 70, quand les gens qui y vivaient étaient encore capables de trouver du travail dans les chaînes d’assemblage et de distribution. Aujourd’hui, ils n’ont même plus de quoi donner du sens à leur existence, ou même en couvrir les coûts. Dans les banlieues conçues pour l’automobile, les espaces publics n’ont pas leur place, et ce qui en reste aujourd’hui a été remplacé par de tristes ersatz, des centres commerciaux à l’agonie. Tous les autres aspects de la vie publique et d’association ont été entassés dans une sorte de boîte informatique équipée d’un écran. 

Les masses de gens précaires n’ont pas appris la grande leçon de notre temps, qui veut que le virtuel ne soit pas un substitut adéquate pour l’authentique, alors que les élites qui créent ce fatras vicieux dépensent des millions pour se rencontrer en personne dans les Hamptons et à Martha’s Vineyard, pour se dire les uns aux autres combiens ils sont merveilleux et combien nous leur sommes redevables pour nous avoir fourni toute cette programmation sociale artificielle et tous ces appareils scintillants. 

Les effets de cette dynamique ont jusqu’à présent été puissamment soporifiques. Il est possible de priver les gens d’un véritable foyer pendant un temps, de leur fournir, au travers du petit écran, des amis virtuels sur lesquels projeter leurs émotions, et de les inciter à acheter une voiture grâce à une escroquerie financière quelconque pour qu’ils continuent de tourner en rond stupidement dans un paysage profané, croyant encore aller quelque part – mais nous en sommes arrivés à un point où les gens ne peuvent même plus assumer les coûts de leur dépendance à ces conditions dégradantes. 

Le prochain grand évènement qui viendra les divertir sera l’implosion financière des élites, à mesure que les forces de la physique reverseront enfin les ruses et les stratagèmes de ceux qui ont joué aux cartes avec notre monnaie. Les observateurs professionnels ne se lassent pas de nous dire que le gouvernement ne pourra jamais manquer d’argent (parce qu’il pourra toujours en imprimer davantage), mais il pourra certainement en détruire la valeur ainsi que la confiance consensuelle qui permet à sa devise d’opérer en tant que monnaie. 

Et c’est exactement ce qui est sur le point de se passer à la fin de l’été, quand le gouvernement n’aura plus de sous et que le Congrès se trouvera incapable de répondre au problème du plafond de la dette venu bloquer tout nouvel emprunt. Les élites seront alors certainement rentrées des Hamptons et de Vineyard, et les étés pourraient pour elles ne plus jamais être les mêmes. 

Le Deep State pourrait gagner cette guerre contre le très pathétique président Trump, mais il ne gagnera pas la guerre contre les impératifs de l’univers et la manière dont il s’exprime dans la valeur de toute chose. Quand le moment sera venu de clarifier la situation – le moment de la découverte des prix – les élites ignorantes devront véritablement commencer à s’inquiéter pour leurs têtes.

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